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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 14:21

Dans le cadre d'un voyage en Algérie pour le 50ème anniversaire de l’Indépendance de ce pays, organisé par Michel Roussel pour le compte de la Fédération des réseaux du Parvis, un hommage a été rendu à Roger Parmentier lorsque le groupe a visité Sétif. Compte-rendu par Michel Roussel.

 

40 personnes ont pris part à ce voyage, une majorité de Franciliens, dont quelques membres du Centre pastoral parisien Halles-Beaubourg CPPHB (église Saint-Merry). Au programme, visite de villes (Annaba, Constantine, Sétif, Batna, Biskra, Bou-Saada et Alger), de 4 lieux classés au patrimoine de l’Unesco (Djemila, Timgad, Tipaza, Casbah d’Alger), de sites à couper  le souffle (balcons du Ghouffi, gorges de Palestro et de la Chiffa…) et surtout  rencontres avec des Algériens de toute sensibilité.


setif arc romainA Sétif, nous avons été accueillis à l’hôtel par un orchestre typique et des sucreries, ce qui nous a permis de nous adonner aux délices de la danse orientale. Quant à la ville, grande surprise, naguère un peu tristounette, elle est devenue vivante et active. Le fait que, pas plus qu’à Constantine, peu de femmes portent encore la m’laya noire, vêtement de deuil pour un bey très aimé du XVIIIème,  siècle, y contribue également. Musée archéologique moderne particulièrement bien présenté avec  des mosaïques uniques.


En face de notre hôtel, la fontaine Aïn el Foura, avec à son sommet une statue de femme nue. On s’interroge sur le fait que les islamistes, y compris pendant la décennie noire, n’y ont pas touché. Il faut croire que l’Algérie n’est pas l’Afghanistan ou le Nord Mali. La légende veut que celui qui boira de son eau y reviendra et plusieurs de nos participants y ont goûté.


Avec le père Maurice, curé de Sétif, nous rendons un hommage au pasteur Roger Parmentier, ex pasteur de Sétif qui devait être du voyage, mais est décédé voilà trois semaines. Témoignage de ceux qui l’ont connu, lecture d’un passage d’un de ses 23 livres (« Musulmans, nous vous aimons et nous vous respectons ») et d’un texte de prière que nous lit le père Maurice. Celui-ci nous parle ensuite de son propre parcours au service des Algériens en France au moment de la guerre et ensuite en Algérie. Passionnant de simplicité et d’amour pour cette terre. Il dirige une association d’aide aux enfants handicapés.


Ndlr - Le 8 mai 1945, une manifestation nationaliste fut réprimée dans le sang. A Sétif et dans la région, des Européens furent massacrés et de très nombreux indigènes. Les évaluations sont très variables selon les sources (jusqu’à 45 000 morts selon le gouvernement algérien). Voir l’article de Wikipedia sur ce drame qui en donne bien le contexte et le déroulement (lien)
 
Roger Parmentier a été jeune pasteur à Sétif peu après les événements du 8 mai 1945. Il y arrive avec sa femme Annette Monod et ses premiers enfants. Il y restera jusqu'en 1955 après alerté la Fédération protestante de France des premières tortures et villages bombardés. Il reste, cette fois-ci sans sa famille, à Philippeville-Skikda où il y eut aussi une répression sanglante le 20 août 1955. En automne de la même année, il est affecté à Rodez où il continuera à dénoncer la répression en Algérie. De là son engagement en faveur de l’Indépendance algérienne et plus généralement à côté des musulmans. Il en fait part dans un texte intitulé « J'aime l'Algérie et les Algériens et je voudrais pour eux un présent et un avenir heureux », publié par Gilles Castelnau sur son site « Protestants en ville » (lien).

 

Information du pasteur Jean Hoibian : à Sétif, c'est le pasteur André Michenot (beau-frère de J. Hoibian), qui lui succéda.


Ajout du 24 octobre - Sur ces évènements de Sétif, Maurice Causse nous conseille le rapport remarquable du colonel de Gendarmerie Tubert que le journaliste et écrivain Yves Courrière (1935-2012) reproduit dans « Les Fils de la Toussaint », le premier tome (publié en 1968) de « La Guerre d’Algérie » (4 tomes publiés entre 1968 et 1971). Ces quatre tomes, « Les Fils de la Toussaint », « Le Temps des léopards », «L’Heure des Colonels » et « Les Feux du désespoir » s’échangeaient discrètement en Algérie dans les années 1970 et 1980 parce qu’ils y étaient interdits par le pouvoir. Yves Courrière avait effectué plusieurs reportages en Algérie durant la guerre, interviewé de nombreux dirigeants algériens avec lesquels il a noué des amitiés.

 

Gilles Castelnau, sur son site "Protestants en ville" a reproduit cet article (lien).

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 11:54

Michel Jas : Vers « l’Apocalypse » ? Le feu et le déplacement, communication faite aux rencontres la rencontre des Compagnons de Partage (lien) sur le thème " L’Humanité face aux temps " à Ventenac-Cabardés (Domaine La Ventaillole), dans l'Aude, avec une cinquantaine de participants, ce samedi 22 septembre 2012. Ce texte, à l'initiative des organisateurs, est disponible en version pdf et imprimable (lien). Michel Jas a dédié sa communication à son compagnon de l'ERF, le pasteur Roger Parmentier, qui venait de décéder (lien).

 

Résumé de l'auteur présenté sur le site des organisateurs (lien) : La fin des Temps est marquée par le feu destructeur - l’incendie qui fait peur, purificateur - qui nettoie une plaie alors que la médecine était rudimentaire, ou qui prépare un autre monde - par la cuisson, l’Antiquité était marquée par la cuisson de la viande sacrifiée comme acte liturgique qu’on a du mal aujourd’hui à comprendre. L’idée de feu évoque l’épreuve et le jugement.. « Dieu est un feu » dit la Bible et avant elle les religions de l’Antiquité. Dans le Nouveau Testament l’apocalyptique réactive le mythologique. Nous évoquerons dans notre réflexion les éléments communs au symbolique de son époque, mais aussi les déplacements et transformations opérés par le message des évangiles comme annonce prophétique…

 

apocalypse14 enluminure medieval

l'Agneau de Dieu sur le mont Sion, Apocalypse, chapitre 14

le texte :


Le Nouveau Testament a été écrit dans le contexte d’une attente eschatologique très intense. Cette espérance, en tension, ou cette crainte était tournée vers l’accomplissement des prophéties et le jugement de ce monde par l’autre monde qui allait opérer un basculement incroyable. L’eschatologie, qui fut contemporaine de la période perse, s’était exprimée dans l’Ancien Testament à la fin de l’époque des prophètes et dans le Livre de Daniel ; cette veine se développe à l’époque intertestamentaire, particulièrement chez les esséniens de Qumrân (cf. leur livre de la guerre des Fils de lumière contre les Fils des ténèbres, etc...)

Jésus, un prophète


L’événement évangélique avec Jésus de Nazareth et ses disciples doit être situé dans ce contexte de l'attente du Royaume de Dieu et du (ou des) Messie(s). Jésus demande à ses disciples d’aller deux par deux (avec les sandales, pas d’habits de rechange, pas d’argent et avec un bâton c'est-à-dire en tenue de pèlerin, mais cette fois-ci sans partir vers le temple de Jérusalem) pour proclamer l’imminence du Royaume, chez les uns et les autres, dans les villes et bourgades de « Galil » (« pays des nations ») ou « Galilée ».. « Vous n’aurez pas fini le tour des villes de Galilée, que le Fils de l’Homme sera venu » (Mathieu 10, 23)… Comme si Jésus attendait la manifestation du « Fils de l’Homme » comme un Messie distinct de lui-même, de façon imminente. Ce passage doit être mis en relation avec Marc 9, 1 : « Quelques uns qui sont ici ne mourront pas qu’ils n’aient vu le Royaume de Dieu venir avec puissance », et Marc 13, 30 : « Je vous le dis en vérité cette génération ne passera pas que tout cela arrive ».

 

Marc est un évangile avec une forte dimension apocalyptique (les exégètes présentent Marc 13 comme une « apocalypse synoptique »), « Mathieu propre » aussi est de sensibilité apocalyptico-eschatologique..! L’épisode de Mathieu 10 est compris dans la source dite « Mathieu propre », distincte de la source commune à Mathieu et Luc (source dite des Logia, ou source Q, antérieure à Mathieu et Luc, lien), qui est moins apocalyptique, comme « Luc propre », qui intériorise plus : voir Luc 17, 27 : « On ne dira pas il est ici, il est là.  Car voici, le royaume de Dieu est au dedans de vous », ou comme l’Evangile de Jean ou l’Evangile gnostique et apocryphe de Thomas (Thomas, logion 3 : « le royaume est à l’intérieur et à l’extérieur de vous») !

Le langage apocalyptique


Autre exemple de cette attente apocalyptique pleine d’ardeur (de « feu »), dans l’écriture de la fin de « Mathieu propre » (Mathieu 27, 52) , le jour de la crucifixion et avant la résurrection : « Et voici le voile du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas (passage qui marque la fin de la séparation entre le sacré et le profane), la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent ». Voilà qui ajoute miracle à miracle comme si le miracle du Christ le jour de Pâques n’était pas le premier et ne suffisait pas ! En réalité, le passage rend compte de plusieurs visions apocalyptiques d’Isaïe, d’Ezéchiel ou de Daniel pour désigner de façon spectaculaire le ou les Temps de la fin ..


La fin des Temps est marquée par « le feu » destructeur - l’incendie qui fait peur, le feu purificateur - qui nettoie une plaie alors que la médecine était rudimentaire, ou qui prépare un autre monde, parce que le feu brûle, détruit, transforme.  L’idée « de feu » évoque l’épreuve et le jugement, mais aussi la transformation dans les forges ou lors de la cuisson (la cuisson a un rôle important lors des sacrifices). Jésus a dit (dans Luc 12, 42 qui correspondrait, pourtant, à la source Q, souvent moins apocalyptique que Marc ou Mathieu propre) : « Je suis venu mettre un feu sur la terre ». Dans l’Ancien Testament, Dieu est un feu ; et, aussi, dans nombre de religions de l’Antiquité (de l’Egypte avec Aton, à la Perse avec Ahura Mazda). Le feu est une énergie et une menace (dans toutes les religions, l’idée de Dieu concerne la vie et la mort, nos joies et nos peurs). Moïse a peur de mourir, lors de la révélation (catastrophiste, sauvage ou apocalyptique) du Dieu Yahvé dans le Sinaï…
 

Le feu et le déplacement.
La révélation comme porteuse de grâce et de paix

 

Le terme « apocalypse » vient du mot grec pour « révélation » ou « manifestation ». Normalement la révélation biblique et évangélique permet de calmer toutes les peurs. L’Ancien Testament s’inscrit autour du salut hors d’Egypte. Le Nouveau Testament autour de la paix du ressuscité (à la fin de l’évangile) ou transfiguré (en plein coeur de l’évangile). Normalement, en tant qu’ « évangile », c'est-à-dire : « bonne nouvelle », justement, le Nouveau Testament permet d’éteindre la colère de Dieu, et de « désapocalyptiser » (dans le sens commun : apocalypse = catastrophe) la foi !


Dans la rédaction des épîtres de Paul nous observons un changement qui révèle cette atténuation apocalyptique. Ses premières épîtres (1 et 2 Thessaloniciens) sont focalisées sur l’attente de la fin des Temps et le jugement divin, comme devant arriver, spatialement, du vivant de l’Apôtre : Christ est venu dans l’humilité, il reviendra dans la gloire. Or, dix ans après, Paul évolue ! Il change de représentation théologique lors de ses dernières épîtres (Galates, Philippiens, Colossiens, Ephésiens) : la manifestation de Dieu en Christ n’est plus visible, temporelle, matérielle, mais spirituelle. Et c’est la vie mystique, dès ici bas, « en Christ » qui motive désormais l’Apôtre, alors qu’il souffre d’incompréhensions dans ses communautés, souffre de maladie, et de la prison à Rome …


La même évolution se trouve, sans doute, lors des strates successives accompagnant la rédaction des évangiles : de « Mathieu-propre » et « proto-Marc », et Marc, à « Luc-propre » et l’Evangile de Jean, puis l’Evangile de Thomas en passant par les logia (source Q) et les évangiles synoptiques (Mathieu, Marc, Luc) dans leur rédaction actuelle. Mais cette reconstruction historique devrait aujourd’hui tenir compte des variations manuscrites expliquées par les corpus évangéliques anciens ; affaire de manuscrrits. La disposition des évangiles dans un tout (un corpus)  influe aussi sur la symétrie des textes et le choix des mots qui varient d’un texte à l’autre.

 

Note :sur « LES EVANGILES SYNOPTIQUES » dans l'article de Wikipedia consacré à Christian Bernard Amphoux (lien).
¼ de Mathieu propre (propre à Mathieu) + ¼ de Mathieu provenant de Quelle (source « Q » - « Quelle » - des logia ou des paroles) + ½ de Mathieu pris à Marc + ¼ de Luc provenant de Quelle (source des logia) + 1 /4 de Luc pris dans Marc + ½ de Luc qui lui est propre (et qui annonce peut être Jean). La théorie des sources évangéliques devraient aujourd’hui tenir compte des travaux sur les manuscrits anciens (et non à partir du texte grec reconstitué, des éditions imprimées), particulièrement les travaux de Christian-Bernard Amphoux sur le Codex de Bèze (manuscrit pris par les Genevois dans la bibliothèque remontant à Saint-Irénée à Lyon) qui présente le corpus des évangiles dans un ordre différent ; donc ce qui explique certaines variantes (et complexifie par des symétries insoupçonnées une théorie des sources donc à reprendre). Le codex de Bèze correspondrait, selon Amphoux, à l’édition des évangiles, datant de 120, à Smyrne. Avec cet ordre : Mathieu-Jean-Luc-Marc ! 

 

L’évolution opérée par l’Evangile n’est pas toujours manifeste et directement efficace :
- l’Eglise post-apostolique gardera encore l’idée du retour apocalyptique du Christ (avec le Jugement dernier et, pour certains, le règne de 1 000 ans), à côté de son accomplissement dans l’humilité du Jésus de l’histoire, comme si l’Incarnation ne suffisait pas…
- la nouveauté issue de Jésus, autre exemple, concernant l’égalité homme - femme (discernable dans l’épisode de Marthe et Marie en Luc 10, 38-42 où Marthe reproche à sa sœur d’être « assise aux pieds du Seigneur » c'est-à-dire de prendre le statut de l’homme en devenant disciple et où, justement, Jésus félicite Marie ), n’influence pas totalement le déroulement historique : la charge d’être disciple puis apôtre restera confiée aux hommes..

Malgré l’enveloppe grandiose ou naïve, l’écriture biblique sécularise ou conteste la religion. Mais il n’empêche que ce déplacement (qui annonce, par exemple, la libération de la femme particulièrement avec la vision du ressuscité confié à des femmes, dont le témoignage n’avait aucune valeur à l’époque, ni chez les juifs ni chez les romains) peut souvent être noté comme un ferment qui ne fait pas encore lever toute la pâte, ou comme un trésor encore caché dans un champ.  Ici, Jésus, citant l’Ancien Testament, change le terme de Deutéronome 6, 13 « tu craindras » en « tu adoreras » en Mathieu 4, 10 ou Luc 4, 8.. L’adoration comprend l’idée d’amour, mais garde de la compréhension du Deutéronome le sentiment que l’objet de cet amour est infiniment élevé au dessus de toute compréhension. L’adoration garde le respect, le sentiment d’altérité, mais ôte la peur ! Là, Jésus dé-hiérarchise la foi : « Les premiers seront les derniers et les derniers, premiers » et : « Celui qui accueille en mon nom un petit m’accueille moi-même et celui qui m’a envoyé » (Marc 10, 31 et 37 et parallèles). Formidable déplacements pour lesquels il est impossible de s’arrêter. Jésus dé-hiérarchise Dieu et le monde, toutes les grandeurs du monde, politiques et religieuses, ainsi que les visualisations pour l’attente de la fin du monde….


Cette nouveauté n’est pas seulement la veine de l’évangile mais elle peut être discernée aussi déjà dans l’Ancien Testament ! Par exemple avec le symbolisme induit par Exode 3, 2. La tradition retient le miraculeux (le buisson ne brûle pas !), qui n’a de valeur que pour essayer d’impressionner les lecteurs crédules. En fait l’ordre des mots indique plutôt, premièrement, « un feu » (qui représente Dieu) et deuxièmement, un feu « traversé par un buisson » c'est-à-dire : Dieu souffre (« j’ai vu la souffrance de mon peuple » v. 7).
 

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Published by Michel Jas - dans exégèse biblique
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 19:27

Prière pour la sécurité et pour la paix, à Sarajevo (1), le 10 septembre 2012, dite par le Grand Mufti de la communauté musulmane de Bosnie, Mustafa Ceric, en ouverture de la réunion : « Religions et cultures en dialogue » du 9 au 11 septembre 2012


Notre Seigneur, si nous péchons, donne-nous la force de nous repentir comme Adam !

Si s'abat sur nous une catastrophe, apprends-nous à construire l'arche comme Noé !

Si le désespoir nous assombrit, éclaire-nous avec la foi honnête d'Abraham!

Si nous sommes menacés par un tyran, rends-nous le courage de Moïse!

Si nous nous laissons aller à la haine, sauve-nous par l'amour de Jésus!

Si nous sommes expulsés de nos maisons, fortifie avec Mohammed notre envie de revenir !

Notre Seigneur, nous te demandons d'unir nos cœurs pour l'Humanité entière !

Notre Seigneur, nous te demandons de renforcer nos pas vers la vérité et vers la justice !

Notre Seigneur, nous te demandons d'unir notre volonté pour la paix et la sécurité.

 

(1) A Sarajevo, il y a 20 ans, 11.000 citoyens de différentes confessions et nationalités, dont mille enfants, ont été tués à la suite de 4 années de siège et de bombardement. En 2014, il y aura 100 ans que débuta, en cette ville, la guerre 1914-1918.

 

Vingt ans après la guerre des Balkans qui a fait de Sarajevo un des lieux les plus touchés, la Communauté de Sant’Egidio a organisé avec la communauté musulmane en Bosnie-Herzégovine, l'Église serbe orthodoxe, l'archidiocèse de Vrhbosna-Sarajevo et la communauté juive en Bosnie-Herzégovine, la Rencontre mondiale pour la paix “Living Together is the Future. Religions et cultures en dialogue”


Il s'agit du plus grand rendez-vous mondial de l'année placé sous le signe du dialogue entre les acteurs des grandes religions mondiales, réunissant également des représentants de premier plan de la culture et de la vie publique européenne et mondiale. C'est la première occasion où toutes les composantes religieuses présentes en Bosnie se retrouvent pour un événement commun après la guerre.


Etaient attendus le président du Conseil des ministres italien Mario Monti, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, le Premier ministre de Côte-d'Ivoire et de nombreuses personnalités internationales, le Patriarche serbe Irinej, le Métropolite russe orthodoxe Kirill, le patriarche bouddhiste cambodgien Tep Vong, Oded Wiener, représentant du monde juif en sa qualité de directeur général du Grand Rabbinat d'Israël, des représentants importants du monde musulman, ainsi que de nombreux cardinaux, patriarches, évêques et représentants des grandes religions mondiales.

 

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Mustapha Ceric et Benoît XVI

 

Le pape Benoît XVI, en se rendant à Assise l'an dernier à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de l'initiative voulue par Jean-Paul II, a renouvelé ce qui est désormais défini comme l' “esprit d'Assise” qui fait du dialogue interreligieux et culturel un choix stratégique, à long terme, pour parvenir à la paix dans de nombreuses régions du monde.


Il apparaît comme évidence que le dialogue devient de plus en plus une nécessité, du fait notamment des situations de tension et d'instabilité dans tout le Moyen Orient qui n'ont pas encore été résolues. La rencontre de Sarajevo (à laquelle participeront de nombreuses personnnalités religieuses libanaises) a lieu quelques jours avant le voyage délicat de Benoît XVI au Liban.

 

Communiqué de la Communauté Sant'Egidio, Piazza di S.Egidio 3/a – 00153 Roma - Tel 39.06585661 - Fax 39.065883625, www.santegidio.org Email – om@santegidio.org, transmis à la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 01:20

suite des pages précédentes et fin.

 

Aujourd’hui l’Église catholique romaine assiste avec effroi à l’effritement de ce qu’elle nomme la « vraie foi ». Les découvertes de Qumran et de Nag Hammadi n’y sont pas pour rien. Elaine Pagels (dans Les évangiles secrets) en donne lucidement la raison : « Nous commençons à voir maintenant que ce que nous appelons le christianisme – et ce que nous désignons par tradition chrétienne – ne représentent en fait qu’une faible portion des sources spécifiques choisies parmi des douzaines d’autres ».

 

On peut être surpris que Jésus ne soit entré dans la vie publique que vers l’âge de trente-cinq ans. Nous ne savons rien de sa jeunesse. Certains évangiles apocryphes de l’enfance comme le Protévangile de Jacques ou le Pseudo-Thomas, sont des récits mythiques ne reposant sur aucune base sérieuse, tout comme ceux qu’en relatent Matthieu et Luc. Qu’a fait le Galiléen jusqu’à la trentaine ? Il est très tentant d’imaginer qu’il a suivi la formation des Esséniens installés, si l’on en croit Pline, à l’ouest de la mer Morte. Ils étaient surnommés Les Thérapeutes, du grec Therapeo, qui signifie je soigne. Le mot désignait dans une plus lointaine antiquité un groupe de contemplatifs égyptiens appelés à soigner tant les corps que les âmes, et que Philon assimilait aux Esséniens qui restèrent dans l’histoire sous le pseudonyme de Thérapeutes. Ils pratiquaient une ascèse exigeante, le jeûne accompagné de pain au levain et de sel, observaient l’abstinence sexuelle, etc. On peut les considérer comme les promoteurs du monachisme.

 

Jean-Baptiste était-il un des leurs ? Il ne se nourrissait que de sauterelles et de miel sauvage, vivait seul et apparemment reclus, ce qui correspond à l’ascèse des Esséniens. Quand il annonçait Jésus, disant qu’il venait après lui, entendait-il qu’il l’avait rencontré dans le désert où le Galiléen aurait appris à soigner les malades ? On n’a pas assez insisté sur la ressemblance entre Jésus et Jean-Baptiste dont il était le disciple. Elle est plus apparente dans le quatrième Évangile que chez Marc.

 

Tout cela n’est évidemment que pure spéculation. Les Esséniens ont été étudiés beaucoup plus pour leurs rapports avec les documents découverts à Qumran – thèse aujourd’hui contestée d’ailleurs – que pour leur vie monacale. Nous en resterons donc là, nous gardant d’aborder l’aspect gnostique qui reste étranger aux évangiles canoniques *, soigneusement épurés par les censeurs successifs.

* On sait qu’il n’en est pas de même pour les évangiles apocryphes comme ceux de Thomas, de Marie, des Hébreux, des Nazaréens, des Ébionites, de Barthélemy, de Judas, de Philippe, de Pierre, de Nicodème (Évangiles de la Passion), des Égyptiens, le Protévangile de Jacques, le Pseudo-Thomas (ou Histoire de l’enfance du Seigneur, qui présente Jésus comme un enfant cruel et méchant), l’évangile arabe de l’Enfance, le Pseudo-Matthieu, etc.

 

Peut-on encore se dire chrétien quand on ne croit plus en l’Incarnation, en la Rédemption et en la Résurrection ? Notre réponse est affirmative car le mot « chrétien » est soudé au mot « Christ ». Si Jésus reste pour nous un « type exceptionnel », un homme (et seulement un homme) extraordinaire par sa prédication percutante et son obsession de l’amour du prochain, on peut prendre ses distances avec son eschatologie qui n’apporte rien de plus à ceux qui sont convaincus que l’Esprit divin, le réel ultime ou « le fond du fond du réel » pour reprendre l’expression chère à Bernard Besret, ignore toutes les belles légendes dont les évangiles canoniques regorgent. Les paroles de Jésus telles qu’elles sont rapportées dans la source Q nous suffisent, mais il n’en existe aucun manuscrit qui pourrait être considéré comme une source historique fiable. Comme disait Albert Schweitzer… De Jésus on ne sait que deux choses : il est né et il est mort.

 

Le texte en français est celui de la Traduction oecuménique de la Bible (TOB) ; celui en grec est puisé dans le Nouveau Testament Interlinéaire grec/français de Maurice Carrez, docteur en théologie de Paris et Strasbourg. Entre crochets […] les versets qui ont été supprimés. Vous pouvez demander le texte de cet évangile expurgé en vous adressant à l’auteur (lien).

 

BIBLIOGRAPHIE

 

AMSLER Frédéric, L’Évangile inconnu, la Source des paroles de Jésus, Labor et Fides, 2001.

CARREZ Maurice, Nouveau Testament interlinéaire grec/français, Alliance biblique universelle, 1994.

PAGELS Elaine, Les évangiles secrets, Gallimard, 1982.

PERÈS Jacques-Noël, Cours de patristique, Institut Protestant de Théologie, 1995.

PAUL André, Qumran et les Esséniens, Éditions du Cerf, 2008.

PORTER J. R., La Bible oubliée, apocryphes de l’Ancien et du Nouveau Testament, Albin

Michel, 2004.

STANTON Graham, Parole d’Evangile ? Éditions du Cerf, 1997.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 01:04

suite des pages précédentes

 

Chapitre XVI [1-8] : Jésus a disparu de son tombeau, il apparaît à Marie de Magdala, à Marie mère de José et à Salomé. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. Puis [9-20] : récit des pèlerins d’Émmaüs, apparition aux onze apôtres, envoi en mission d’évangélisation, ascension de Jésus.

 

Selon l’exégèse traditionnelle du Nouveau Testament, dans les manuscrits primitifs, cet évangile se termine au verset [8] du Chapitre XVI. Dans la TOB, il est écrit en note du verset 8 : « Selon les meilleurs manuscrits, l’évangile de Marc se termine ici » , les versets 9 à 20 ayant vraisemblablement été ajoutés au IIème siècle. Ils constituent ce que la TOB appelle le « texte long », par opposition au « texte court », qui dit… Elles racontèrent brièvement aux compagnons de Pierre ce qui leur avait été annoncé. Ensuite Jésus lui-même fit porter par eux, de l’orient jusqu’au couchant, la proclamation sacrée et incorruptible du salut éternel.

 

La résurrection de Jésus ne faisait donc pas partie du texte initial, ce qui explique que de nombreux exégètes libéraux la refusent et qu’un nombre croissant de chrétiens la mettent en doute. Pierre-Yves Ruff va même plus loin : « Si les femmes furent les seules témoins et ne dirent rien à personne, il s’ensuit logiquement que cet Évangile n’a pas pu être écrit. L’Évangile de Marc met en scène la fiction de sa propre impossibilité ».

 

Les auteurs de l’Évangile selon Marc, rédigé environ trente ans après la mort de Jésus, ne disent pas un seul mot de la résurrection ni des événements qui l’ont suivi et sont décrits dans [9-20]. Il paraît évident que si ces auteurs avaient eu accès à des sources mentionnant la résurrection et l’ascension, ils auraient certainement raconté ces faits à la suite du récit de la mort de Jésus. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait puisque la résurrection est devenue, depuis la théologie paulinienne, le critère de foi le plus important pour les chrétiens ?

 

Nous savons en effet que dans ses Lettres, Paul de Tarse (qui, contrairement à ce qu’il prétend n’était pas apôtre puisqu’il n’a jamais rencontré Jésus), a abondamment parlé de la résurrection, et ce quelques années avant la rédaction de l’Évangile selon Marc. Quelles furent ses sources ? Il est né vers l’an 8 de l’ère courante ; à la mort de Jésus il avait donc environ vingt-deux ans Il n’a commencé à annoncer l’Évangile qu’en l’an 50. Avant il persécutait les chrétiens : Saül, ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur… (Actes 9, 1). De 30 à 50 sa haine des premiers chrétiens – il était juif - n’était motivé que par ce qu’il entendait dire au sujet de la résurrection, et il les persécutait sur ordre.

 

Lorsqu’il a commencé à envoyer ses Lettres, aucune source écrite – si ce n’est la Source Q qui n’a été que partiellement reconstituée et dont les fragments disponibles ne mentionnent pas la résurrection – n’était disponible, à plus forte raison historique. Il faudra attendre le IVe siècle pour voir une oeuvre chrétienne véritablement historique avec Eusèbe de Césarée *. Or c’est le siècle de l’empereur Constantin et du concile de Nicée, c’est-à-dire l’époque où l’Église a commencé à être soutenue par le pouvoir civil.

* Les auteurs de l’Évangile attribué à Luc ne sont pas des historiens puisque les témoins à qui ils font appel sont des chrétiens. Le manque d’objectivité est évident.

 

Antérieurement le christianisme passait pour une détestable superstition : la lettre de Pline le Jeune à Trajan en 112, Tacite, Suétone dans sa Vie des douze Césars en disent pis que pendre. Et cependant l’évangélisation a commencé très tôt après la mort de Jésus mais on en trouve davantage de détails dans les apocryphes comme l’Épître des Apôtres (vers 170), les Actes de Thomas (IIIe siècle) qui décrivent les « missions » des disciples du Maître. Comme le souligne à juste titre Jacques-Noël Pérès, pour étudier l’histoire de l’Église, on ne peut pas se contenter des évangiles, actes ou épîtres.

 

à suivre ...

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 00:34

suite des pages précédentes

Dans le sillage du théologien allemand Rudolf Bultmann (1884-1976) qui a prôné l’absolue nécessité de démythologiser les textes sacrés et de rechercher derrière chaque fait invraisemblable quel symbole se cachait, nous proposons cette version dont (presque) tous les miracles * ont été supprimés. Pourquoi « presque » ? Il est impossible de nos jours d’accepter qu’un homme ait pu ramener à la vie des cadavres et, à plus forte raison, se ressusciter lui-même. En revanche, guérir des malades peut être à la portée d’un magnétiseur ou d’un rebouteux, si la maladie n’est pas trop grave. Les seuls « miracles » que nous ayons laissés sont ceux où Jésus rend la vue à un aveugle ou l’ouïe à un sourd, car ils peuvent facilement être démythologisés.
* Rappelons qu’en grec, le mot Semeion signifie « signe ». Lors de la traduction en latin de par Saint Jérôme (« Vulgate »), il a été traduit par « miraculum » ce qui donna ultérieurement en français « miracle ». Le mot « signe » doit être considéré comme équivalent de « symbole ».

Dans notre Petit catéchisme à l’usage des jeunes qui ne veulent plus être menés en bateau *, nous proposions cette interprétation… En d’autres termes, les miracles ne sont que des symboles, mais pour augmenter leurs chances d’être crus par les foules, cinquante ou soixante-dix ans après les faits, les évangélistes en ont rajouté, d’où l’abondance de gestes extraordinaires qu’ils ont prêté à leur Maître : l’aveugle qu’ils ont cru voir ne l’était que dans son coeur ! Il ne faut donc sans doute rien voir de plus dans les miracles que des signes par lesquels Jésus secouait ceux qu’il trouvait endormis. Jésus n’a fait que rappeler au pauvre homme qu’il devait « ouvrir les yeux » et retrouver l’état d’éveil, seul à permettre l’évolution spirituelle. On peut mettre dans le même cadre l’histoire du sourd auquel il a rendu l’ouïe (7, 32-37). Jésus l’a sans doute invité à se déboucher les oreilles pour mieux entendre son enseignement. D’ailleurs dans 13, 33 Jésus dit… Prenez garde, restez éveillés car vous ne savez pas quand sera le moment.
* Editions Le Phare de Misaine, 2002. Épuisé.

Les récits de miracles n’apparaissent pas que dans les évangiles canoniques. Dans les apocryphes du Nouveau Testament, ils abondent et sont la plupart du temps totalement délirants. Les Actes de Pierre, de Jean ou de Paul regorgent de faits mythiques comme un chien qui parle, un lion que Paul baptise, une martyre livrée à des taureaux que l’on a préalablement excités en leur brûlant les testicules, mais qui en réchappe miraculeusement, etc. Ces récits datent généralement des IIe et IIIe siècles, mais leurs auteurs n’avaient aucune raison de freiner leur imagination puisque les textes canoniques leur avaient montré la voie !

Nous avons donc supprimé les récits de résurrections mais conservé la plupart de ceux de guérisons, pour la raison simple que nous avons exposée, à défaut d’être avérée. Les versets épurés sont indiqués entre crochets : […].

Chapitre I - [10-11], [13], [23-28] [32-34], [40-45] mais maintien de la guérison de la belle-mère de Simon (29-31) : premier exemple d’un « miracle » que nous avons laissé. Admettons que la belle-mère de Pierre n’était pas très fiévreuse et que Jésus avait les mains fraîches ! Chapitre II - [3-12]. Chapitre III - [1-6], [11-12]. Chapitre IV - [37-41]. Chapitre V - [2-43]. Chapitre VI.- [39-44], [48-50]. Chapitre VII - [25-37]. Chapitre VIII - [1-10], [19-21]. Chapitre IX - [3-8], [17-29]. Chapitre X. Chapitre XI - Nous avons laissé volontairement l’épisode du « figuier desséché » (12-14) bien qu’il soit absurde : il est précisé que ce n’était pas l’époque des figues. Comment Jésus aurait-il pu blâmer ce pauvre figuier qui n’en pouvait rien ? Il est vraisemblable que ce passage a été ajouté au 2ème siècle, les auteurs ne s’étant pas aperçus de sa stupidité, indigne de Jésus ! Chapitre XII. Chapitre XIII - [24-27]. Chapitre XIV – à propos de (22) « Pendant le repas, il prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit : « Prenez, ceci est mon corps *. » - Les protestants qui ne croient ni à la transsubstantiation ni à la présence réelle, aimeraient que l’auxiliaire être puisse ici être remplacé par symbolise ou représente. « En araméen biblique, le verbe être est employé de la même façon qu'en hébreu biblique. La racine est hé-waw-hé (et non pas hé-yodhé) » (cette précision nous a été apportée par Madame S. Müller-Trufaut, professeur d’hébreu à l’Institut Protestant de Théologie à Paris, en septembre 2012). Chapitre XV - [38]. Chapitre XVI – voir l’Introduction.

à suivre ...

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 00:06

Jean Marc Van HILLE - ÉVANGILE SELON MARC ÉPURÉ DE SES MYTHES ET INVRAISEMBLANCES QUI L’ENCOMBRENT DEPUIS 2000 ANS
Que celui qui cherche ne cesse de chercher jusqu’à ce qu’il trouve ; et quand il aura trouvé, il sera bouleversé, et étant bouleversé, il sera émerveillé, et il règnera sur le tout. Évangile de Thomas, logion 2

INTRODUCTION


Cet Évangile est hérétique … L’Église catholique romaine a toujours eu tendance à traduire – et à faire passer dans le langage commun - les termes grecs dans un sens qui lui était favorable. Ainsi le mot hérétique qui désignait initialement les hommes et les femmes qui, étant d’un avis différent d’elle, adhéraient à des « sectes » *, désigne, pour l’Église, celui qui est dans l’erreur, ce qui, à certaines époques, lui valait d’être remis dans les mains de la Sainte Inquisition. Rappelons que le mot vient du substantif grec aïresis qui signifie parti religieux, école, enseignement et du verbe aïreomai, choisir, préférer. A l’époque de Jésus, c’étaient les Sadducéens, les Pharisiens, les Zélotes, que nous rencontrons souvent dans les évangiles canoniques, ou les Gnostiques et les Esséniens qui n’y apparaissent pas. L’hérétique aïretikos est donc celui qui a fait un autre choix, qui s’est séparé du tronc, et en aucun cas celui qui est dans l’erreur.
* Du latin secta, règles de conduite, manière de vivre, système, école philosophique. Ce n’est que bien plus tard que le terme secte désignera tout groupement suspect d’atteinte à la santé mentale, généralement dominé par un gourou et représentant un danger.

De même le mot apocryphe - qui vient du grec apokruphos, signifie caché au regard et désigne les textes qui n’ont pas été retenus dans son « canon » - est traduit par l’Eglise catholique par faux. Il était utile de le rappeler. Citons à l’appui de ce constat ce que dit Jacques- Noël Pérès au sujet du « dépôt de la foi » : « L’Église a conscience d’être dépositaire de ce qui lui vient des apôtres, la tradition dont l’Écriture, sur laquelle elle appuie sa confession de foi. Mais ceci soulève deux problèmes :

a. le problème de l’apostolicité du canon,
a1. La canonicité est une décision de l’Église,
a2. Le fait canonique suppose une pluralité dont il a besoin pour fonctionner,
a3. Il n’y a pas de différence intrinsèque entre les écrits canoniques et apocryphes,
a4. La différence tient donc à l’insertion dans le canon. Les écrits ne sont plus lus de la même façon dès qu’ils sont mis dans le canon. Ce ne sont ni les faits ni les dits de Jésus qui sont canonisés, mais les écrits qui les racontent. Il y a dans
les évangiles canoniques des paroles attribuées à Jésus, et qui ne sont pas authentiques *.

* Pierre Geoltrain (†), ancien professeur d’exégèse à l’École Pratique des Hautes Études, estimait à 80% les paroles attribuées à Jésus dans les évangiles canoniques, qui n’avaient jamais été prononcées par lui ! La position de Frédéric Amsler dans L’Évangile inconnu, les sources des paroles de Jésus, est encore plus radicale : « Le nombre de paroles de Jésus qui ont été conservées, alors même qu’elles n’étaient plus utiles à la communauté, est sans doute aussi faible qu’est élevé le nombre de paroles de Jésus fabriquées de toutes pièces par le groupe lui-même pour offrir des solutions revêtues d’autorité à ses propres problèmes ».

b. le risque d’erreur. L’Écriture peut-elle se tromper ? Elle est rédigée par des hommes qui ont pu se tromper de bonne foi. Le risque d’erreur est néanmoins négligeable ». 

 

L’Évangile selon Marc que nous proposons ici, est dont totalement hérétique.


Pourquoi avons-nous choisi cet évangile plutôt que ceux attribués à Matthieu, Luc ou Jean ? D’abord parce que c’est celui des évangiles canoniques qui a été rédigé le premier, on ne sait par qui, vers les années 60/65 de notre ère. Ensuite parce qu’on sait que, Matthieu et Luc ayant copieusement « pompé » dans Marc, on peut en déduire que Marc était plus proche des sources initiales, dont la célèbre source Q.


Il y a dans Matthieu et Luc environ 230 faits ou paroles qui ne sont pas dans Marc. Donc ces deux évangélistes ont eu, eux aussi, recours à une ou plusieurs sources antérieures, orales ou écrites. Comme leurs évangiles ont été rédigés plus tardivement que celui de Marc, il nous a paru logique de retenir ce dernier comme base de travail. Quant à celui de Jean, il date d’environ 100/110.

Enfin – et surtout - parce qu’au chapitre 10, verset 18, Jésus déclare ouvertement qu’il n’est pas Dieu. Cette affirmation sans ambiguïté modifie considérablement le regard qu’on peut jeter sur les évangiles canoniques et donne toute liberté pour les interpréter différemment et donc supprimer tous les caractères qui faisaient de Jésus un Dieu, comme les miracles par exemple. Pourquoi m’appelles-tu bon, demande sèchement Jésus au jeune homme riche, seul Dieu est bon. On ne saurait être plus catégorique !

Ajoutons que Marc ne cite Marie que trois fois, et très discrètement. Dans 3, 31-35 il n’est question que de « sa mère », sans que le prénom soit précisé, dans 6, 3 où on désigne Jésus comme le fils de Marie, enfin dans 15, 40, au pied de la croix,
Marc cite… Marie, la mère de Jacques le Petit et de José. Si Jacques était bien le frère du condamné, il s’agit de Marie, sa mère. Nous sommes loin de l’Église qui a fait de Marie la « mère de Dieu », Theotokos, promue « co-rédemptrice » *, mais , ce qui – soit dit en passant - réduit Jésus au rôle d’associé !
* Ndlr – certains catholiques proposent ce rôle de co-rédemptrice, mais la hiérarchie n’a pas répondu à cette attente.


Dans Parole d’Évangile ? Graham Stanton écrit… Origène [v. 185- v. 253] notait aussi que les désaccords historiques étaient si graves qu’il n’y avait qu’une seule alternative : soit renoncer à établir la vérité des quatre évangiles et faire le choix d’un au hasard ; soit « admettre que la vérité de ces quatre [évangiles] ne consiste pas dans la lettre du texte ». Il prit la seconde option et chercha les vérités profondes enfouies derrière la lettre du texte.

C’est ce qu’a fait Tatien vers 180, ascète « encratique », élève de Saint Justin Martyr, avec son Diatessaron, « Quatre en un », synthèse des quatre évangiles canoniques. Il a refusé tout ce qui était étranger au christianisme, dont la vie sociale, rejetant les philosophes païens qu’il considérait comme absurdes et illusoires. Le texte a disparu.

à suivre ...

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 15:15

evangile et liberte l etrangerEvangile et Liberté publie dans sa livraison n° 262 d’octobre 2012 consacré à la situation de l’étranger, un article de Roger Parmentier à la rubrique « Interpeller » (p. 16) et sous le titre : « Cher frère musulman, salut à toi ! » : " Vous honorez Issa-Jésus et vous le considérez comme un grand prophète… ça tombe bien, moi aussi ! Chrétien très critique de ma propre religion (on dit « libéral ») [...] ". Bien entendu, un prophète qui n'est pas Jésus-Dieu, la seconde personne de la Trinité, qui ne porte pas la croix salvatrice ... ceci en espoir d' " un meilleur dialogue plus prophétique que dogmatique ".


L'auteur reprend ici ce qu’il avait récemment publié en mars 2011 aux Editions l’Harmattan : «Musulmans nous vous respectons et nous vous aimons » et que nous avons présenté sur le site ici présent des Amitiés islamo-unitariennes (lien) et dans les Actualités unitariennes (lien).

 

Ajout du 6 octobre 2012 : le point de vue de Maurice Causse (son message du 30 septembre à la Correspondance unitarienne)

 

Ce numéro consacré à Roger Parmentier (lien) a l'intérêt de présenter le vaste éventail de ses orientations. Sans le suivre dans ses orientations politiques, je crois que lorsqu'il établit un parallélisme de fait entre Jésus et Mohammed, c'est une parole à valeur symbolique de fond. Elle était déjà proposée par François Hauchecorne à la fin de la Guerre d'Algérie, notamment dans son livre Chrétiens et Musulmans au Maghreb. A la fin du XIX° siècle, dans sa Lettre sur l'Unité divine (1897), le Cheikh Mohammed Abduh disait que certaines tendances du protestantisme moderne étaient très proches de l'islam, à part la reconnaissance de Mohammed comme Prophète. Il visait en particulier les milieux du libéralisme protestant français auquel a appartenu un Théodore Monod. Celui-ci, qui fut l'organisateur du très piétiste Tiers-Ordre des Veilleurs constitué sur le modèle du Tiers-Ordre franciscain, d'après la Règle de Capistran publiée en 1901 par Paul Sabatier, est bien représentatif de la tendance évoquée par Mohammed Abduh.

 

Du point de vue très objectif de l'Histoire, cette reconnaissance prophétique de Mohammed peut disposer de bons arguments, autres que la simple dévotion. La science historique élève des doutes légitimes sur la tradition musulmane prise dans son ensemble ; mais l'étude critique des traditions historiques portant sur la période primitive du désert établit avec, à mon sens, cohérence et solidité : Mohammed est bel et bien apparu, à l'intérieur de sa tribu, comme un prophète, et même sans doute un prophète chrétien, arien; sa tradition a progressivement pris son autonomie pour donner l'islam que nous connaissons.

 

Dire cela n'est pas l'orner de toutes les vertus. Dans la Bible, le prophète Osée dit que le massacre des prêtres de Baal sur les ordres du prophète Elie fut un crime. Jésus n'a certes pas commis de crime ! mais sa vision du Jugement Dernier au Mont des Oliviers n'aurait jamais tenu la route pendant 2 000 ans sans l'interprétation donnée par Paul. Autrement dit, en restant sur le terrain strict de l'honnêteté historique et religieuse, l'attitude d'un Parmentier mérite d'être relevée, et la provocation qu'elle comporte accueillie dans le mouvement unitarien. J'ajouterai même que le patriarche nestorien Timothée Ier retenait certains éléments trinitaires dans le Coran ...

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:28

Les mouvements de Réveil ponctuent les grandes religions que ce soit le christianisme, l’islam, le bouddhisme, etc. Ils veulent nous rappeler les fondamentaux, les vérités qui sont à l’origine de la religion, les exigences contenues dans telle ou telle révélation. Ils s’insurgent contre les institutions existantes et les autorités qui auraient trahis le message. Ils mettent en avant la sincérité et l’émotion de la foi contre les raisonnements ; mais également la spontanéité en face des savoirs acquis, des études savantes, des appareils établis. La simple lecture des textes et leur incantation remplace l’exégèse patiente et érudite ; dès lors nul besoin de longues études car il s’agit plus d’exalter les foules que de les faire réfléchir sur des textes dont le sens n’est pas évident, parfois obscurs et contradictoires, en tout cas d’un autre âge.


De nombreuses Eglises évangéliques ont éclose dans le sillage du pentecôtisme américain du début du XXème siècle. Le langage était le même : la nécessité d’une nouvelle naissance (New Born Again), d’une foi vécue d’une façon sensible, d’un Dieu providentiel toujours présent et attentif à nos destins individuels ; mais elles ajoutaient aussi le désir d’une pensée libre, individualisée (même si elle ne fait que répéter les mêmes choses), surtout d’un entreprenariat pastoral clientéliste – un pasteur = une Eglise.


Une vague pentecôtiste-évangélique s’est développée au sein de l’Eglise catholique où elle a été bien acceptée car elle rejoignait le langage pieux qui y a toujours été valorisée. C’est le Renouveau charismatique apportant sa jeunesse, la foi vécue en couple par de jeunes ménages, ses chants, sa musique moderne, sa gestuelle signifiante, mais aussi quelques uns de ses fondateurs à la limite du sectarisme et de l’intégrisme. Défenseurs de l’orthodoxie doctrinale, des mœurs conservateurs, proclamant le culte marial et une jésulocratie exaltée, l’Eglise catholique ne trouvait rien à redire, sinon le soucis d’un encadrement ecclésial –ce qui fut fait avec le doigté que l’on connaît de la part de cette Eglise qui sait intégrer. Non seulement ces mouvements charismatiques animent aujourd’hui les paroisses, fournissent de bons animateurs liturgiques, mais aussi encore portent au sacerdoce des prêtres célibataires dont l’Eglise a tant besoin.


Côté protestant, on se demandait bien comment les Eglises historiques allaient gérer cet afflux. Au niveau de la Fédération protestante de France (FPF), l’affaire fut facile puisqu’il s’agit à ce niveau de coopter ou non de nouvelles Eglises indépendantes. L’initiative en fut prise par les mouvements évangéliques qui voulaient échapper au qualificatif de sectes et se couvrir d’une notabilité toute protestante. Les statuts de la Fédération sont suffisamment souples et ouverts pour que l’opération puisse se faire sans heurt, au grand bonheur des sociologues protestants qui constatèrent une hausse sensible des effectifs !


Mais l’entrisme se fit aussi au sein de l’Eglise réformée de France (ERF) où l’accueil beaucoup fut plus mitigé. En effet, cette Eglise, ouverte et multidiniste, n’en a pas moins sa propre histoire et évolution, et son style. Elle est issue à la fois d’un double refus ; celui d’une évolution libérale qui était prônée par un Ferdinand Buisson et ses amis au milieu du XIXème siècle (lien) et qui fut stoppée net par le synode nationale des années 1870 où les délégués libéraux ne dépassèrent pas les 40%, et à la fois celui d’un rétablissement de l’orthodoxie calviniste. Les libéraux se réfugièrent dans une exégèse spirituelle : les textes n’ont seulement ne sont pas à lire au premier degré, mais ils n’ont guère d’intérêt historique car c’est l’enseignement de Jésus qui prime dès lors que le Nouveau testament ne permet pas de savoir si les faits mentionnés sont réels ou inventés, si c’est Jésus qui dit ceci ou cela où les disciples ou les évangélistes ou les premières traditions chrétiennes, etc.

 

Une cohabitation toute pacifique s’installa, les libéraux n’étant pas en force suffisante pour imposer une orientation ou quitter le navire pour fonder une autre Eglise. Elle fut d’autant plus aisée que l’ERF accepta en son sein des pasteurs non seulement réformés, mais aussi luthériens, baptistes, voir même unitariens (Mme Lucienne Kirk, ordonnée en décembre 1986 à Kolozsvar par l’Eglise unitarienne de Transylvanie, et qui a exercée son ministère pastoral dans une paroisse ERF des Cévennes jusqu’à son départ aux Etats-Unis en 1990) – sans compter quelques pasteurs déclarant plus ou moins ouvertement leur convictions unitariennes (déclarations publiques pour Pierre Bailleux en Belgique et Pierre Jean Ruff en France). Nous ne pouvons que saluer cette ouverture de ce qui a été une belle Eglise protestante (maintenant Eglise protestante unie de France EPUF depuis son union avec l’Eglise luthérienne en France en dehors de l’Alsace et de la Lorraine).


Ces dernières années, l’ERF a eu à intégrer, au niveau paroissial, de nouveaux venus : des catholiques en rupture de ban avec leur Eglise (des vieux militants écoeurés par la Restauration après le concile de Vatican II, mais aussi de jeunes couples mixtes sur le plan religieux du fait que l’Eglise catholique ne donne pas le mariage à égalité et impose l’éducation catholique des enfants, des remariés, etc.) ; quelques unitariens car les unitariens en France ne disposent pas de paroisse historique ni de groupes locaux ; et enfin de plus en plus d’évangéliques charismatiques. Ils ont en commun de ne pas avoir baignés dans la culture huguenote faite de sobriété, de références historiques constitutives d’une identité vécue douloureusement, de méfiance vis-à-vis d’un extérieur qui leur fut longtemps hostil. Les greffes prennent ou ne prennent pas. Les unitariens et les catholiques contestataires trouvèrent sur place des protestants libéraux habitués à ne pas bouger les lignes, si bien qu’ils s’agitèrent individuellement en ayant la sympathie de ceux-ci, mais non leur soutien.

 

Par contre les évangéliques trouvèrent un écho beaucoup plus favorable : le besoin de cultes plus animés pour être plus attractifs aux jeunes, le besoin aussi de réaffirmer les valeurs chrétiennes afin d’éviter une dilution dans le contexte social, et bien entendu le soutien des nostalgiques des principes du calvinisme, entre autres l’importance de la Grâce providentiel, de la Rédemption nous donnant un Christ incontournable pour notre Salut, une Résurrection qui donne l’espérance, etc. … Sans compter le financement des Eglises locales (même si le pasteur, à l'ERF, reçoit son salaire directement des instances supérieures).


Dans un tel contexte, les libéraux et encore plus les pasteurs de sensibilité unitarienne dérangent, risquent de briser le fragile consensus. A la retraite, on se garde bien de les inviter pour des prêches. La culture paroissiale a ses exigences. L’ERF, maintenant EPUF, n’implosera pas, mais passera d’une Eglise convictionnelle à une Eglise paroissiale et conviviale, de proximité, organisatrice de cérémonies familiales comme l’est déjà l’Eglise catholique. Elle laissera bien entendu ses prophètes s’égosiller individuellement, prêcher le Réveil et la Réformation permanente, une rhétorique qui n’aura aucun effet le jour des synodes.


La mouvance unitarienne, quant à elle, résiste beaucoup mieux à la vague évangélique. D’abord parce qu’elle se déclare « libérale », ce qui hérisse d’emblée les évangéliques : tout de suite ils y déplorent l’absence de résistance à l’évolution des mœurs, l’acceptation du divorce, de l’avortement, de l’homosexualité (et sur la lancée du mariage homosexuel et de l’adoption des enfants), etc. Pour eux, c’est le plus grand laxisme. Il n’y a donc pas de candidat pour un quelconque entrisme !


Ils se heurtent aussi au refus de la Trinité alors que leur profession de foi toute emprunte de jésulocratie en a besoin pour affirmer un Jésus divinisé qui nous sauve par le sang de la Rédemption. Pour les anti-trinitaires évangéliques dont nous avons parlé (lien), ce rôle, avec la même vigueur salvatrice, est placé au niveau d’un Dieu providentiel qui nous a fait des promesses contenues dans les textes bibliques ; Jésus nous envoyant l’Esprit saint lequel devient omniprésent.


Pour eux, les chrétiens unitariens ne sont pas chrétiens car ils ne croient pas au Jésus de la Trinité, doute de la Résurrection et de l’immortalité, de l’existence d’un au-delà après la mort, critiquent la représentation d’un Dieu manifestement anthropomorphique, providentiel à souhait, doutent de la lecture littérale des récits et pratiquent l’exégèse historico-critique, etc.

 

calice_GA_UUA_phoenix_2012.jpg

deux jeunes femmes unitariennes-universalistes allument le calice des unitariens lors de l'assemblée générale de l'UUA à Phoenix en Arizona, en juin 2012

 

Par ailleurs, ils ne comprennent pas l’ouverture des unitariens aux grandes sagesses de l’Humanité et aux non croyants. Là aussi, ils se heurtent à la solidarité des familles unitariennes qui se retrouvent, depuis 1995, au sein d’un réseau mondial, l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), aux bonnes relations entre les Eglises unitariennes de Transylvanie et de Hongrie (nos Eglises historiques datant des Réformes protestantes du XVIème siècle et restées depuis toute protestantes) et l’Unitarian Universalist Association of Congregations (UUA) aux Etats-Unis. En France, en août 2006, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) a souscrit un accord de partenariat avec le Rassemblement unitarien universaliste francophone (RFUU) (lien).


En France, en Italie, en Norvège, etc., les chrétiens unitariens largement majoritaires en ces pays, ont tenu à mettre en place des instances nationales où les unitariens universalistes ont toute leur place ; voir par exemple le Conseil des unitariens et universalistes (CUUF) pour la France, depuis mars 2009 (lien).


Hormis des relations strictement personnelles, il n’y a aucune relation de travail entre les unitariens et les anti-trinitaires fondamentalistes (témoins de Jéhovah, etc.), y compris les nouvelles versions évangéliques de cet anti-trinitarisme. Ouf ! les unitariens sont préservés de la vague évangélique !

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 07:54

" Impensable résurrection " par Henri Persoz, avec une importante préface d'André Gounelle, éditions Passiflores, 2012, 209 p., 6.65 € à la librairie sur la Toile " L'arrêt aux pages.com" (lien).


Présentation du livre par l'éditeur


resurrection_henri_persoz.jpgPour de nombreuses personnes aujourd'hui le christianisme est synonyme de croyance en une vie au delà de la mort. Pourtant, à l'intérieur du christianisme les choses sont assez différentes. Déjà les textes des évangiles sont d'une extrême sobriété à propos de la résurrection de Jésus Christ mais ils le sont davantage encore à propos de la résurrection des morts. Le présent ouvrage présente un panorama des religions et spiritualités méditerranéennes antiques puis un minutieux examen des textes bibliques. Cette étude est présentée dans un langage précis et accessible au plus grand nombre. Pour Henri Persoz, le thème de la résurrection des morts est radicalement secondaire à l'intérieur de la foi chrétienne où le plus important concerne le soin à accorder aux personnes vivantes sur cette terre.

 

Henri Persoz et le professeur Andé Gounelle sont deux personnalités de premier plan de l'association Evangile et Liberté en particulier et du protestantisme libéral en général.

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