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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 21:47

1 - Brahmâ :

Le premier cité de la triade. Le dieu créateur. Les Écritures Sacrées de l’Inde, les Védas, le font remonter directement à l’Etre Suprême. Il est mentionné dans les Veda comme Prajâpati. Non mentionné dans les Brâhmana, mais très présent dans le Mahâbhârata, le Râmayâna et les Purâna.
Ses statues le représentent avec quatre têtes. Brahmâ regarde ainsi dans les quatre directions de l’univers. Ces têtes sont considérées comme l’incarnation des quatre Védas.
Ce dieu est un " deus otiosus " : bien qu’étant le Créateur de toutes les créatures vivantes, il n’y a qu’un seul temple qui lui est totalement dédié, à Pushkar au Rajasthan. Ses fidèles sont peu nombreux, peut-être parce qu’en tant que créateur de ce monde, les choses sont déjà faites et on a plus rien à lui demander !
Le dieu de la sagesse, il n’intervient pas beaucoup, de façon occasionnelle dans les affaires des dieux, et encore plus rarement dans celles des mortels. Il aurait cependant encouragé le Bouddha (l’Eveillé) à enseigner aux humains.
Il vit à Brahmapoura, une cité située sur le mont Meru. Sa monture (vâhana) est un hamsa, une oie ou un cygne. Sa couleur est le rouge.
Contrairement aux deux autres dieux, n’a pas d’incarnations propres (pas d’avatars). Il est le père de Dharma et Atri.

Brahma, jadis, était adoré comme étant le plus important de la trinité ou trimourti, mais, en fait, très peu de temples lui sont consacrés et, de nos jours, le nombre de ses fidèles est extrêmement limité. Ses temples, cependant, respirent la majesté, comme celui de Pushkar (signifiant : Lotus) que nous avons visité après nous êtres pliés avec respect aux rites du lac sacré de cette ville et avoir eu, appliqué sur le front, le point rouge des dévôts. L’explication de cette désaffection pour le culte de Brahma nous a été donnée sous une forme réaliste et, mon Dieu, fort logique, par un Hindou convaincu. " La création, observait-il, est faite, et regardez : on ne peut pas dire qu’elle signifie le bonheur (il avait, en disant cela, une moue d’amertume)! Alors Brahma, vous comprenez, c’est terminé! Il faut penser au présent et à l’avenir. Vishnou, le Conservateur, Siva, le Destructeur, eux, oui, ils sont toujours d’actualité! " Cette déclaration, de sa part, n’était pas sacrilège. Il savait parler d’attributs divins. S’il reniait l’un et le rejetait dans un passé révolu, il n’en était pas moins respectueux des deux autres, et par cette dévotion, de Dieu lui-même !
" (2)

1.1 - Sarasvati
, son épouse, est sa shakti, son énergie. Elle est la déesse de la science, de la connaissance (dont le Créateur a besoin). L’art hindou la représente un luth à la main, montée sur un cygne.

1.2
Dharma, fils de Brahmâ

1.3
Atri, fils de Brahmâ

2 - Vishnu (Vishnou, Vichnou) :

Le " Protecteur " ou " Conservateur " de l’univers, le second attribut ; s
ouvent cité par les Védas, donc dieu extrêmement ancien. Est le plus souvent représenté assis ou couché sur son serpent personnel qui lui sert de siège ou de lit. De ses quatre mains, les deux supérieures tiennent l’une, une coquille ayant la forme d’une conque, et l’autre, un disque. Il a eu 10 incarnations, dont la 9ème est censée être le Bouddha et dont les deux plus importantes sont Rama et Krishna

" De temps en temps il prend pour le bien des humains une forme visible: il s'est déjà incarné 9 fois. et doit s'incarner une 10e : ces incarnations s'appellent avatars. Les 4 premières eurent lieu dans le premier âge du monde, dit Satiayouga, âge d’or, où tous les hommes étaient bons et vertueux; les suivantes, dans le 2e et le 3e âge; la 10e terminera la période actuelle, l'âge noir ou de fer (Kali-youga), et mettra fin à l'existence du monde. Dans les 4 premières incarnations, Vichnou se montra successivement sous la forme d'un poisson; d'une tortue, d'un sanglier, d'un lion. Après avoir ainsi revêtu diverses formes animales de plus en plus relevées, il prit la forme humaine : il fut d'abord le brahme nain, Vamana, puis le brahme guerrier et armé de la hache, Paraçou-Rama, enfin le beau prince Rama, fils de Daçaratha, radjah d'Ayodhia ou Aoude (dont les aventures sont le sujet du Ramayana) ; il devint ensuite Krishna, le bon pasteur le vainqueur de Kansa, et enfin Bouddha, le saint, le sage par excellence. Vishnu lorsqu'il s'incarnera pour la 10e fois, sera le cheval exterminateur Kalki, qui d'un coup de pied réduira le globe en poudre. " (3)

" Vishnu est le premier être qui sorte du sein de la mer primordiale, et alors on le nomme Narayana (celui qui se meut sur les eaux); de son nombril sort un lotus qui porte les 2 autres personnes de la Trimourti (Brahma et Shiva). Il dort et flotte sur les eaux dans l'intervalle des petites destructions du monde : on le représente alors étendu sur le grand serpent Adisécha ou Ananta, qui s'allonge sous son corps en forme de lit, et recourbe ses sept têtes au-dessus de la sienne en forme de dais. " (3)

" D'autres fois il est porté sur un épervier ou sur un aigle. La jeunesse et la vigueur se dessinent dans tout son extérieur; ses statues ont la figure bleue, avec 4 bras et 4 mains : dans une main il tient une massue, dans une autre une roue magique (tchakra), dans la 3e une conque, dans la 4e un lotus; sa tête est ornée d'une magnifique couronne à triple étage en forme de tiare. " (3)

Vichnu est adoré dans l'Inde entière, mais principalement à Djaggernat, où l'on voit des fanatiques se faire écraser sous les roues du char qui porte sa statue.

2.1 - Lakshmi
, son épouse, est née de l’écume de l’océan ; comme Vénus, elle est aussi belle que la déesse grecque. Elle gouverne la richesse et la prospérité [voir le culte de la Sirène - la Mami Water - sur les côtes de l’Afrique occidentale]. Elle préserve la prospérité apportée par Vishnu.

2.2
- Vishnu est aussi Rama

L’épopée de Rama est un très long récit souvent profondément symbolique. Le Ramayana est même, une fois par an, joué dans toute l’Inde au cours de plusieurs jours dont le dernier est un jour de grande réjouissance, le Dusehra. Il correspond au dernier acte de l’épopée, quand Rama est vainqueur de Ravana, le monstre à dix têtes. Le Ramayana est long de 48 000 vers et il aurait été l’œuvre d’un seul et même auteur - Valmiki.

2.2.1
- Rama, naturellement, a une épouse, Sita, qui est considérée, en Inde, comme l’idéal de la femme. Rama et Sita sont les divinités les plus aimées et les plus populaires.

2.3 - Vishnou est aussi Krishna

La 8ème incarnation de Vishnou. Il est le principal héros de l’épopée du Mahabharata, récit beaucoup plus long que le Ramayana puisqu’il comporte 100 000 stances. La paternité en a été attribuée au Sage Vyasa. C’est dans le Mahabharata que se trouve un ouvrage de grande sagesse, la "Bhagavad-Gîta " ou " Chant du Bienheureux ". 

Krishna, enfant ou beau jeune homme, est toujours représenté le corps et le visage bleus. Il tient à la main une flûte ou en joue. Il est, pour les hindous, le symbole de l’amour personnel humain. Il est le dieu le plus aimable et le plus compréhensif. À cet égard, il est un idéal souvent représenté dans les danses, les sculptures ou les peintures et la musique hindoue s’inspire largement de lui. Pour les jeunes filles, il est l’homme idéal, l’amoureux dont elles rêvent. Krishna, enfant, était un bon petit diable qui joua bien des " tours " à sa mère. Mais ce sont surtout ses jeux amoureux avec les bergères qui ont le plus de célébrité. Un dieu bien humain que Krishna, un dieu qui peut tout comprendre, ce qui explique pourquoi tant de fidèles lui rendent un culte et se confient à lui. Il est aussi, par beaucoup, dont les dévôts de Krishna, considéré comme l’incarnation de l’Etre Suprême.

Comme pour Jésus, il est né d’une vierge immaculée (
mais l’emprunt va dans quel sens ?) ... et lui aussi n'a pas d'épouse. 

Il est devenu célèbre même en Occident grâce à ses dévots portant une robe de couleur safran, qui vont, la tête rasée, à l’exception d’une touffe de cheveux et s’accompagnant de tambourins, dansent et chantent : Hare Krishna ! (Vive Krishna). La touffe de cheveux est gardée pour permettre à Krishna, au moment du décès, de saisir ses fidèles et de les élever jusqu’à lui.

3 - Shiva

Le troisième attribut de l’être suprême.
Il est le destructeur, le Maître de la mort, de la peste, de la guerre et de catastrophes telles que la sécheresse ou encore les inondations. Le dieu qui, plus que les autres, se charge de punir par la mort ceux qui s’écartent de ce qu’il convient de faire ; mais aussi de mettre fin aux punitions (= les catastrophes naturelles et humaines).

belle scène familiale très édifiante (la Sainte famille !) avec Shiva (et son trident, la force du mâle), Parvati (l'idéal de la femme au foyer) et le petit Ganesh, doté d'une tête d'éléphant à la suite d'une histoire rocambolesque ... et oedipienne !

" Mais Siva n'est pas craint. Il est vénéré, car, comme beaucoup d'Hindous nous l'ont souligné, il est le dieu qui détruit le mal, qui détruit ce qui est nuisible à l'homme et à son évolution ou salut, c'est-à-dire qui l'empêche de sortir de la roue des réincarnations. Siva est, par conséquent, avant tout, le destructeur des mauvaises actions, des mauvaises pensées, en un mot, du mal."

" Un point important est ici à souligner en ce qui concerne Siva. Certes, on peut considérer que l'adoration de ses fidèles a pour but de l'apaiser par des sacrifices et des louanges, mais cela se rapporte aux calamités et aux catastrophes ou aux maladies qui frappent ou peuvent frapper l'ensemble de la population. Cette forme d'adoration est semblable à celle que l'on pratique ailleurs, même chez les Chrétiens, pour demander à Dieu la paix, la santé ou une protection. Cette conception est peu connue, on ne la lit jamais dans aucune étude d'érudits, et elle méritait que j'en fasse état pleinement à votre intention, car Siva, vu de cette façon, est un attribut de l'Etre Suprême qui répond à un réel besoin de l'homme, en tant que créature en évolution. " (2)

Il n'a pas de résidence, bien qu'il se tienne souvent dans l'Himalaya, au sommet du mont Kailara, pour méditer sur le châtiment qui lui a été infligé par son divin collègue, Brahmâ, dont, dans une colère, il avait abattu une tête, et qui l'oblige à errer dans le temps.

Il est reconnaissable par des boucles de serpent enroulées autour de lui ou bien des peaux de tigre autour du corps ou encore un œil au centre du front (cyclope). On le voit aussi tenant une coupe creusée dans un crâne humain, ou muni d'un trident et, parfois, d'une hache de guerre. Shiva a une monture célèbre qui permet également de le reconnaître facilement dans les sculptures. C'est Nandi, le taureau sacré. De même il est reconnu par
le lingam ou phallus, emblème de l'organe sexuel masculin représentant l'énergie cosmique, la force de la création. Dans l'Inde méridionale, Shiva est représenté fréquemment en " danseur cosmique ", Nataraja.

" Le culte à Shiva est impressionnant. Nous y avons participé le 24 septembre, près d'Udaipur, dans un temple très fréquenté. C'est à l'heure fixée, 17 h 30, que les portes furent ouvertes. Les fidèles se précipitèrent et nous dans les derniers. Comme tous les fidèles, nous avions acheté des fleurs et, parvenus devant le lingam entouré de guirlandes florales, nous les avons jetées accompagnées d'une roupie, c'est la coutume, et elle s'explique, comme nous le verrons plus tard — nous avons placé nos mains face à face devant notre poitrine, puis devant notre visage et, sans le dire nous-mêmes, nous avons baigné dans les vibrations du mot " Siva! Siva! " qu'à voix haute, en passant devant le lingam, prononçaient les Sivaïstes, chacun seul avec lui-même et avec le dieu, dans une concentration intérieure que je n'ai jamais constatée aussi intense qu'en Inde, même chez l'homme de la rue, au moment de sa prière. Je reviendrai sur ce point et sur ce que représente le temple pour l'Hindou. Il y reste peu de temps, l'espace d'un salut au dieu, le véritable culte étant rendu chez soi, chaque jour, matin et soir, devant l'autel ou sanctum familial, et cela est valable pour tout l'Orient, y compris pour les Tibétains. " (2)

3.1
- Parvati, épouse de Siva ; de toutes les déesses de l'hindouisme, c’est la plus puissante. Elle est désignée par de nombreux qualificatifs. Considérée d'humeur bienveillante, c’est une femme belle et attachée à son époux, près de qui elle est représentée dans une attitude aimante. Elle lui apporte son énergie.

3.1.1 - Mais elle devient aussi la reine des batailles tenant à la main les armes qui vont lui permettre de châtier. Elle est alors la terrible Durga.


" Nous étions à Darjeling et, dans le Sikkim, à Gangtok, les 21 et 22 octobre, au moment culminant des fêtes en l'honneur de la déesse Durga. Tous ses dévots portaient, collé sur le front, du riz coloré et ils suivaient cette coutume pendant trois jours. Le dernier, dans la soirée, après la joie et... les ultimes libations de la journée, l'effigie de la déesse est brûlée dans le vacarme des pétards, et cela marque la fin de la grande puja (cérémonie, fête) de Durga. Les cris de joie et tout le bruit de la fête ressemblent à tout de que l'on voit, dans des circonstances similaires, sous d'autres latitudes, et nous l'avons compris en entendant, le dernier jour, le vacarme qui présidait à la destruction de la déesse Durga, à peu de distance de notre hôtel de Gangtok... " (2)

ici, Durga-Puja avec les attributs guerriers de son époux Shiva !

" Autrefois, des rites propitiatoires barbares lui étaient réservés. Ils n'ont plus cours nulle part, pour aucun dieu, sauf, ce qui est étrange et surprenant, dans le pacifique Népal où, en certaines occasions — ce fut le cas le 14 octobre, alors que nous étions à Kathmandou. Ce jour-là, en l'honneur de Durga, chaque famille avait procédé au sacrifice sanglant d'un animal… " (2)

3.1.2 -
Parvati peut encore apparaître sous l'aspect de la déesse Kali, qui a vaincu le temps, la très redoutable et noire Kali. Sa langue rouge assoiffée pend dans son visage noir. Elle porte un collier de crânes. Il faut l'apaiser par des guirlandes de fleurs.

" Au sujet de Kali, n'oublions pas qu'elle a été la bonne et tendre Mère Divine à laquelle se référait constamment le grand Rama krishna *. Elle avait été, pour lui, au début, " la terrible ", mais il l'avait comprise et, par son amour, conquise, au point qu'elle était devenue à jamais sa " tendre mère ", sa préoccupation de tous les instants." (2) * qui fut fondateur d’un ashram

3.2 Ganesh, le fils unique de Shiva et de Parvati, doté d'une tête d'éléphanteau.

"Parmi les dieux importants, je citerai encore Ganesh, fils de Siva et de Parvati. C'est un dieu fort sympathique et attendrissant.

Ayant eu la tête tranchée par son père, dans un moment de colère - il avait osé, pour obéir aux ordres stricts de sa mère, interdire à Shiva l'entrée des appartements de Parvati, et celle-ci avait inclus son mari dans les ordres donnés. Sur les supplications de son épouse, Shiva accepta de le ressusciter et de placer sur les épaules de son fils la tête de la première créature vivante que ses gardes trouveraient sur leur chemin. Ce fut la tête d'un petit éléphant et le bon et fidèle Ganesh revint à la vie avec cette tête nouvelle. Je l'ai dit, tel qu'il est, il est attirant et émouvant. Mais il est aussi le dieu de la prudence, de la prospérité et, surtout, de la sagesse." (2)

3.3 Rudra, une forme terrible de Shiva dans le shivaïsme, souvent représenté tout en bleu.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 20:46

par Jean-Claude Barbier, janvier 2009


Sources documentaires :

(1) Wikipedia : articles "triades", "trimourti", "hindouisme", "civilisation de l’Indus", etc.

(2) tradition-mystique.net, lien

(3) cosmovisions.com, lien


La tri-moûr-ti (en sanscrit = trois formes) est la "trinité" chez les hindouistes, c'est-à-dire une forme unie de Brahmâ, Vishnu et Shiva. L’Etre suprême se manifeste d’abord en une entité unique représentant les trois principaux dieux. Ceux-ci sont représentés côte à côte et à égalité dans une même iconographie, assis ou débout, et symbolisent les attributs principaux.


de gauche à droite : Brahmâ reconnaissable à ses 4 têtes qui symbolisent les 4 points cardinaux, Vishnou au centre, reconnaissable par sa tiare fastueuse et faisant tourner une roue magique (tchakra), et Shiva avec ses armes de chasse et de guerre et une conque marine évoquant son pouvoir sur l'océan ; tous les trois à égalité, auréolés et les pieds sur fleur de lotus.

Ces déités hindoues majeures sont considérées comme ayant la même origine : elles sont écloses d’un même œuf.
La divinité suprême qui se fait triple pour présider aux différents états de l'univers : la création (avec Brahmâ), la préservation (avec Vishnu) et la destruction (avec Shiva).


D'un point de vue historique, la Trimûrti succède à la trinité védique formée d’Agni, Vâyu et Sûrya, les trois aspects du Feu sacrificiel (et donc elles aussi de même origine).


Un guide hindouiste du Taj Mahal... " En anglais, dit-il, Dieu se dit God. Eh bien, écoutez : G désigne le " Générateur ", le " Créateur " : c’est Brahma. O désigne " l’Observateur ", celui qui observe pour conserver et maintenir - le " Conservateur ", c’est Vishnou. D désigne le " Destructeur " et c’est Shiva. Et ces trois dieux, cette trinité, c’est toujours le même Dieu, c’est " God ! ". Le Dieu unique dans ses trois actes ou attributs fondamentaux : la création, la conservation et la destruction ... (2).


Dans le cas du shivaïsme, c’est le culte de Shiva (dont Rudra, une forme terrible de Shiva) qui est mis en avant, mais toujours dans le cadre de la trimoûrti.


Shiva est ici au centre et mis en avant avec ses armes (coutelas et trident)

Leur sont associés, à chaque déité, leur parèdre, c’est à dire leur femme, symbolisant l'énergie, le mouvement, tandis qu'eux mêmes représentent la matière, l'inertie.

- Brahmâ (1) & Sarasvati (1.1) , parents de Dharma (1.2) et d’Atri (1.3).

- Vishnu (2) & Lakshmi (2.1) ; Vishnu qui est aussi sa 7ème incarnation sous la forme de Rama (2.2) & Sita (2.2.1.) ; mais aussi (8ème) sous la forme de Krishna (2.3. , qui n’a pas d’épouse) ; mais aussi (9ème) Bouddha (2.4., qui n’a pas d’épouse).

- Shiva (3) & Parvati (3.1.) ; laquelle est aussi Durga (3.1.1) et Kali (3.1.2). Shiva et Parvati sont parents de Ganesh (3.2) ; Shiva qui est aussi Rudra (3.3)

Les numéros renvoient au texte suivant : "Brahma, Visnu, Shiva et les autres"

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 18:25

par Jean-Claude Barbier, janvier 2009

Des triades de divinités majeures sont apparues dans les sociétés indo-européennes. Selon la thèse de Georges Dumézil, elles reflèteraient, au niveau du sacré, les fonctions tripartites autour desquelles s’organisent des sociétés : religieuse liée au sacré (avec un clergé, un droit enraciné dans le sacré), politique et militaire liée à la force, enfin productrice liée à la fécondité.

On peut penser aussi à la valeur symbolique du chiffre trois : son rôle en géométrie avec les figures du triangle et du cercle, sa connotation culturelle par exemple dans la Bible (les trois étrangers qui se présentent à Abraham, les trois mages qui viennent adorer l’enfant, etc.).

Les triades fonctionnent comme des matrices symboliques qui servent à coordonner les puissances surnaturelles existantes à partir d’un premier pôle dominant.

La Rome antique a hérité de la triade ombrienne avec Jupiter (signe de souveraineté), Mars (manifeste la force guerrière) et Vofionus ; triade remplacée par la pré-capitoline avec l’hégémonie latine : Jupiter, Mars, Quirinus (qui prend en charge la production et la fécondité), puis par la capitoline, vénérée sur la colline du Capitole et qui comprend Jupiter déjà cité et qui garde son rôle, Minerve, déesse de la sagesse mais aussi de la guerre aux attributs guerriers (égide, lance) qui prend la place de Mars pour incarner la force guerrière, et Junon, qui, quant à elle, symbolise le mariage lorsqu'elle est représentée recouverte de voiles ou est associée à la fécondité lorsqu'elle en tient l'emblème, une pomme de grenade.

Dans la mythologie germanique et nordique, la triade est représentée par Odin, en position de dieu suprême et représenté borgne, Tyr ou Thor, le dieu de la Guerre porteur d’un marteau, et Freyr, qui représente la vie et la fertilité en brandissant un épi (voir sur le site de Wikipedia, à l’article sur les triades, une tapisserie suédoise du XIIème s. représentant les trois rois mages avec les attributs des anciens dieux scandinaves !)


Dans la mythologie celtique, la triade, attestée par le poète latin Lucain, aurait été composée de Taranis, Esus et Teutatès.

L’hindouisme présente la célèbre trimûrti (
= trois formes en sanskrit) avec les dieux Brahmâ, le créateur, Vishnou, associé à la conservation et à la protection, et Shiva symbolisant la destruction. Cette trimûrti succède à la triade védique formée d'Agni, seigneur du feu sacrificiel et du foyer, d’Indra, divinité de la guerre et incarnation de la force et de Sûrya qui incarne le soleil et la génération (il est le père du premier homme).

batik moderne représentant la trinité hindouiste (la Trimourti), inspiré par les gravures découvertes au site "Elephant caves".

On retrouve la triade dans la théologie chrétienne avec le dogme trinitaire réunissant en une seule personne : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit (en succession de la formule ternaire du Nouveau testament : le Père, le Fils et le Saint-Esprit).

Le mot " trinité " n’appartient pas au vocabulaire du Nouveau Testament, ni au dogme originel des premières communautés chrétiennes. On trouve le mot grec "trias", qui signifie "trois", 
utilisé à propos des trois Personnes divines, pour la première fois (vers 180) dans les écrits de Théophile d’Antioche (À Autolycus, II, 15). C’est Tertullien (dans les premières années du IIIème siècle) qui introduit le terme Trinitas dans le lexique théologique latin (Contre Praxeas). C'est avec l'arianisme, au début du IVe siècle, qu'enfle la polémique, et l'usage du mot.

A noter que, dans les deux derniers cas, il ne s’agit plus d’un simple trio (trois divinités regroupées mais restant distinctes) mais d’une fusion mystique de trois divinités qui sont non seulement présentées ensemble mais qui sont désormais indissociables – une seule personne dans le cas de la trinité chrétienne, comme la clef de voûte d’une coupole trilatérale.

Il n'est pas interdit de penser que cette trinité chrétienne est un geste empreint de syncrétisme, un dogme nécessaire au moment ou le christianisme se répand dans l'empire romain, qui concilie triade capitoline et monothéisme sémitique par le biais d'une seule substance en trois personnes.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 10:22

par Jean-Claude Barbier, janvier 2009

 

Le polythéisme répond aux besoins d’un peuplement humain hétérogène où chaque élément apporte sa ou ses puissances surnaturelles protectrices (animaux totémiques, ancêtres, esprits, divinités, etc.). Il va dans le sens d’une intégration sociale et mise sur la tolérance : les puissances surnaturelles apportées par autrui sont partagées. Voir l'aventure biblique de Jonas où tous les marins et passagers du bateau prient leurs dieux.


" IHVH soulève un grand souffle sur le mer. Et c'est une grande tempête. Le navire pense être brisé. Les marins frémissent. Ils clament, chaque homme vers son Elohîm [= dieu]. Ils projettent les objets du navire dans la mer pour s'en alléger. Iona [notre prophète Jonas] descend aux soutes du vaisseau. Il se couche et s'endort. Le grand navigateur s'approche de lui et lui dit : "Qu'as-tu, endormi ? Lèves-toi ! Crie vers ton Elohîm. Peu^-être l'Elohîm se ravisera-t-il pour nous, et nous ne serons pas perdus ". La finale de l'histoire est tolérante (ce qui est rare dans la Bible !) puisque Dieu pardonnera aux gens de Ninive bien que ceux-ci soient polythéistes !
 

Ces puissances surnaturelles peuvent être simplement juxtaposées (cas des religions coutumières en Afrique noire et du Vaudoun), mais elles peuvent aussi être coordonnées selon plusieurs schémas :


- une cohabitation pacifique des dieux dans les mêmes lieux de culte : toute protection divine est bonne à prendre et il n'y a donc pas d'incompatibitié. Chaque marin à bord du bâteau que le prophète Jonas a pris pour tenter de fuir Ninive, prie son propre dieu afin d'apaiser la tempête et s'étonne fort que Jonas n'en fasse pas autant !

Le panthéon (en grec : pan = tout, theos = dieu) est un temple où les Grecs et les Romains réunissaient tous leurs dieux. A La Mecque, la Kabba était un sanctuaire où nomades et commerçants pouvaient déposer leurs propres puissances protectrices.
Il désigne aussi l’ensemble des dieux d’une mythologie ou d’une religion lorsque ceux-ci sont mis en relation.
Par extension, on appelle Panthéon un monument où sont déposés les corps des hommes illustres d'une nation. Le peintre Raphaël initia cet usage en 1520 en reposant au Panthéon de Rome, exemple qui fut suivi au Panthéon de Paris et en d'autres lieux.

- L’hénothéisme (terme forgé par l’historien allemand des religions F. M. Muller 1823-1900) admet une pluralité de dieux mais aussi leur hiérarchisation par un dieu ou une entité suprême (le Zeus des grecs, le Jupiter des Romains, etc.). Une telle hiérarchisation peut résulter d’une centralisation politique : un dieu se retrouve en position dominante, par exemple Mardouk, dieu de Babylone, érigé en dieu suprême à la suite de l’hégémonie régionale de Babylone sur les cités sumériennes.

- les dualités : Le taoïsme est connu pour sa philosophie des contraires qui sont étroitement complémentaires, indissociables. Il rejoint la pensée duelle * en usage dans des populations anciennes (chez les Amérindiens étudiés par l'ethnologue Claude Lévy-Strauss ou encore des populations d'Afrique noire étudiées par d'autres, comme par exemple les populations Sara du Tchad), qui, en distinguant les choses et en les localisant géographiquement et socialement à des places bien précises, est fondatrice d'un ordre loin de l'indifférenciation du chaos primordial. La pratique de la circoncision et de l’excision en Afrique du Nord-Est et au Moyen-Orient va dans ce sens - avec dans le cas présent une mise à nue chirurgical des sexes afin d'éviter toute confusion possible. Le zoroastrisme introduit le dualisme religieux, avec la lutte entre les puissances du Bien et celles du Mal.
* Elle s'appuie sur des catégories qui se répondent : le jour et la nuit, le soleil et la lune, le froid et le chaud, le cuit et le cru, le village et la brousse, le masculin et le féminin, la droite et la gauche, le sacré et le permis, le pur et l'impur, etc.

- les triades indo-européennes conçoivent trois divinités à la tête de la hiérarchie des entités surnaturelles, lesquelles sont toujours citées en premier (cas des triades gréco-romaines), ou bien toujours associées (rarement présentées seules) ou encore dites de même origine (le feu ou un oeuf primordial dans le cas védique). Pour la trinité chrétienne, c'est le même dieu - Dieu - en trois personnes.


Par opposition aux pratiques polythéistes, on a la
monolâtrie qui est un culte exclusif rendu à un seul dieu, unique protecteur d'une cité ou d'une nation, mais sans qu’il y ait pour autant négation de l’existence des autres dieux - cas par exemple du dieu de l'Ancien Testament qui veille sur son peple élu) et, plus radical, le monothéisme qui, lui, affirme l’existence d’un seul Dieu - les autres dieux, comme l'affirme la Bible, étant fait de mains d'homme ... Ce monothéisme peut rester tribal : c'est "mon" dieu qui est Dieu, le seul dieu valable (ben voyons !), et à ce moment là il risque de devenir impérialiste en étant imposé aux autres, ou bien il est un Dieu d'emblée universel, non approprié, non révélé à certains et pas à d'autres, celui par exemple que présentera le théisme au Siècle des lumières.

 

Ces mises en relation des dieux entre eux sont facilitées par la plasticité des êtres surnaturels, lesquels échappent par définition à la matérialité de la nature humaine, au temps et à l’espace.

 
- les relations familiales à l’exemple des humains : enfants, épouses, etc. Les mythes, les légendes et l’iconographie s’en donnent à cœur joie pour tisser de tels liens. Dans l'Antiquité, les villes étaient créées sous l'égide d'un dieu protecteur de la ville (" divinité polyade "), et le fondateur s'enorgueillissait d'être le fils d'un dieu (surtout chez les Grecs). En hindouisme, tous les dieux ont une épouse (unique) puisque la manifestation exige pour être une double polarité — le masculin et le féminin.

- les équivalences : par exemple entre dieux grecs, égyptiens et romains. Les panthéons ethniques et nationaux s’enrichissent selon leurs relations extérieures, les immigrations, etc. Jésus est comparé à Bacchus dans les noces de Cana, à un dieu suprême dans le Christ Pantocrator, etc.

- les adoptions : les Egyptiens adoptèrent Astarté, les Romains Isis, les Grecs modifièrent le panthéon des autres peuples pour le coller au leur, les Phéniciens accueillirent Hathor (Dame divine de Byblos), les Asiatiques possédaient tous un Bâal national, les Carthaginois adoptèrent les dieux grecs, etc.

- les apparitions : cas du culte marial avec apparitions sous une forme différente à chaque nouveau lieu : Gitans, Indiens, Pyrénéens, Parisiens, Portugais, etc., peuvent ainsi avoir leur Vierge à eux !

- les avatars : contrairement aux humains, les puissances surnaturelles peuvent apparaître sous plusieurs formes endogènes (hindouisme) et exogènes (divinités vodoun mises en parallèle avec les puissances chrétiennes – Marie, les saints, Lucifer - et avec les divinités de l’hindouisme par exemple – à partir des milieux humides – Dan divinité des milieux lagunaires au Sud-Bénin, Nana Buruunku cooptée par le vodoun et Ganesh de l’hindouisme). 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 09:39

par Jean-Claude Barbier


Même si les religions se présentent comme un ensemble didactique, elles n’en sont pour autant des œuvres de philosophie. Elles n’ont pas la cohérence d’une œuvre pensée par un seul auteur, développée tout au long de sa vie, léguée à la postérité. Les Ecritures "saintes" sont l’oeuvre de multiples auteurs et leur transmission – par des scribes – n’a pas été exempte d’ajouts, voire des rectifications sur des points jugés non orthodoxes.

En cela l’hindouisme offre un exemple particulièrement éloquent d’empilement au cours des âges de diverses strates. C’est avons donc à faire à un corpus religieux profondément hétérogène, mais que le temps a patiné et qui a généré une mise en relation de cultures au début différentes et qui se sont progressivement harmonisées entre elles. Il en résulte une certaine unité culturelle par osmose où les éléments originaux, remaniés, se sont intégrés avec fluidité.


Réputée pour être une religion sans dogme, l’hindouisme n’en présente pas moins une architecture englobant les rituels, les cultes, les cérémonies, les comportements, les philosophies, et comportant des points de repère qui en facilitent sa compréhension. L’étude de cette religion nécessite – comme pour toute étude de religion – une analyse de ses diverses parties, tout en sachant que "tout est lié", à commencer par le vécu de la religion par le fidèle.


Une première approche consiste à identifier les diverses strates religieuses qui, par empilement, ont contribué à former l’hindouisme d’aujourd’hui. Cette méthodologie diachronique permet un premier repérage et d’avoir une première idée de la constitution de ce corpus religieux. Nous utiliserons comme source, l’encyclopédie électronique Wikipedia.

Même si les populations autochtones de l’actuel sous-continent indien ont très certainement apporté leur contribution (1), il semble bien que ce soit ce qu’on appelle la civilisation de l’Indus qui ait été introductrice de la dynamique religieuse qui aboutira à l’hindouisme.


(1) Des abris sous roche peints à l'âge de pierre ont été trouvés à Bhimbetka dans le Madhya Pradesh (centre de l’Inde) ; elles constituent les traces connues les plus anciennes d'implantation humaine en Inde, soit – 9000 ans. Les anthropologues pensent qu'elles relèvent de populations de type veddoïde, appelée aux Philippines "negritos" (un vieux fonds de Noirs de petite taille, mélangés avec des populations asiatiques). Certains historiens pensent que les populations dravidiennes du nord, dont les Brahouis actuels seraient les derniers descendants, ont joué un rôle dans la civilisation de l’Indus.

Le fleuve Indus traverse le Pakistan actuel du nord au sud. La civilisation de l'Indus débordait sur les actuels Afghanistan, Iran et Inde.


La civilisation rurale du Balouchistan (à partir des années 6 500 av. J.-C.)


La civilisation de l'Indus a été précédée par les premières cultures agricoles de l'Asie du Sud qui sont apparues dans les collines du Balouchistan, à l'ouest de la vallée de l'Indus. Le site le mieux connu de cette culture est Mehrgarh, datant des années - 6500. Ces là que les premiers fermiers maîtrisèrent le blé et domestiquèrent une grande variété d'animaux, en particulier ceux constituant le bétail. La poterie y était utilisée vers – 5500. La civilisation de l'Indus s'est développée à partir de cette base technologique, en se répandant dans la plaine alluviale de ce que sont, de nos jours, les provinces actuelles pakistanaises du Sindh et du Penjab.


La civilisation pré-harappéenne (autour de 4000 av. J.-C.)


Ce développement rural de qualité va permettre la formation de premières agglomérations. C’est une période qu’on appelle pré-harappéenne (du nom du site archéologique d’Harappa dans le Pandjâb ; le site de Mohenjo-Daro en Hindoustan a fourni lui aussi de nombreux témoignages dans ses couches les plus anciennes). Les premières strates des villes de la civilisation de l'Indus témoignent de cette amorce urbaine. Des réseaux commerciaux les relient aux cultures régionales parentes.

A cette époque, les villageois continuent leurs progrès. Ils domestiquent un grand nombre d'espèces végétales dont les petits pois, les pois chiches, les grains de sésame, les dattes et le coton. Ils élèvent désormais le buffle, un animal qui reste essentiel à la production agricole dans toute l'Asie actuelle. On note également un commerce avec des sources de pierres précieuses, telles que le lapis-lazuli et autres pierres fines utilisées dans la fabrication de perles à collier.


Cette civilisation précède les migrations des peuples indo-européens. Elle n’est donc pas encore marquée par le védisme. L'écriture pictographique, attestée sur un grand nombre de sceaux, n'a pas été encore déchiffrée. Au regard des connaissances actuelles, il semble peu probable qu’elle ait un lien quelconque avec l’écriture brahmi.


Nous y retrouvons le culte de la Grande Déesse. On a dégagé dans une habitation une statuette représentant une figure féminine à demi-nue (1) qui est l'effigie de la Grande-Mère commune, dispensatrice de vie. Cette divinité maternelle (représentée enceinte et dotée d'une ample poitrine) symbolise l'origine du maintien de la vie. Au vue d’innombrables autres figurines, ce culte était répandu. Les types de figurines les plus récentes ressemblent à Kâlî-Durgâ. On est bien là dans une période pré indo-européenne puisque aucun peuple "aryen" n'a élevé une divinité féminine au rang suprême qu'elle avait dans la civilisation découverte à Mohenjo-Daro et que détiennent aujourd'hui Kâlî et Durgâ dans l'hindouisme

(1) l’un des noms de la Grande Déesse de l'hindouisme est Aparnâ qui signifie " celle qui est sans vêtement de feuilles ", c'est-à-dire " qui est nue ".


Egalement découvert à Mohenjo-Daro, la statue d’un dieu qui pourrait être considéré comme un prototype de Shiva. Le dieu y est figuré dans la posture spécifiquement yogique. C’est là la première représentation plastique d'un yogin. Sir John Marshall le décrit en ces termes : " le Dieu qui a trois visages, est assis sur un trône bas indien dans une attitude caractéristique du yoga, avec les jambes sous lui, talons contre talons et orteils tournés vers le bas […]. Sur sa poitrine un pectoral triangulaire ou peut-être une série de colliers […]. Le phallus est à découvert (ûrdhvamedhra), mais ce qui paraît le phallus pourrait n'être, en réalité, que le bout de la ceinture. Une paire de cornes couronnent sa tête. De part et d'autre du dieu se trouvent quatre animaux, un éléphant et un tigre à sa droite, un rhinocéros et un buffle à sa gauche. Derrière le trône sont deux cerfs… "


Un des derniers auteurs à s'être prononcé sur la question, Suart Piggot, écrit de son côté : " Il n'y a pas de doute que nous avons ici le prototype du grand dieu Shiva en tant que Seigneur des bêtes fauves et Prince des yogins. Peut-être a-t-il été conçu avec quatre visages et regarde-t-il avec ses quatre animaux dans les quatre directions de la terre. Ceci rappellerait même l'éléphant symbolique, le lion, le cheval et le taureau des colonnes maurya du IIIe siècle av. J.-C., à Sarnath. Les cerfs du trône du dieu marquent un autre trait d'union significatif avec la religion ultérieure et avec Sarnath; car, placés d'une manière similaire, ils sont les compagnons inévitables du Bouddha dans les représentations du Sermon du Parc des Cerfs ".


L’iconographie chrétienne aurait-elle repris cette disposition des animaux aux 4 points cardinaux avec le lion pour l’évangile de Marc, le taureau pour celui de Luc et l’aigle pour celui de Jean (pour Matthieu, c’est un livre !) ?

Au culte de la Déesse Mère, s’ajouterait le phallisme (avec la représentation du phallus de la divinité en érection ; on parle d’un dieu génésique – qui donne la vie), la zoolâtrie (la sacralisation d’animaux), et un culte des arbres (l'arbre pipal, si typique de l'hindouisme) et des eaux (1), c'est-à-dire des éléments qui entreront plus tard dans la grande synthèse hindouiste. A noter aussi des représentations de l'homme-saint dans la position de l’âsana pratiquant, peut-être de l'ekâgratâ

(1) le plan de la cité de Mohenjo-Daro montre l'importance d'une Grande piscine (Great Bath), ce qui nous rappelle étrangement les "piscines " des temples hindous de nos jours.


La religion harappienne, d'après sir John Marshall, est si spécifiquement indienne qu'elle se distingue à peine de l’hindouisme.


la civilisation urbaine de l’Indus (- 2600 – 1900 av. J-C.)


Autour de - 2600 (IIIème millénaire av. J.-C.), quelques sites pré-harappéens se développent en cités, abritant des milliers d'habitants, essentiellement des agriculteurs. Par suite, une culture unifiée apparaît dans toute la zone, aplanissant les différences régionales de sites éloignés de plus de mille kilomètres. Cette émergence est si soudaine que les premiers chercheurs ont pu penser qu'elle résultait d'une conquête extérieure ou d'une migration. Depuis, les archéologues ont fait la preuve qu'elle est issue de la culture pré-harappéenne qui l'a précédée. En fait, il semble que cette soudaineté soit le résultat d'un effort délibéré, planifié. Par exemple, quelques sites paraissent avoir été réorganisés pour se conformer à une planification réfléchie. C'est la raison pour laquelle la civilisation de l'Indus est considérée comme la première à avoir développé une planification urbaine.


L’Indus s’appelle Shindu ; la vallée de l’Indus englobe aussi le Sarasvatî, fleuve parallèle à l’Indus, aujourd’hui asséché, mais dont les rives supportèrent de nombreuses cités (celles qui seront mentionnées dans les plus anciens récits védiques).


Il s’agit d’une grande civilisation de l'Antiquité dont l'aire géographique s'étendait principalement le long du fleuve Sarasvati, et qui se situait entre les actuels Pakistan, Pendjab, Rajasthan et Sind, c'est-à-dire dans la zone de l'Indus actuel. À ce jour, sur les 1 052 sites qui ont été découverts, plus de 140 se trouvent sur les rives du cours d'eau saisonnier Ghaggar-Hakra. D’après certaines hypothèses, ce système hydrographique, autrefois permanent, arrosait la principale zone de production agricole de la civilisation de l’Indus. Parmi ces sites, on compte de nombreuses villes comme Dholavira, Ganweriwala, Harappa, Lothal, Mohenjo-daro et Rakhigarhi.


La plupart des autres sites se situent le long de la vallée de l’Indus et de ses affluents mais on en trouve aussi à l’ouest jusqu’à la frontière de l’Iran, à l’est jusqu’à Delhi, au sud jusque dans le Maharashtra et au nord jusqu’à l’HimalayaÀ son apogée, sa population pourrait avoir dépassé cinq millions


Cette civilisation de l’Indus atteindra son apogée entre le XIXe et le XVIe siècle. Elle se range parmi ses contemporaines, la Mésopotamie et l’Egypte ancienne, comme l’une des toutes premières civilisations, celles-ci étant définies par l’apparition de villes, de l’agriculture, de l’écriture, etc. Si elle n’est pas la première civilisation antique, la Mésopotamie et l’Égypte ayant développé des villes peu avant, elle est cependant celle qui connaît la plus grande extension géographique.

Le déclin à partir de 1900 av. J.-C.


Durant 700 ans, la civilisation indusienne fut prospère et ses artisans produisirent des biens d'une qualité recherchée par ses voisins. Puis aussi soudainement qu'elle était apparue, elle entra en déclin et disparut. Pire, elle fut d’autant plus oubliée qu’elle n’a pas laissé de monuments prestigieux comme le firent les anciens Egyptiens et les Mésopotamiens. Ce sont les archéologues qui la redécouvrent dans les années 1920.


Ce déclin fait suite à l’assèchement du Sarasvati aux alentours de - 2200. Les textes védiques évoquent ce changement climatique. Vers - 1900, des signes montrent que des problèmes apparaissent. Les gens commencent à quitter les cités. Ceux qui s'y maintiennent semblent avoir des difficultés à se nourrir. Autour de – 1800, la plupart des cités ont été abandonnées.


Mais il y a aussi le contexte commercial de l’époque qui se modifie. L'âge d’or du commerce inter iranien, marqué par la présence de nombreux " trésors " (coupe sur pied et bol tronconique) et riches métropoles  semble prendre fin vers -1800 à -1700 av. J.-C., au moment même où les textes mésopotamiens cessent de parler du commerce oriental. Les grandes agglomérations de Turkménie orientale (Altyn-depe et Namazga-depe) sont abandonnées et les grandes métropoles de la vallée de l’Indus disparaissent. Dans l'aire correspondant à la civilisation de l'Indus, le processus de décadence s’accentue avec la disparition des éléments le plus caractéristiques de l’unité harappéenne : l’écriture, les sceaux ou les poids. De nombreux éléments survivent pourtant au long du IIème millénaire av. J.-C. dans les régions orientales et méridionales de la zone.


Enfin, les populations indusiennes vont se trouver dominées militairement par des tribus aryennes en provenance du Caucase ou de l’Asie centrale. Elles sont nomades et mieux armées ; elle dispose aussi d’un embryon de clergé qui s’appuie sur des textes sacrés, les Véda. Vers - 2000, la civilisation de l'Indus est en état défensif ; peu de temps après, une partie de Harappâ fut incendiée par des envahisseurs descendus du Nord-Ouest. Ces barbares n'étaient pas encore des Indo-Européens, mais leur invasion fut sans doute en relation avec le mouvement général de l'Ouest où étaient impliqués les Indo-Européens. Au XVIII° siècle (- 1800 – 1700), les Indo-européens quittent les steppes caucasiennes.


Sur le plan culturel, les harappiens étaient nettement supérieurs aux Indo-Européens : leur civilisation urbaine et industrielle ne souffrait pas de comparaison avec la " barbarie " des Indo-Européens. Mais les Harrapiens n'avaient pas la vocation guerrière (on peut même leur supposer une sorte de théocratie industrielle et mercantile); mal préparés pour cette attaque d'un peuple jeune et agressif, ils furent vaincus sans problème


Il y a peu de temps encore, on croyait que les Indo-Aryens n'avaient rencontré, dans leur invasion de l'Inde, que des tribus aborigènes culturellement à l'état ethnographique: c'était les dasyus, dont les " forts " que l'Indra du Rig-Veda attaquait et détruisait passaient pour n'être que des modestes tranchées de terre. Mais Wheeler a montré que l'hymne célèbre du Rig-Veda (I, 53), exaltant Indra s'applique aux défenses solides de la citadelle de Harappâ ou Mohenjo-Daro. D'où l'on peut conclure que les Indo-Aryens ont rencontré, au cours de leur descente vers l'Inde centrale, non seulement des tribus aborigènes, mais aussi les derniers survivants de la civilisation de l'Indus, auxquels ils ont porté le coup de grâce.


En fait, le peuple indusien n'a pas disparu. Au lendemain de l'effondrement de la civilisation de l'Indus, des cultures régionales émergent qui montrent que son influence se prolonge, à des degrés divers. Il y a aussi probablement eu une migration d'une partie de sa population vers l'est, à destination de la plaine gangétique. Ce qui a disparu, ce n'est pas un peuple mais une civilisation : ses villes, son système d'écriture, son réseau commercial et – finalement – la culture qui en était son fondement intellectuel. Cependant, la destruction de la culture de l'Indus n'a pu être définitive. L'effondrement d'une civilisation urbaine n'équivaut pas à la pure et simple extinction de la culture et de la religion d'origine, mais simplement à sa régression vers des formes rurales, larvaires, " populaires " (C'est là un phénomène amplement vérifié en Europe pendant et après les grandes invasions barbares).


Vers le XVIe siècle av. J.-C. (- 1600 – 1500), des tribus aryennes venues d'Asie centrale émigrent en Inde du nord et y développent la culture védique. Des royaumes aryanisés se constituent : le Penjab (-1550 -1000), la région de Delhi (-1000 -800).

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 17:33
par Jean-Claude Barbier, article publié le vendredi 19 juin 2009 dans les Actualités unitariennes et transféré ici.

Le suaire d’Oviedo a été cité le mardi 16 juin 2009 lors de l’émission de TV5 MondeQuestion à la Une " consacrée à la datation du linceul de Turin par le carbone 14.
C’est un véritable suaire (en grec soudarion), à savoir une serviette en lin, de la taille d’un grand mouchoir de 83 x 53 cm, pour essuyer la sueur, pouvant envelopper uniquement le visage, et non pas un linceul comme l’est le " Suaire de Turin " (en grec sindôn, en hébreu sadin). C'est pour cela que, ici, nous parlons du linceul de Turin et non pas du Suaire de Turin.


On y décèle une dizaines de taches dont quatre taches de liquide sous forme d’auréoles symétriques, traversant la toile de lin. L’envers de la toile, présenté lors des expositions au public, est beaucoup plus poussiéreux que l’avers. Sont également visibles une déchirure de 5,5 cm sur le bord de la partie horizontale supérieure ainsi que de petites perforations et une série de gouttes de cire. Il fut plié en deux si bien que les tâches de sang sont disposées symétriquement. Elles correspondent parfaitement à celles du visage du linceul de Turin (comme le montre la superposition réalisée dans l'illustration de droite)  !

 


historique :

Vers 348, dans une homélie, saint Cyrille de Jérusalem (315-387) affirme : " tout ce que le Seigneur a souffert dans sa Passion, nous pouvons le voir sur ses linges mortuaires que nous conservons dans cette église (le Saint Sépulcre)". Ils (le suaire, les bandelettes, le linceul ?) étaient conservés dans un coffre.

En 614,
avant la prise de Jérusalem par les Perses, selon l’Histoire de Pelagius, évêque d’Oviedo au XII ème siècle, le coffre part vers l’ouest, par l’Égypte et l’Afrique du Nord pour être accueilli en 616 à Carthagène par l’évêque d’Ecija, saint Fulgence (qui mourra en 633). Celui-ci le remit à son frère Isidore, évêque de Séville, son supérieur et également son frère. Ce grand érudit, né vers 560/570 et auteur d’une importante encyclopédie qui rassemble le savoir antique, les Étymologies, mourut vers 636. A son tour, ce dernier le transféra le relique à Tolède, siège de la principale église d’Espagne, dirigée par son archevêque, saint Ildefonse (qui mourut en 667). La présence du coffre à Tolède en 636 est attestée par le concile de Braga de 679 et il y resta jusqu’en 718.

Nous avons également le témoignage de saint Braulion, futur évêque de Saragosse en Espagne en 631 et mort en 646, lors d’un pèlerinage qu’il fit à Jérusalem : " Bien des choses ont eut lieu qui n’ont pas été consignées par écrit, ainsi en est-il des linges et du linceul dont le corps du Seigneur a été enveloppé ; on dit dans l’Écriture que le Linceul fut trouvé, on ne dit pas qu’il fut conservé ... Je ne pense pas cependant que les apôtres aient négligé de garder ces pièces comme reliques pour les temps à venir. ". Soulignons le fait que saint Braulion avait fait ses études sous la direction de saint Isidore de Séville dont il acheva les Étymologies.

Peu avant 718
: réalisation d’un nouveau coffre en chêne, qui existe toujours : l’Arca santa.

Vers 812-814
arrivée de ce coffre à Oviedo. Construction d’une crypte (la Camara santa) par le roi Alphonse II dit le Chaste, roi des Asturies de 791 à 842, en-dessous de la cathédrale d’Oviedo. Fortification de l’église par Alphonse III dit le Grand, roi des Asturies de 866 à 910 et en lutte avec les musulmans. L’ancienne cathédrale fortifiée sera remplacée en 1556 par une cathédrale gothique tout en conservant l’ancienne crypte.

14 mars 1075,
ouverture du coffre et inventaire de son contenu par le roi Alphonse VI , roi de León (1065-1109), roi de Castille (1072-1109) à la mort de son frère, roi de Tolède (1085-1109) par conquête et roi de Galice (1090-1109) à la mort de son autre frère, ainsi que par Rodrigo Diaz de Vivar, mieux connu sous le nom du Cid Campeador. Cet inventaire se trouve toujours dans les archives de la cathédrale d’Oviedo.

Entre 1585 et 1598
,
l’évêque d’Oviedo, Diego Aponte de Quinares ordonna un nouvel inventaire de l’Arca santa.

Tout comme pour le linceul, les études scientifiques commenceront tardivement :

1978
- étude des pollens par le célèbre criminologue suisse, Max Frei.
1985 - étude de Mgr Ricci, président du Centre romain de Sindonologie.
1989 - visite du pape Jean-Paul II .
9/10 novembre 1989 et 16/17 février 1990 - études du Centre espagnol de Sindonologie.
1990 - datation au carbone 14 par les laboratoires de Tucson et de Toronto, qui donne une date entre 679 et 710 après Jésus-Christ.
20/29 avril 1991 - premières publications lors du congrès de Sindonologie de Cagliari.
Juin 1993 - étude du groupe sanguin par le Dr Carlo Goldini (gp. AB, le même que celui du linceul).
29 au 31 octobre 1994 - 1er congrès international sur le Suaire d’Oviedo, dans la ville même.

Le parallèle avec le linceul de Turin est troublant : même répartition des tâches de sang, même groupe sanguin, pollens de Palestine retrouvés dans les fibres, etc. 

 Par ailleurs, son étude a pu établir la façon dont les corps des crucifiés étaient descendu du poteau. Le cadavre était descendu de la croix par enlèvement des clous en commençant par celui qui avait percé les talons, puis du clou tenant le poignet gauche et enfin celui du poignet droite.

Dans le cas de Jésus, le visage étant ensanglanté, le suaire – celui d’Oviedo ? – a pu être mis sur la tête, à la descente de la croix, et durant le transport jusqu'au tombeau.

source : Fernand Lemoine, dossier mis à jour le 23 février 2008

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le linceul de Turin
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:48
par Jean-Claude Barbier, article publié le vendredi 19 juin 2009 dans les Actualités unitariennes et transféré ici.

an 30, mort de Iéshoua de Nazareth. Il est déposé précipitamment au tombeau à cause d’une veille de sabbat, si bien que son corps n’est pas lavé. Le linceul s’imprègne des taches de sang et de la sueur. Nous sommes le jeudi soir (et non le vendredi soir comme généralement répété) et il s’agit en premier du sabbat de la Pâque juive, suivi du sabbat habituel lequel se termine le samedi soir à la tombée de la nuit. Le corps est enlevé, sans doute dans la nuit du samedi au dimanche, très probablement par la famille elle-même. Les femmes du groupe des disciples venues pour la toilette funéraire trouvent le tombeau vide. Pierre et le disciple que Jésus aimait constatent qu’il ne reste plus qu’un suaire enroulé dans un coin et les bandelettes à part. Le corps a disparu, avec le linceul.

 57, le roi d’Edesse*, Ma’nu VI persécute les chrétiens. Les prémisses de l’évangélisation du royaume sont attribuées à Thaddée (l’un des 70 disciples de Jésus), sous le règne d’Abgar Ukama (ou le Noir). 
* Sanurfa dans l'actuelle Turquie orientale, non loin de la frontière syrienne, à l’intérieur d’une boucle que l’Euphrate dessine au sortir des montagnes, à l’est de ce grand fleuve ; la ville est établie elle-même sur les rives du Daysan.

135, fin de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem car l'empereur romain Hadrien y interdit les Hébreux. Une communauté "nazaréenne" se constitue à Pellas, en Syrie.

Vers 204, Agbar IX se convertit au christianisme.
Le christianisme syriaque se développe autour d'Édesse et de nombreux monastères sont construits, en particulier celui "de la colline", le Torâ-dOurhoï. Une école de théologie voit le jour. Elle jouera un rôle important au sein de l'Eglise perse (nestorienne).

Le Mandylion d'Edesse est attesté dès le milieu du IVème siècle par Eusèbe de Césarée (260-339) qui évoque à ce propos les polémiques provoquées par un nouveau culte de l'image du Christ.
Il s'agit en fait du linceul qui, replié, montre seulement le visage du supplicié. Pour les gens d'Edesse, le roi Agbar
, l'aurait reçu directement de Jésus du temps même du vivant de ce dernier ! Cette relique est censée avoir protégé la ville contre les Perses venus l’assiéger en 540 et 544. Pour d'autres, ce sera "le voile de Véronique", laquelle aurait essuyé le visage de Jésus lors de sa montée vers le Gogotha.

Un traité apologétioque du début du V° siècle, intitulé Consultationes Zacchaei christiani et Apollonii philosophie, mentionne des vêtements du tombeau qui "contiennent encore les indices de la croix et de la mort du Seigneur"

au VIème siècle, des écrits évoquent un "portrait non fait de main d'homme", visible sur un linge – sans doute le linceul plié de façon à ne montrer que la face du défunt.
Dès ce siècle, les artistes orthodoxes peignent un visage de Jésus nettement inspiré du Mandylion.

En 609, les Perses sassanides arrivent à leur fin et conquièrent la ville ; les Byzantins la reprennent ; puis les Arabes musulmans arrivent ...

680, le pèlerin Arculf contemple, dans la première église du Saint-Sépulcre diverses reliques de la passion dont un suaire * présenté comme étant celui du Christ (mais aussi, le plat de la Cène, l'éponge de la crucifixion et la lance qui perça le flanc de Jésus).
* non pas le linceul, mais le linge qui couvre la tête du défunt ; il n'y a donc pas double compte !

En août 944, le Mandylion est échangé aux Byzantins par le calife Al-Mustakfi (calife abbasside de Bagdad de 944 à 946) contre des prisonniers. L’empereur Romain Ier la dépose dans l'une des églises du palais impérial, la chapelle du Phare. En 958, l'empereur Constantin Porphyrogénète l'énumère dans une lettre (avec le bois de la Croixc, la lance, le titulus, le roseau, le sang, la tunique, et les langes).

1147, Louis VII, roi de France, vénère la relique à Constantinople ; en en 1171, Amaury, le roi de Jérusalem. A cette époque, la chapelle du Phare devient un lieu saint accessible aux pélerins ordinaires.

1150, une délégation de diplomates hongrois est reçue à Constantinople en grandes pompes ; ils eurent la permission de contempler le linceul déployé *
* Lévêque et Pugeaut, 2003, "Le Saint-Suaire revisité", Éditions du Jubilé.

1192-1195, le codex De Pray (du nom du Jésuite qui l’étudia), conservé à la Bibliothèque nationale de Budapest, contient une miniature représentant l’onction du corps du Christ au cours de sa mise en linceul, ainsi que la découverte du linceul vide par les Saintes Femmes au matin de Pâques.
Il est tout à fait comparable à celui de Turin (représentation du corps entièrement nu, bras anormalement longs, mains croisées sur le bas-ventre, pouces repliés à cause des clous, trous dans le linceul suite à des brûlures ponctuelles – gouttes d'un liquide brûlant ou corrosif ?).

Le 12 avril 1204, les croisés mettent à sac la ville de Constantinople ; un croisé témoigne qu’il a vu " le Suaire du Seigneur ", mais le Mandylion disparaît. Le partage des reliques s'est fait d'abord sous le contrôle de Garnier de Trainel, évêque de Troyes, puis celui de Nivelon de Chérizy, évêque de Soissons.

En 1239, puis en 1241 et 1242, Louis IX (notre saint Louis) auprès du jeune empereur byzantin Baudouin II voit des reliques, parmi lesquelles une partie du suaire (la pièce qui couvre seulement le visage du défunt et non le linceul). Ces reliques se trouvaient détenues par des créditeurs vénitiens et saint Louis les rachètent à prix d'or. Suaire et autres reliques sont entreposées dans la Sainte Chapelle, spécialement construite à cet usage. Elles sont exposées une fois par an jusqu'en 1781 ... puis disparaissent dans la tourmente révolutionnaire.

En 1357, le linceul est exposé pour la première fois à Lirey (dans le diocèse de Troyes). Il s'agit d'un linceul et non d'un suaire (pièce de tissus qui couvre le visage du cadavre afin d'en éponger la sueur). Il fait 4 m de long et 1,10 de large. Il est la possession de la veuve du chevalier Geoffroy Ier de Charny, à Lirey, en Champagne. En 1360, l'évêque de Troye, Henri de Poitiers, en  interdit l'ostentation, doutant fortement de son authenticité et arguant du fait que les évangiles n'en parlent pas ! En 1390, le pape Clément VII en autorise cependant les ostentations mais seulement discrètes, à l'usage des seuls pélerins et sans que cela fasse croire à son autenticité.

1453, Marguerite de Charny cède la relique au duc Louis 1er de Savoie qui le dépose dans la Sainte-Chapelle du château de Chambéry. 1454-1578, il est exposé dans de nombreuses villes ; successivement : Saint Hippolyte-sur-Doubs, Liège, Germolles, Vercelli, Chambéry, Bourg-en-Bresse, Chambéry, Turin, Milan, Vercelli, Chambéry. 1506, le pape Jules II autorise le culte liturgique, donc public du Saint-Suaire.

4 décembre 1532, incendie à la Sainte-Chapelle de Chambéry. Un côté de la petite caisse en argent qui contient la relique repliée est chauffé au rouge par la température et une goutte de métal fondu du couvercle transperce les nombreuses couches du linceul : il en résulte 29 trous. En plus auréoles sur la relique provenant de l’eau utilisé pour éteindre l’incendie.
Du 15 avril – 2 mai 1533, les sœurs clarisses de Chambéry raccommodent les parties carbonisées en cousant des pièces de tissu triangulaires.

1578, Emmanuel Philibert de Savoie apporte le linceul à Turin, en Italie où il est connu sous le nom de "Saint-Suaire".

1er juin 1694, le linceul est placé dans une somptueuse chapelle dessinée exprès par l’abbé Guarino Guarini.


25-28 mai 1898, le linceul est photographié pour la première fois (par Secondo Pia, un avocat). Le négatif rend plus visible le corps du défunt qui s’est en quelque sorte imprimé sur son linceul.


23 novembre 1973, première ostension télévisée, puis du 26 août au 8 octobre 1978, ostension publique à l’occasion du IVème centenaire du transfert de la relique à Turin.


L’ostension de 1978 permet à un groupe de plus d’une vingtaine de scientifiques et chercheurs américains du Shroud of Turin Research Project (STURP), assistés de deux italiens, Giovanni Rigi (micro-analyste) et Luigi Gonella (conseiller scientifique du Cardinal de Turin), de mener pendant 120 heures des analyses approfondies de l’objet et de prélever des échantillons de surface. Le STURP rend son rapport final en 1981, lequel écarte toute trace de peinture et confirme la présence de sang humain. A l’aide des instruments de la NASA, une image tridimensionnelle de Jésus est faite.

1983, à la mort d’Umberto II de Savoie, la relique est léguée au Saint-Siège.

En 1986, le docteur Yves Cartigny repère les trous (disposés en "L" inversé) sur la miniature du codex De Pray qui correspondent à ceux du linceul de Turin.

21 avril 1988, prélèvement de quelques centimètres carrés au bord du tissu pour permettre la datation au carbone 14 ; 3 laboratoires effectuent les analyses. Celles-ci sont publiées juillet 1988 et donnent la période 1260-1390, en contradiction avec toutes les données réunies jusqu’à ce jour.

Janvier 1995, Thierry Pétillot, photographe informaticien, propose une photo de Jésus à partir de la méthode du "morphing", initiée par le FBI et depuis pratiquée couramment par les laboratoires des autres polices.

11-12 avril 1997, peu de jour avant la fin des travaux de restauration (entrepris depuis février 1993), la chapelle de Guarini est dévastée par un incendie. Le Saint-Suaire est sauvé par les pompiers. Il n’a subit aucun dommage.

18 avril – 14 juin 1998, puis 12 août – 22 octobre 2000, ostensions publiques.
 

 

20 juin – 13 juillet 2002, travaux conservatoires de restauration : remplacement de la doublure (toile de Hollande) et retrait des pièces triangulaires.

Juin 2005, la revue mensuel Science et Vie publie (dans son n° de juillet) un article "Saint Suaire, la science aveuglée par la passion" (il s’agit de la passion des sindologues - les scientifiques qui étudient le linceul -, pas celle des anti !) par Isabelle Bourdial, pp. 110-125 ; voir le résumé sur le site du Journal La Croix (en date du 21 juin 2005). Th. Heimburger, dès le 27 août de la même année, apporte une réfutation de ce dossier, lien.


Le 16 juin 2009, l'émission documentaire "Questions à la Une" de TV5 Monde relance le débat en interpellant la méthode du carbone 14 et son application dans le cas présent.

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:35
par Jean-Claude Barbier, article publié dans les Actualités unitariennes du vendredi 19 juin 2009 et transféré ici.

Les reliques se multiplièrent en Europe à partir du Vème siècle avec le développement du culte des saints. Au siècle suivant, Grégoire de Tours tonne contre les fabricants de reliques ! Mais elles s’avèrent bien utiles pour galvaniser la foi des fidèles ... et enrichir les cités qui les détiennent. La crédulité populaire et la dévotion des élites aidant, elles ne rencontrent guère d’opposition.

Toutefois, ce ne sera pas entièrement le cas du "Suaire de Turin" (plus exactement un linceul), qui était à Lirey à partir de 1357. Soudainement apparue en France aux lendemain des croisades, cette nouvelle relique va rencontrer une opposition, à commencer par l’évêque du lieu qui déclare ni plus ni moins que c’est un faux ! Par une bulle de 1389, afin de modérer la dévotion excessive des fidèles, le pape d’Avignon Clément VII défend qu’on l’expose sans proclamer " à haute et intelligible voix que cette image ou représentation n’est pas le suaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ mais seulement une peinture, un tableau qui le figure " (sic !).  En 1449, le cistercien Thomas, abbé d’Aulne et Maïtre Henri Beckel, chanoine de la cathédrale de Liège, déclarent que " sur le tissu ont été peints avec beaucoup d’art, les linéaments des membres du Christ ". Il faudra attendre 1506 pour que le pape Jules II autorise le culte liturgique, donc public du Saint-Suaire.

Au milieu du XVIème, lorsqu’on exposa à la vénération des fidèles de la Collégiale de Lirey près de Troyes, Pierre d’Arvis, évêque de Troyes, exhume un texte de son prédécesseur Henri de Poitiers qui explique comment le suaire avait été peint, l’artisan qui l’avait produit s’en étant confessé à lui ! Ce qui est somme toute une confession bien valorisante pour un humble artisan ...

Bref, ce soit disant linceul de Jésus est confiné comme relique pour la dévotion idolâtre des fidèles les plus crédules ...

Il fallut attendre le négatif de la photo prise en 1898 pour qu’il se révèle être (enfin) un objet à étudier. Et plus, plouf ! la datation du carbone 14, faite en 1988, près d'un siècle plus tard, le plonge de nouveau dans la poubelle des reliques.

Je me souviens du soulagement d’un dominicain proclamant que la foi ne devait nullement reposer sur du matériel ! Finalement, tout le monde était content – les non croyants qui n’aiment pas les reliques, les techniciens qui se suffisent d’une seule analyse sans plus considérer les autres approches déjà faites et ne jurent que par leur seule méthode, les croyants mystiques pour qui la foi est un pur élan vers Dieu (un saut dans le vide sans parachute dans le dos), les partisans du Christ de la foi qui n’ont nullement besoin de connaître le Jésus de l’Histoire, les adeptes du christianisme gnostique qui se multiplient depuis la découverte des manuscrits de la Mer morte et la publication des apocryphes, etc.

Codex-De-Pray.jpg

 

Or, avec toutes les analyses pertinentes qui ont déjà été faites, on ne peut plus revenir en arrière ! Manifestement, avec tout ce que l'on sait désormais, on ne peut plus accepter  la théorie facile d’un faussaire génial qui aurait peint un tissu ! Il lui aurait fallu en effet beaucoup d'intuition : mettre les tâches de sang là où il le fallait, savoir que le pouce se repliait lorsqu’on enfonçait un clou dans les poignets, ne pas mettre ces clous dans la paume des mains comme tous les peintres de son époque représentaient alors la crucifixion, aller chercher des pollens de Palestine pour en parsemer le tissu, etc. Bref, un thriller pire que Da Vinci Code !

Avec le codex hongrois De Pray, daté de 1192-1195, qui s’inspire manifestement du linceul de Jésus (jusqu'à reproduire des trous faits peut-être par des gouttes d'un liquide brûlant), soit un siècle avant la datation donnée par la méthode du Carbone 14 (1260-1390), les historiens donnent le coup de grâce à une méthode considérée jusqu’à présent comme infaillible ; ou du moins les conditions de son application en 1988 pour l’objet dont il est question sont-elles à revoir.

La question à débattre désormais est à suivante : pourquoi les analyses faites par le carbone 14 ont-elles donné un résultat contradictoire ? échantillon trop ponctuel, mode de vieillissement des fibres de lin, conséquence de l’incendie de 1532 qui aurait enrichi l’étoffe en carbone 14 par une pollution au monoxyde de carbone ?

L’arroseur arrosé ! l’accusation aurait-elle changé de bord ?
L’émission de TV 5 Monde de ce mardi 16 juin " Questions à la Une " remet le linceul de Jésus sur le tapis ... Eh oui ! ce n’est pas terminé comme le proclamait hâtivement la zététique ! Bien curieuse histoire que celle de Jésus qu’on arrive décidemment pas à enterrer une fois pour toutes et qui refait sans cesse surface.

Il faut parfois du courage pour aller à contre courant des idées reçues, des modes de pensée dominantes, des évidences proclamées par tous. Professant la liberté de pensée, les unitariens sont un peu comme des électrons libres, non encartés, non contrôlés, assurément non grégaires. Ce n’est donc pas incongru que les Actualités unitariennes rappellent ici que tout ce qui concerne le Jésus historique est à étudier et non pas à balayer d’un revers de main. Si ce Jésus historique n’a nullement besoin de dévots idolâtres, il n’a pas besoin non plus d’iconoclastes toujours un peu précipités dans leur besogne de destruction.

C'est ce que fit, le 7 mars 1994, l’unitarien suisse Roger Sauter en donnant une conférence à l’Union protestante libérale (ULP) de Genève sur le "Suaire de Turin " afin d'en souligner tout l’intérêt, conférence restée malheureusement non publiée.

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:14

par Louis Cornu

En mars 1980, à Talpiot, banlieue sud de la Jérusalem moderne, à proximité de l’ancienne Béthanie (qui correspond à l’actuel village Al-Izzariyya), fut découvert un tombeau taillé dans le roc et utilisé avant 70, qui contenait les ossements de trente-cinq personnes, dont dix sept à l’intérieur de dix ossuaires. Les restes humains furent remis aux religieux qui leur assurèrent une inhumation nouvelle, décente et anonyme, et les ossuaires, vidé de leur contenu, furent pris en charge par l’Autorité des Antiquités d’Israël qui les enregistra et les entreposa. En 1994, ils furent examinés par le professeur Rhamani qui, pour chacun, rédigea une notice.


Sur six de ces ossuaires, contenant 6 ou 7 squelettes, figuraient des inscriptions identitaires, dont on s’avisa en 1996 que les noms étaient ceux d’amies proches de Jésus (Marie, Marthe) et ceux des membres de sa propre famille (Joseph, Marie, Jude, José et … Jésus). En 2002, Tal Ilan les prit en compte dans son " Lexique des noms juifs " utilisés entre – 330 et + 200. En 2007, ils font irruption dans l’actualité médiatique grâce au film de S. Jacobovici Le tombeau perdu de Jésus.



Les noms suivants ont été relevés : 

Mariamane et (kai) Mara, Yehouda bar Yeshoua, Mathyah, Yeshoua bar Yehosef, Yosah, Maryah, et , curieusement l’ossuaire n° 80 509 avait disparu de l’entrepôt !

 
A priori, on pouvait penser que, si la famille de Jésus était assez riche pour posséder un tombeau creusé dans le roc, c’est aux alentours de Nazareth, en Galilée, mais non à Jérusalem qu’il devait se trouver, contenant les restes de Joseph, de plusieurs de ses ancêtres et de quelques uns de ses descendants. En revanche, on ne devrait pas trop hésiter à envisager que la tombe de Talpiot pût avoir appartenu à Lazare et ses sœurs, cette famille amie de Jésus qui, en 30, résidait à Béthanie et possédait à proximité de cette bourgade, un tombeau familial creusé dans le roc (Jn 11, 41).


Après 30, une partie de la famille de Jésus se fixa à Jérusalem ; sa mère y séjourna et son frère Jacques, y fut, jusqu’à sa mort en 62, le chef de la communauté de ses disciples, les nazôréens. Si des membres de cette famille étaient décédés à Jérusalem, entre 30 et 70, se pourrait-il qu’ils eussent été recueillis dans le tombeau familial de Lazare, Marthe et Marie … ne serait-ce qu’en raison de leur amitié avec Jésus ? C’est une éventualité qu’on ne peut évidemment pas rejeter …


Yehouda bar Yeshoua : Jésus aurait-il eu un fils nommé Judas ?

Si comme on le dit, Jésus est né en – 6 et s’il s’est manifesté au public juif après son baptême en 28, donc à 34 ans, il faut bien reconnaître que nous ne savons rien de sa vie entre 20 et 34 ans … sauf qu’il fut – assez vraisemblablement – un juif pieux, attaché aux commandements de la Tora. Or selon la Tora, tout juif mâle atteignant 20 aans doit prendre épouse et, avec elle, procréer le plus possible, pour assurer le développement de la pérennité du " Peuple élu ". On ne voit pas pourquoi Jésus n’aurait pas observé cette prescription … et, alors, on ne peut pas exclure qu’il ait eu épouse et enfant avant de commencer sa vie publique en 28.


L’existence d’un Judas, fils de Jésus de Nazareth, est donc tout à fait plausible, et, si ses disciples ensuite n’en ont rien su, c’est qu’ils avait décidé de n’en rien dire. Il faut bien reconnaître que, de son existence antérieure, il n’a rien révélé, hormis une " retraite au désert " dont il a succinctement expliqué la conclusion (Lc 4, 1-13).

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:03
par Jean-Claude Barbier (suite de "les deux tombeaux de Jésus" et des articles précédents de la série "le tombeau de Talpiot"). Publié le mardi 3 juillet 07 par les Actualités unitariennes et transféré ici.

Nous sommes bien loin de l'histoire romancée du Da Vinci Code. Nous voici, avec des documents de base, en pleine archéologie, méticuleuse, mesurante, descriptive, avec dessins, plans et photos pour conserver  les moindre détails. Nous entrons dans ce tombeau qui est supposé être celui (le définitif) de Jésus et des membres de sa famille. 

La clef d'entrée (pas facile à trouver par les temps qui courent par suite de l'avalanches de textes lorsque l'on tape "Talpiot" sur un moteur de recherche !)  :
http://dsc.discovery.com/convergence/tomb/explore/media/tomb_evidence.pdf

Vous y trouverez le plan du tombeau, vues de haut et de profil, avec sa salle centrale et ses 6 niches latérales pour y loger les ossuaires, réalisé par l'archéologue israëlien Shimon Gibson lors de l'excavation du tombeau en 1980, un plan numéroté 938 ;

Le-tombeau-familial-de-J--sus----Talpiot--plan-de-Shimon-Gipson.JPG

le plan de la tombe dressé par Shimon Gibson en mars-avril 1980, à Talpiot, la vue d'en haut.

Les inscriptions sur  les ossuaires en hébreu, en araméen ou grec, dans un article de L. Y. Rahmani paru en 1994 dans un catalogue d'ossuaires : "A Catalogue of Jewish Ossuaires", Collections of the State of Israël

et les photos des ossuaires dans un article d'Amos Kloner "A Tomb with inscribed ossuaries in East Talpiyot, Jérusalem " paru dans 'Atiquot (Jérusalem), vol. 29 (1996), pp. 15-23.

vue de profil du tombeau supposé de Jésus et de sa famille, à Talpiot, par l'archéologue israëlien Shimon Gibson ; en bas, le symbole à l'entrée, placé en fronton (un chevron avec un point en son centre) - peut-être le premier symbole des judéo-chrétiens.

 

le-tombeau-familial-de-J--sus--coupe-de-profil.JPG

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