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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 14:21

Dans le cadre d'un voyage en Algérie pour le 50ème anniversaire de l’Indépendance de ce pays, organisé par Michel Roussel pour le compte de la Fédération des réseaux du Parvis, un hommage a été rendu à Roger Parmentier lorsque le groupe a visité Sétif. Compte-rendu par Michel Roussel.

 

40 personnes ont pris part à ce voyage, une majorité de Franciliens, dont quelques membres du Centre pastoral parisien Halles-Beaubourg CPPHB (église Saint-Merry). Au programme, visite de villes (Annaba, Constantine, Sétif, Batna, Biskra, Bou-Saada et Alger), de 4 lieux classés au patrimoine de l’Unesco (Djemila, Timgad, Tipaza, Casbah d’Alger), de sites à couper  le souffle (balcons du Ghouffi, gorges de Palestro et de la Chiffa…) et surtout  rencontres avec des Algériens de toute sensibilité.


setif arc romainA Sétif, nous avons été accueillis à l’hôtel par un orchestre typique et des sucreries, ce qui nous a permis de nous adonner aux délices de la danse orientale. Quant à la ville, grande surprise, naguère un peu tristounette, elle est devenue vivante et active. Le fait que, pas plus qu’à Constantine, peu de femmes portent encore la m’laya noire, vêtement de deuil pour un bey très aimé du XVIIIème,  siècle, y contribue également. Musée archéologique moderne particulièrement bien présenté avec  des mosaïques uniques.


En face de notre hôtel, la fontaine Aïn el Foura, avec à son sommet une statue de femme nue. On s’interroge sur le fait que les islamistes, y compris pendant la décennie noire, n’y ont pas touché. Il faut croire que l’Algérie n’est pas l’Afghanistan ou le Nord Mali. La légende veut que celui qui boira de son eau y reviendra et plusieurs de nos participants y ont goûté.


Avec le père Maurice, curé de Sétif, nous rendons un hommage au pasteur Roger Parmentier, ex pasteur de Sétif qui devait être du voyage, mais est décédé voilà trois semaines. Témoignage de ceux qui l’ont connu, lecture d’un passage d’un de ses 23 livres (« Musulmans, nous vous aimons et nous vous respectons ») et d’un texte de prière que nous lit le père Maurice. Celui-ci nous parle ensuite de son propre parcours au service des Algériens en France au moment de la guerre et ensuite en Algérie. Passionnant de simplicité et d’amour pour cette terre. Il dirige une association d’aide aux enfants handicapés.


Ndlr - Le 8 mai 1945, une manifestation nationaliste fut réprimée dans le sang. A Sétif et dans la région, des Européens furent massacrés et de très nombreux indigènes. Les évaluations sont très variables selon les sources (jusqu’à 45 000 morts selon le gouvernement algérien). Voir l’article de Wikipedia sur ce drame qui en donne bien le contexte et le déroulement (lien)
 
Roger Parmentier a été jeune pasteur à Sétif peu après les événements du 8 mai 1945. Il y arrive avec sa femme Annette Monod et ses premiers enfants. Il y restera jusqu'en 1955 après alerté la Fédération protestante de France des premières tortures et villages bombardés. Il reste, cette fois-ci sans sa famille, à Philippeville-Skikda où il y eut aussi une répression sanglante le 20 août 1955. En automne de la même année, il est affecté à Rodez où il continuera à dénoncer la répression en Algérie. De là son engagement en faveur de l’Indépendance algérienne et plus généralement à côté des musulmans. Il en fait part dans un texte intitulé « J'aime l'Algérie et les Algériens et je voudrais pour eux un présent et un avenir heureux », publié par Gilles Castelnau sur son site « Protestants en ville » (lien).

 

Information du pasteur Jean Hoibian : à Sétif, c'est le pasteur André Michenot (beau-frère de J. Hoibian), qui lui succéda.


Ajout du 24 octobre - Sur ces évènements de Sétif, Maurice Causse nous conseille le rapport remarquable du colonel de Gendarmerie Tubert que le journaliste et écrivain Yves Courrière (1935-2012) reproduit dans « Les Fils de la Toussaint », le premier tome (publié en 1968) de « La Guerre d’Algérie » (4 tomes publiés entre 1968 et 1971). Ces quatre tomes, « Les Fils de la Toussaint », « Le Temps des léopards », «L’Heure des Colonels » et « Les Feux du désespoir » s’échangeaient discrètement en Algérie dans les années 1970 et 1980 parce qu’ils y étaient interdits par le pouvoir. Yves Courrière avait effectué plusieurs reportages en Algérie durant la guerre, interviewé de nombreux dirigeants algériens avec lesquels il a noué des amitiés.

 

Gilles Castelnau, sur son site "Protestants en ville" a reproduit cet article (lien).

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