Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 19:28
par Jean-Claude Barbier (voir les articles suivants : "la relève prise par les femmes", etc.). L'article présent a été publié le mercredi 26 mars 2008 dans les Actualités unitariennes et transféré ici.

Après avoir célébré la Pâque juive, Jésus se retire avec ses disciples au mont des Oliviers, au delà du torrent du Cédron * (précise
Jean 18, 1a). Mais le groupe ne monte pas jusqu’au sommet du mont ; il s’arrête au jardin du domaine de Gethsémani *, là où il avait coutume de passer la nuit (Luc 22,39 ; Jn 18,1-2).
* le Cédron (Qidrôn) est une vallée à l’est de Jérusalem, entre la ville et le Mont des Oliviers.
* Gethsémani (Gat-Shémanîm = pressoir à huile dans Matthieu 26,36 et Marc 14,32) est sans doute plus une oliveraie qu’un jardin car la tête de vallée du Cédron reste sèche en dehors des grandes pluies.

Judas, fils de Simon Iscariote a quitté le groupe sitôt après la consommation rituelle du pain. Jean l’évangéliste nous dit qu’il gérait la bourse et que les autres disciples pensèrent alors que Jésus l’avait envoyé faire des courses pour la fête (Jn 15, 27-30).

Jésus semble pressentir sa fin. Il demande à Pierre (Shim’ôn-Petros) et aux deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, de prier avec lui (Marc 14, 33 et Matthieu 26, 37 ; Luc et Jean ne précisent pas et en restent à l’ensemble des disciples). Les disciples s’endorment ; Jésus réveille Pierre * « Simon, tu dors ? Tu n’as pas pu veiller une heure ? » (selon Marc et Matthieu).
* Pierre seul, qui est le premier recruté et le bras droit du maître.

C’est là que Jésus est arrêté par, selon Jean, une cohorte romaine (soit 600 soldats – ce qui paraît bien excessif !), un officier (un chef « de mille »), les gardes du Temple (qui sont sous l’autorité du Grand Prêtre), le serviteur du Grand Prêtre nommé Malchus * (Jn 18, 10) et des pharisiens.
* Malchos dans la traduction d’André Chouraqui.

Luc parle simplement d’une foule (Lc 22, 47), Marc, d’une foule armée de bâtons et de glaives (Mc 14, 43) et Matthieu précise que la foule était nombreuse (Mt 26, 47). Y a-t-il eu vraiment tout ce déploiement de force, qui ne peut être que bruyant, ou bien une action commando ?

Judas les aurait guidés et donné le célèbre baiser de la trahison à son maître. Plus tard, pris de remord, il serait aller rendre l’argent qui lui avait été donné et aurait été se pendre (selon Matthieu seul 27,3-10).

Le Grand Prêtre est Caïphe, mais, selon Jean, c’est chez son prédécesseur, Anne / Hânan, son beau-père (qui avait été destitué en l’an 15 par le gouverneur romain Valerius Gratus) que Jésus est d’abord conduit. Le lieu est le même, le palais du Grand-Prêtre * où Caïphe et Hânan cohabitent. Pierre a suivi. Jean précise qu’il a pu entrer dans la cour où se tenaient les gardes grâce à « un autre disciple qui était connu du Grand Prêtre » (Jn 18, 15-16) **. Une servante le dévisage. Pierre renie être de ceux qui suivent Jésus. Il doit quitter les lieux.
* à partir du IVè siècle, la tradition chrétienne situe ce palais dans la partie sud de la ville, non loin du Cénacle. ** sans doute « l’autre disciple que Jésus aimait » Jn 13, 23 ; 20,2 .

Il reste donc seulement « l’autre disciple » qui a ses entrées au palais du Grand-Prêtre . Ce disciple est présent durant toute la Passion de Jésus et s’affirme comme témoin privilégié ; par exemple lui seul relate le coup de la lance qui perce le côté de Jésus déjà mort (Jn 19, 31-37) ; « il en sorti aussitôt du sang et de l’eau ». Les médecins constatent effectivement chez des victimes d’un traumatisme la formation d’un œdème pulmonaire et pleural. Les marques du Suaire de Turin confirment à la fois que les tibias de Jésus n’ont pas été fracturés et l'épanchement au niveau du côté droit.

« Et celui qui a vu a rendu témoignage et véridique est son témoignage, et celui là sait qu’il dit vrai, afin que vous croyiez, vous aussi » (Jn 19, 35).

En ce témoin énigmatique, la tradition chrétienne a reconnu Jean l’apôtre, le fils de Zébédée (sur le nom duquel l’évangile a été nommé). Or, il convient de distinguer – du moins pour l’analyse – l’apôtre Jean (toujours dit « fils de Zébédée » dans le texte), de l’auteur de l’évangile de Jean * (lequel a été attribué à Jean l’apôtre) et enfin de cet « autre disciple que Jésus aimait », qui se dit avoir été le témoin privilégié, jamais nommé par son prénom, et qui aurait été assurément trop âgé vers l’an 90 pour écrire lui-même le dit évangile - mais dont on retrouve maintes traces du témoignage au niveau de la rédaction finale.
* nous le désignerons quant à nous par Jean l’évangéliste

Si l’on en croit les paroles de Jésus qui aurait confié sa mère à ce disciple, celui-ci n’était sans doute plus tout à fait un jeune pour pouvoir jouer ce rôle de protecteur, et donc pouvait avoir entre 20 et 30 ans (et on doit ajouter une soixantaine d’années pour arriver à la date de publication du 4ème évangile) ; de même il devait avoir un certain âge pour pouvoir introduire un étranger (Pierre) au palais du Grand Prêtre.

A partir de ce moment, on ne sait plus ce que deviennent les disciples. Comme Pierre et « l’autre disciple », un jeune homme avait bien essayé de suivre la cohorte. Il avait été réveillé en sursaut et n’avait sur lui que son drap ; il dut s’enfuir nu lorsqu’on chercha à le saisir, laissant son drap aux mains des agresseurs. C’est Marc qui raconte l’anecdote.
Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans le tombeau vide
commenter cet article

Recherche

Archives