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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:58

Les Amitiés islamo-unitariennes lancent une enquête photographique sur la beauté architecturale des mosquées en Europe et invitent les visiteurs à nous envoyer leurs clichés de voyage, contact


Harehills , près de Leeds (Grande-Bretagne), où les fidèles sont majoritairement d'origine pakistanaise (Smith/PANOS-REA).
Une mosquée du Manningham, près de Bradford (Grande-Bretagne), peuplée très majoritairement de populations originaires du Pakistan (Smith/PANOS-REA).







Le minaret de la mosquée Masjid-E-Umer d'East London (Grande-Bretagne) parmi les cheminées de brique de ce quartier populaire de Londres (Melville/REUTERS).







La mosquée d'East London (Katib/AFP).

















 

La mosquée Baitul Futuh à Morden, au sud de Londres (Grande-Bretagne), peut accueillir 6000 fidèles et est l'une des plus grandes d'Europe (Bebber/REUTERS).

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:21

Les Amitiés islamo-unitariennes lancent une enquête photographique sur la beauté architecturale des mosquées en Europe et invitent les visiteurs à leur envoyer leurs clichés de voyage, contact



La grande mosquée de Paris. Construite dans les années 1920, elle s'intègre parfaitement aujourd'hui dans le paysage parisien, à côté de la tour Clovis, du Panthéon et de l'église Saint-Étienne du Mont (Richer/ Photononstop).




La grande mosquée de Créteil (Val de Marne, région parisienne) - Construite de 2006 à 2008, elle se distingue par un minaret de 25 m à la fois discret et bien identifiable (Razzo/ CIRIC).

mosquee Nantes laplusgrande 
la plus grande mosquée de Nantes (Franck Perry/AFP)
 
mosquée gennevilliers
Mosquée en projet à Gennevilliers. Bien que toujours en chantier, elle a été inaugurée en 2009.


Evry (Essonne, Région parisienne) - la mosquée et la cathédrale, autour d'une même place du centre-ville

mosquee lyon

 


La future grand mosquée de Strasbourg. Cette capitale européenne a besoin d'une mosquée d'envergure ; ce sera la Grande mosquée du Heyritz, à quelques 700 mètres de la mairie, avec une salle de prière de 1 000 m2 (soit une capacité de 1 500 personnes) et uen mezzanine de 250 m2 environ. La coupole sera de 24 m de haut pour 17 m de diamètre. L’inauguration en est prévue pour l’été 2010. Le concordat dont bénéficie l’Alsace et la Moselle a permis un financement des collectivités territoriales à hauteur de 26%. (informations SaphirNews)

mosquee strasbourgmaquette de la même mosquée de Strasbourg, cette fois-ci sans minaret (du moins visible sur la photo) !

mosquee_clermont_ferrand.jpgla Grande mosquée de Clermont-Ferrand, ici en maquette, a été inaugurée en janvier 2010.

 

ci-dessous, le projet de mosquée à Mantes-la-Jolie  

mosquee_mantes-la-jolie_projet.jpg

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 11:39

Les Amitiés islamo-unitariennes lancent une enquête photographique sur la beauté architecturale des mosquées en Europe et invitent les visiteurs à nous envoyer leurs clichés de voyage, contact


La mosquée Defterdar à Cos (Dodécanèse, île grecque au large de la Turquie) date du XVIIIe siècle. Présents pendant 400 ans dans le Dodécanèse, les Turcs y ont imprimé leur marque (Ingolf/
HEMIS).





 


La mosquée de l'Aga, dans la vieille ville de Rhodes (Grèce) témoigne des quatre siècles de présence ottomane sur l'île (Delpierre/
ANDIA).
 









 

 

 

La mosquée Selimiye de Nicosie, ancienne cathédrale Sainte-Sophie, dans la partie turque de l'île de Chypre (Mouton/ GLOBEPIX).








 


 

La mosquée Dzhumaya de Plovdiv (Bulgarie) était une ancienne église convertie en mosquée par les Ottomans en 1364. Ce serait la plus ancienne mosquée d'Europe en dehors de l'Espagne mauresque 
(Harding/ 
Cuboimages/ 
Leemage). 



 

 

 

Pecs (Hongrie) - L'ancienne mosquée du pacha Gazi Kaszim était la plus importante de Hongrie. Église gothique du XIIIe siècle, elle devint mosquée après un profond remaniement en 1543-1546, avant de redevenir une église après la libération de la ville en 1686 (Boening/ZENIT-LAIF-REA).

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 11:32

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ancienne mosquée de Tolède

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 08:43

par Hassan Aslafy, message au forum des unitariens francophones, le jeudi 3 décembre 2009. L'auteur est cofondateur de l'Association unitarienne-universaliste francophone (AUUF) et délégué de cette association auprès du Conseil des unitariens et universalsites français (CUUF). Ce texte a été également mis en ligne sur le site personnel de l'auteur.

En tant que musulman de "souche" et non converti, ayant reçu une éducation coranique,  mais par ailleurs d'ascendance chrétienne par ma mère, et donc quelques part naviguant entre deux mondes, j'ai vécu une relation ambivalente  avec l'Islam.

De plus j'ai grandi dans une cité, dans un environnement "beur" socialement tendu. J'ai découvert l'islamisme radical par le biais d'opuscules iraniens et saoudiens. J'ai voyagé et rencontré nombre de mouvements soufis au Moyen-Orient et en Afrique. J'ai essayé de vivre à fond l'engagement islamique jusqu'à côtoyer et fréquenter des djihadistes.
De toutes ces années et de toutes ces expériences je retiens quelques points qui nourrissent ma relation riche, distanciée et sereine avec cette religion magnétique et maternelle.

le piège mimétique

Une des particularité de l'Islam, dans sa formation anthropologique est d'avoir développé une "ouma" maternelle magnétique et normative intériorisée par tous les croyants, qui les inscrits d'office comme acteurs de la norme, imam chef de famille, imam social, imam intime. Chacun devient un membre osmotique et normatif de la communauté.

Cette matrice symbolique puissante s'impose de l'intérieur et assigne à tous les croyants une tension de self  et de social contrôle extraordinaire. Elle fonde l'unité forte d'un groupe et d'une communauté que matérialise l'alignement des pieds à la prière : aucun ne dépasse, chacun est égal à son homologue. Un croyant équivaut à un croyant. Le miroir des marbres de la mosquée renvoi  un reflet du "même", dupliqué, aligné dans les rangs impeccables. La communauté voit son image se réverbérer dans la coupole évidée. Tous les visages se fondent dans le sel de Sa Lumière.

L'infini déclinaison des arabesques rappelle le primat du Nom Divin et la dérision des noms humains. Les croyants sont les répliques vivantes des colonnes orantes alignées dans l'adoration muette de la transcendance.  La communauté prime sur l'individu. La communauté devient l'individu. Elle se loge dans l'intime du croyant avec une force exceptionnelle. Elle est tellement intime à lui-même qu'elle est lui-même. Qu'elle est plus que lui-même ...

Sans le réaliser, le croyant s'incorpore subrepticement une affectivité extraordinaire, un pathos martyrologique, une émotion mélodramatisée centrés sur l'oumma et la communauté des croyants. Tous les croyants sont ainsi matriciés dans la même fidélité sourcilleuse, radicale, commune et unitive.

C'est un constat facile à faire et éprouver. On est dedans, ou l'on y est pas. Quitter l'oumma c'est être traître à la communauté. C'est quitter la norme, c'est s'expulser de la matrice commune qui fonde la fraternité et la sororité universelle.

Ce qui est curieux, c'est que ce piège de la normativité mimétique et communautaire et cet effacement de la personne pour intégrer la figure idéalisée du Croyant soient si peu évoqués et mis en avant. Il sont occultés, laissant nombre de chercheurs et aspirants à la Lumière Islamo-Abrahamique dans l'identification communautaire et mimétique, dans la pénombre culpabilisée et régressive de la contrition et de la haine de soi.

l'islam change de l'intérieur

Il est curieux également de constater l'extraordinaire souci des prescriptions qui pèse sur l'environnement islamique. Interdit, légal, légitime, prescrit, et leurs variations en dégrés et gravités ...scandent les heures de certains, et même de nombre de croyants et les tenaillent de l'intérieur. J'ai rarement vu une telle obsession du pur et de l'impur.

Ainsi en est-il de la prière. Un acte orant exigeant imposé à un peuple nomade réfractaire, dont les poèmes chantent les victoires et les puissants. La salat lui impose de plier les genoux, de se prosterner. De plier l'échine cinq fois par jour pour honorer l'Invisible et le louer. Transférant ainsi l'ordre sauvage de la toute-puissance humaine vers la toute-puissance divine miséricordieuse et assortissant ce transfert de lois et de contraintes théologiques et juridiques.

Qelle est aujourd'hui l'actualité de cette prière prescrite ? L'aspirant peut-il la pratiquer de l'intérieur sans s'imposer le rituel traditionnel ? Peut-il l'assortir de méditations et d'ouvertures universalistes  ?

Ce type de question est presque un tabou religieux et spirituel. Se la poser est une quasi offense. D'emblée elle appelle le soupçon de l'hypocrisie. Un des plus graves de l'islam institutionnel.

Mais qu'en est-il dans la pratique ? Combien de musulmans, dès lors que se desserrent  l'étau social et l'emprise de la oumma, ne prient plus ? Ou plutôt prient autrement, dans la pratique de valeurs quotidiennes, dans une ferveur fraternelle et solidaire, dans des combats engagés pour la justice et la paix. Ils sont nombreux et de plus en plus nombreux, ce qui explique la crispation juridique et religieuse actuelle. D'autres pratiquent le zen, le yoga, et se sentent musulmans.

En fait l'islam change de l'intérieur. Les musulmans s'éveillent à ce à quoi les a appelé le Miséricordieux : devenir des êtres libres, capables de penser, de réfléchir, de se développer spirituellement librement. Ne pas sombrer dans les formes dévoyées de la Toute - Puissance et l'addiction mimétique et victimaire. La toute puissance peut-être aussi une spiritualité matricielle totalitaire, qui nous impose une figure idéalisée et normative du croyant qui nous enferme dans la haine et la mésestime de soi. Et donc dans la haine et la déshumanisation de l'autre.

islamité et liberté

Je crois à la nécessité de s'affranchir de l'emprise de la oumma et de la fraternité organique et excluante. Il faut quitter les rives de sa maternité aliénante. Sortir de la pression communautaire des validations et des prescriptions, pour advenir comme des sujets sociaux libres et des personnes qui singularisent leur relation au divin, en posant l'amour du prochain et du lointain, croyant ou non, comme une condition préalable de sa spiritualité.

Je crois que l'islam ne se limite pas aux prescriptions, aux normes traditionnelles, à l'osmose communautaire, mais qu'il est d'abord la fidélité à un appel de l'Infini en chacun de nous. Un appel à personnaliser, à intérioriser, en enrichir de notre inspiration et de notre chemin particulier. Un appel qui nous invite à quitter la matrice pour advenir comme des personnes aimantes et bienveillantes  dans l'incertitude fragile et divine de notre devenir partagé.

Dès lors l'islamité devient une richesse inépuisable, universelle dans son ouverture, capable de boire à toutes les fontaines de l'amour divin. A celles de l'Alhambra, de la Meskita de Cordoue ... mais elle s'abreuve également aux eaux du Gange, et aux sources spirituelles de toutes les terres saintes. Elle nous est intime, nous la portons comme une couronne intérieure, mais elle nous est étrangère, car elle appartient à l'Infini et nous ne saurions la contenir. Elle ne s'enferme pas dans le corset jaloux de celui qui croit la posséder.

Le message évangélique s'y réverbère :
le divin nous rend libre car il a donné à chacun un visage unique, et un visage unique, c'est la plus belle invitation à la liberté !

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 06:03

Manifeste du groupe "Amitiés islamo-unitariennes"


Les musulmans et les chrétiens non trinitaires professent l’unicité divine. Ils entendent rappeler que l’islam, dès son origine, a rejeté catégoriquement le dogme de la Trinité qui avait été officialisé par le concile de Nicée en 325. Ce faisant, il a été le premier mouvement religieux issu de la famille abrahamique à ne pas se contenter d’aménagements internes au dogme comme l’adoptionnisme ou l’arianisme.

En conséquence, ils affirment leur pleine communion de prière entre eux et avec tous les croyants qui se réfèrent à un Dieu unique, soit gens du Livre comme les Juifs et les chrétiens non trinitaires, soit d’autres courants religieux.

Les unitariens (qu’ils soient chrétiens ou d’autres sensibilités) pensent que l’héritage abrahamique, par ses écrits juifs, chrétiens et musulmans, a généré un même patrimoine religieux de grande ampleur, dont les diverses traditions s’enrichissent mutuellement et que l’on peut vivre d’une façon religieuse ou encore d’une façon culturelle et spirituelle.

Les membres du groupe "Amitiés islamo-unitariennes" soutiennent les efforts des intellectuels musulmans qui s’inscrivent dans le courant appelé l’islam "laïque", à savoir résolument moderne, laïque et démocratique. A l’instar du christianisme unitarien, né au sein des Réformes protestantes du XVIème siècle, ils ont entrepris une réflexion critique sur leur propre religion, poursuivant ainsi l’œuvre de ses grands penseurs comme Ibn Sinã Avicenne (980-1037), Abû al-Walid ibn Ruchd Averroès (1126-1198) et Muhyi al-Din Ibn Arabi (1165-1240) ou autres grandes figures comme ‘Abd al-qâdir (Abd el-Kader) ibn Muyîala-Dîn (1808-1883).

Cette réflexion porte tant sur une exégèse scientifique des textes fondateurs, sur une histoire objective, sur les relations avec les autres religions, ainsi que sur la façon de s’adapter aux cultures ethniques et nationales et aux civilisations modernes.

Ils affirment qu’un tel islam, de par sa spiritualité et son ouverture à l’inter-religieux, apporte une contribution indéniable à la construction européenne, prenant ainsi la suite de la grande civilisation musulmane de l’Andalousie et des mouvements soufis qui se sont développés dans les Balkans.

Ils invitent ceux qui sont intéressés par cette démarche à les rejoindre au sein de leur groupe pour diffuser des textes d’auteurs, en rédiger eux-mêmes, participer à des synthèses, prendre position lorsqu’il le faut face à des évènements ou des enjeux de société (la polygamie, le voile islamique, les lieux de culte, le communautarisme, le prosélytisme, l’islamophobie, etc.).

Liste des premiers signataires
:

Farida Adjoudj, Hassan Aslafy, Jean-Claude Barbier,
Ismail Christophe Cabrier, Mohamed Elhorre, Roger Gau,Sophie Gloor, Laurence Hintzy, Ahmed Amine Khelifa, Fabien-Issa Maisonneuve, Thierry Morales, Roger Parmentier (décédé en 2012), Régis Pluchet, Michel Roussel, Yohann Amal, Andy Lecouvreur,


Pour vous joindre aux signataires et/ou pour devenir membre du groupe, veuillez prendre contact avec Jean-Claude Barbier. Le site du groupe "Amitiés islamo-unitariennes" est hébergé par les Etudes unitariennes, lien ; et depuis le 20 février 2013, le relai pour les nouveaux textes a été pris par Unitariens français, le site du Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF), lien.  

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 22:12

Entre basse et haute chronologie pour les évangiles (VI).

L’évangile de Jean est postérieur à la mort de Pierre, car il y fait allusion : "…lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même et marchais où tu voulais ; mais lorsque tu seras devenu vieux, tu étendra tes mains et un autre te ceindra et te portera où tu ne voudras pas ". Il dit cela pour signifier de quelle mort il glorifierait Dieu. Et ayant dit cela, il lui dit " Suis moi ! " (Jn 21, 18-19).

Egalement à celle du disciple que Jésus aimait : Jésus répond à une question de Pierre : " Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi ". Ce propos se répandit donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Mais Jésus ne lui dit pas qu’il ne mourrait pas ... " (Jn 21, 22-23).


La rédaction de l’évangile de Jean ne saurait être le fait de l’apôtre Jean, lequel était un Galiléen sans instruction, fils de pêcheur (Zébédée) et pêcheur lui-même, et qui, en plus, aurait été sans doute trop vieux à la fin du siècle pour tenir la plume.


L’évangile de Jean reprend à son compte le témoignage du disciple bien aimé que Jésus aimait. Ce dernier est Judéen et met en avant d’autres compatriotes à lui (Nicodème, Joseph d’Arimathie). C’est un citadin de Jérusalem qui vit dans la ville Haute et c’est chez lui que la Cène a lieu ainsi que le Cénacle (il est donc riche pour être propriétaire d’une maison disposant d’une "haute chambre"). Il sera le témoin par excellence des évènements qui se passeront à Jérusalem. Il a ses entrées dans les hautes sphères puisqu’il introduit Pierre le Galiléen dans la première cour du palais de Caïphe. Sa relation du procès de Jésus est des plus précis. Il est jeune car il pose la tête sur la poitrine du Maître et que Jésus lui marque de l’affection. Il fréquente les milieux baptistes (c’est lui qui nous renseigne sur l’endroit où Jean baptise et celui où Jésus se met lui aussi à baptiser avec ses disciples pendant une courte période) ; il a un serviteur essénien et habite non loin de la porte dite des Esséniens. Pour en savoir plus, voir sur le blog de Michel Benoît à la rubrique "la question de Jésus".


Mais on devine un rédacteur final qui s’est inspiré des synoptiques et puis un autre rédacteur du Prologue qui est un ajout d’un autre style. D’autres "Jean" sont également à distinguer de par leur style et les thèmes qu’ils traitent. Jean l’Ancien de la seconde et troisième Epître ; Jean déporté comme chrétien dans l’île de Patmos et qui reçut la vision de l’Apocalypse.


Par ailleurs, la façon dont cet évangile parle des Juifs comme si ceux-ci étaient des étrangers suppose que la séparation entre juifs et chrétiens a été consommée : dorénavant, chacun va son chemin et les chrétiens ne sont plus protégés par le statut particulier que les Romains avaient accordé au peuple juif.


Y. ben Zakkaï, qui a transféré le sanhédrin à Yavné /Yamna en 80, quitte l’assemblée la même année, puis meurt. C’est le rabbin Gamaliel II, également connu sous le nom de Gamaliel de Yavné, qui se retrouve en position de recteur de cette Académie du judaïsme pharisien. Il mourra vers 116. C’est sous sa présidence et à sa demande expresse, qu’une "bénédiction" (la 19ème) – mais en fait une malédiction ! – est introduite dans la liturgie synagogale afin d’ostraciser les judéo-chrétiens. Le docteur de la Loi, Samuel le Petit la rédige. On peut supposer qu’elle le fut peu après 80.


Jean est donc à situé plutôt vers 90, sur la base d'éléments contemporains de Jésus (le témoignage du disciple Bien aimé), mais développés et glosés très tardivement par le ou les rédacteurs finaux. Déjà, on y repère le souffle du gnosticisme chrétien qui se développera les années suivantes et que combattront les Pères de l’Eglise sous le thème de l’Anti-Christ.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 17:56

Entre basse et haute chronologie pour les évangiles (V). 


Le Matthieu grec, celui que nous connaissons, est à la fois une traduction du Matthieu araméen, mais aussi une recomposition. Le plan est beaucoup mieux construit que dans Marc. " Cinq livrets se succèdent, composés chacun d’un Discours introduit par des faits habilement choisis pour le préparer, ce qui, joint aux récits de l’Enfance et à la Passion – Résurrection, constitue un ensemble de sept parties […]Comme par ailleurs il reproduit beaucoup plus complètement l’enseignement de Jésus et insiste sur le thème du "Royaume des Cieux", on peut caractériser son évangile comme un drame en sept actes sur la venue de ce Royaume " (Bible de Jérusalem, introduction aux évangiles synoptiques, p. 1287). Ses multiples références à l’Ancien testament en font l’évangile qui s’adresse aux Juifs : la Loi et les prophètes sont accomplis !
 

Sans doute de Luc, il reprend la généalogie de Jésus et la conception virginale de Jésus (qu’il n’y a pas chez Marc), mais surtout il fait œuvre de théologie en présentant une généalogie plus sophistiquée : plus symbolique avec 3 fois 14 générations (d’Abraham à David, de David à la déportation de Babylone, et de cette déportation "au Christ" (1, 11), plus théologique aussi car il montre combien l’histoire sainte passe par des maillons féminins qui constituent autant d’impossibilités humaines. Thamar car elle est veuve et que Judas son beau-père ne veut pas lui donner d’autres maris – nous savons comment elle lui força la main en se prostituant … et en lui donnant un rejeton ! Ruth la Moabite, car elle est étrangère et que sa belle-mère lui dit de rentrer chez les siens ; Rahab, une autre prostituée et une étrangère (Cananéenne de Jéricho en l’occurrence) ; la femme d’Urie qui commet l’adultère avec David et est complice du crime indirect que David commet contre son mari, grand officier de l’Armée ; enfin Marie, la fiancée de Joseph qui n’a pas connu l’homme !


Et puis, il est le seul évangile à évoquer la Mésopotamie, avec la venue des mages (prêtres zoroastriens) à Jérusalem pour adorer l’Enfant, et l’Egypte, avec la fuite de la Sainte famille en ce pays pour fuir le méchant et jaloux roi Hérode le Grand. Deux magnifiques fresques qui annoncent l’évangélisation de ces pays avec un message d’accueil : vous n’êtes pas les derniers ; mieux vous êtes parmi les premiers à avoir eu le message de la nouvelle voie ! Nous savons que Paul, à partir de Damas tenta en vain d’évangéliser les Nabatéens plus à l’est. C’est en quelque sorte le pendant des Actes des apôtres, tout orientés vers Rome. Le Matthieu grec est assurément oriental, branché sur Jérusalem, Damas et Alexandrie. Son influence perdure en Syrie du IIème siècle auprès des communautés judéo-chrétiennes, les nazôréens et les ébionites.


Pour toutes ces raisons, il s’agit d’un Matthieu tardif. Pas avant 65 disent certains car le texte insiste sur les persécutions à venir et cela fait penser à celle que déclencha Néron à Rome à la suite de l’incendie de juillet 64. Après 70, disent les exégètes qui rejettent tout après la ruine de Jérusalem, du moins de son Temple.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 16:17

Entre basse et haute chrononologie pour les évangiles (IV).

La version des Actes dont nous disposons dans nos bibles s’arrête aux deux ans de captivité de Paul à Rome, en fait une résidence surveillée. " Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait " (Actes 28, 16). Version dite occidentale adoptée par la recension antiochienne et indiquée en note p. 1477 dans la Bible de Jérusalem : " Quand nous fûmes entrés à Rome, le centurion remit les prisonnier au stratopédarque. On permis alors à Paul de prendre un logement en dehors du camp (prétorien) ". C’est le régime de la "custodia militaris" : le prisonnier prend un logement à lui, mais il doit toujours avoir le bras droit lié par une chaîne au bras gauche d’un soldat qui le garde. Paul reçoit ainsi dans son logis les notables juifs de la ville et tous ceux qui désirent le visiter. " Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec plein assurance et sans obstacle " (28, 30).

Mais les Actes ne disent donc rien sur le dénouement de cette captivité "douce". Y eut-il procès ? Quid des projets de Paul pour une mission en Espagne ? Y eut-il une vague de persécution et une seconde captivité de Paul ; puis son martyre ? Paul ayant débarqué à Rome après l’hiver 61 passé à Malte après une tempête automne 60 ; ce qui fait 61-63 pour cette captivité. Et une rédaction lucanienne après 63 ... et avant la mort de Paul que Luc n’évoque pas est donc possible.


Mais qu’elle est la date de la mort de Paul. En juillet 64, l’incendie de Rome entraîne la persécution soudaine des chrétiens par Néron. Paul aurait-il alors été parmi les victimes. C’est probable, mais non certain car il est, ne l’oublions pas, citoyen romain. Si oui, les écrits lucaniens seraient à situer en 63 et avant juillet 64. En tout cas, la complaisance de Luc vis-à-vis des occupants Romains (voir sa présentation de Ponce Pilate, Sergius Paulus, Gallion, Festus, le centurion Julius, le gouverneur Félix, etc.) laisse supposer qu’il a écrit avant les persécutions, donc avant les tragiques évènements de juillet 64, et plus encore avant la répression romaine contre la rébellion juive (qu’il n’évoque d’ailleurs pas du tout dans les Actes). C'est entre autres le point de vue du Père Lagrange, fondateur de l'Ecole biblique de Jérusalem (son évangile de Luc a été mis en ligne). Considéré par la tradition et par l'exégèse comme un craignant Dieu issu de la gentillité, le médecin Luc est manifestement pro-romain ! 

Des exégètes s’appuient toutefois sur la version dite "occidentale", sus mentionnée, transmise par le Codex de Bèze (daté du Vè siècle). On y lit à la fin que Paul déclare " je fus contraint d'en appeler à César (…), afin que d'une mort je rachète ma vie " (Actes, 28,19 dans cette version).

Il s’agit du Codex Cantabrigiensis, dit "de Béze", qui a été traduit et publié récemment par Sylvie Chabert aux éditions l'Harmatan (son livre contient Luc et les Actes uniquement (voir son site perso). On a donné le nom de Théodore de Béze (collaborateur de Calvin au XVIème siècle) au codex Cantabrigiensis puisque c'est lui qui l'a récupéré à Lyon à Saint-Irénée (une petite église à Lyon) durant des troubles religieux. Il a par la suite légué le codex à l'université de Cambridge où il se trouve encore.

Or, pour l’historienne Marie-Françoise Baslez, professeur à Normale-Sup, et spécialiste d'histoire des religions orientales dans le monde gréco-romain. Paul serait mort non pas en 64, mais plus tard en 67-68 lors d’une seconde vague de persécution. Elle cite pour cela Eusèbe de Césarée (Chronique II, olympiade, p. 211 et p. 267), avec la mort de Paul entre juillet 67 et juin 68 ; puis Jérôme (De virus illustribus, 12), quand il présente la correspondance apocryphe de Paul et Sénèque : la mort de Sénèque (il se suicide en 65) est antérieure de deux ans à celle de Pierre et Paul ; enfin I Clément, 5,7 et 6,1, qui distingue clairement le martyre de l'apôtre et la persécution de 64.

Si Paul évoque ainsi sa mort dans les Actes, c'est parce que Luc est sûr qu'elle a eu lieu, mais le texte n’est pas limpide.
Et puis, s’agit-il d’un ajout ultérieur ? de la glose d’un copiste pour expliquer la décision prise alors par Paul ? ce qui expliquerait que les bibles usuelles ne l’ont pas. Ou bien est-ce tout simplement un problème de lecture d’un document en mauvais état ; le codex de Bèze est en effet très abîmé (autant la partie en grec que celle en latin) à partir du chapitre 23 des Actes et pratiquement impossible à restituer de l'aveu des chercheurs.

Si l’on adopte cette datation plus tardive, cela fait remonter Luc après 68. D’autres exégètes, s’appuyant sur la prophétie post eventu de la chute de Jérusalem, rejettent tous les évangiles synoptiques après 70.

Pour une chronologie longue, voir
François Laplanche : La crise de l'origine, sous-titre : La science catholique des évangiles et l'histoire au XXè siècle, chez Albin Michel.

Finalement, qu’est devenu Luc ? A-t-il péri dans les premières persécutions néroniennes de 64-65 ? Ce qui l’aurait empêché de publier ce qui aurait été pour nous une troisième partie avec la mort de Paul et de Pierre, la ruine du Temple, etc.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 15:40

Entre basse et haute chronologie pour les évangiles (III)

Les deux textes lucaniens, l'évangile et les Actes des apôtres, ne formaient qu’un seul livre, puis ils furent séparés. Luc s’adresse au même Theophilos. Luc distingue la vie de Jésus, y compris ses apparitions, et la nouvelle page d’Histoire ouverte par l’ascension du Maître : " Le premier discours, je l’ai fait, ô Theophilos, sur tout ce que Iéshoua’ a commencé à faire et à enseigner, jusqu’au jour où, après avoir donné ses prescriptions par le souffle sacré aux envoyés ( = apôtres) qu’il a choisis, il a été enlevé " (Actes, 1, 1-2). Le récit commence par un rappel des apparitions et le récit de l’Ascension (dont Luc lui-même n’est pas témoin).


Certains accusent Luc d’être partisan de Paul, de nous donner une vision unilatérale, déséquilibré, des débuts du christianisme. Certes, mais Luc parle aussi de Pierre (le premier a avoir évangélisé les Samaritains, les Juifs de la Judée, et les païens de Césarée, à recevoir Paul à Jérusalem), de Barnabé (leader à Antioche et qui y introduit Paul). A noter aussi que Luc ne dira jamais que Paul était apôtre, laissant à celui-ci la seule responsabilité de se dire lui-même l’avorton des apôtres !

A l’époque des missions de Paul, où en sont les missions vers l’est, au-delà de Damas ? Paul s’y ait bien essayé durant trois ans et a échoué. De même, l’évangélisation d’Alexandrie et de l’Egypte, qui sera attribuée à Marc, donc après son séjour à Rome avec Pierre, semble plus tardif. Luc témoignage, en accompagnant Paul dans ses missions, du formidable développement de la voie chrétienne en Asie Mineure.

Bien bizarre et bien peu historique ce procès d’intention fait à Luc ! Et surtout bien ingrat car Luc, notamment avec ses Actes, nous donne des évènements qui sont PARFAITEMENT recoupés par l’histoire romaine. Que veut-on de plus ? mais il y a ainsi des calomnies que les perroquets colportent ...


Certains pensent que l’annonce par Jésus de la destruction de Jérusalem  (effectivement arrivée en 70 avec l’intervention des Romains contre l’insurrection juive de 66) est une prophétie post-eventus, mis dans les évangiles pour faire valoir le don de prophétie de Jésus. A ce compte, tous les évangélistes synoptiques sont coupables de fraude aux yeux des historiens d’aujourd’hui : Marc (13, 14-20), Mathieu (24, 15-22), Luc (21, 20-24 et 17, 31).


C’est " l’abomination de la désolation " (Daniel 9, 27, cité par Marc et Matthieu), qui entre "dans le lieu saint " (Daniel idem cité par Matthieu). Jérusalem est encerclé de campements (c’est donc une guerre) (Luc seul). " Que celui qui lit comprenne ! " (Mt, Mc), " sachez qu’est proche sa désolation ", celle de Jérusalem (Lc). Que ceux qui seront en Judée (et donc pas seulement les habitants de Jérusalem) fuient dans les montagnes, en laissant ses biens derrière lui, sans prendre le temps de descendre dans sa maison s’il est sur la terrasse, sans retourner en arrière (comme le fit la femme de Loth fuyant Sodome Gn 19, 26) pour reprendre son manteau s’il est au champ ; malheur aux femmes enceintes ou qui allaient. Il faut prier pour que cela n’arrive point en hiver car ce sera une grande "tribulation telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais plus"(Mt, Mc citant Dn 12, 1), " une grande détresse sur la terre et une colère contre ce peuple ", car ce sont " des jours de vengeance ", pour que soit accomplit " tout ce qui a été écrit " (Dt 32, 35 et Jr 25, 13). Fichtre !


Il y a quand même un épilogue heureux : " Et si le Seigneur (IHVH) n’avait abrégé ces jours, aucune chair n’aurait été sauve ; mais à cause des élus, il a abrégé ces jours " (Mc et Mt). " Et ils tomberont au fil de l’épée et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusque ce que soient accomplis les temps des nations " (Luc citant Za 12,3).


On voit aussi Jésus pleurer sur la ville. " Et quand il approcha, voyant la ville, il pleura sur elle en disant : " Si ce jour tu avais reconnu, toi aussi, le message de paix ! mais non ! il fut caché à tes yeux. Car des jours arriveront sur toi, et tes ennemis t’environneront de retranchements et t’encercleront et te presseront de toute part et t’écraseront, toi et tes enfants en toi, et ils ne laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée " (Luc 19, 41-44, avec en appui le psaume 136 – ou 137 selon les bibles). Seul Luc fait pleurer Jésus, mais Mt (24,2) et Mc (13, 2) confirment la destruction de la ville pierre sur pierre, repris d’ailleurs par Luc (21,6).


Jésus aurait également provoqué son auditoire en lui disant de détruire le Temple et que, lui, le reconstruirait en 3 jours ! ce qui lui fut vertement reproché lors de son procès.


En 66, les Juifs d’Alexandrie se soulèvent. Tibère Alexandre, alors préfet d’Egypte, en massacre plusieurs milliers. En été 66, à Jérusalem, Gessius Florus, qui a été procurateur (64-66) grâce à Poppée, l’épouse juive de Néron, fait crucifier des Juifs, mais un soulèvement l’oblige à quitter la ville. Les troubles embrasent tout le pays, y compris à Césarée même. En septembre 66, Cestius Gallus veut reprendre Jérusalem mais il subit de lourdes pertes et se retire. Un gouvernement insurrectionnel se met en place. Le Sanhédrin est dans le coup avec le fils de Gamaliel à sa tête. Eusèbe confirme ce que les synoptiques avaient prophétisé, à savoir l’exode d’une partie de la population : des notables et sans doute des chrétiens qui se réfugieront à Pella. Fin 66, début 67, Néron, lors de sa tournée en Grèce, désigne Vespasien et son propre fils Titus pour rétablir l’ordre en Palestine. Vespasien, à la tête de 60 000 hommes, reconquiert la Galilée et fait prisonnier Josèphe, le gouverneur insurrectionnel. Mais les zélotes de Jean de Gischala, rescapé des combats de Galilée et les Iduméens qui sont maîtres de Jérusalem continuent à résister en 67/68. Anan, le grand prêtre qui, en 62, avait fait lapider Jacques le frère du Seigneur, et les notables pro-romains sont massacrés. Les légions romaines de Vespasien tiennent la plaine maritime, la vallée du Jourdain et détruisent le site de Qumrân, mais Néron se suicide en juin 68 et Vespasien ajourne l’assaut contre Jérusalem car il est l’un des prétendants à la succession impériale. Les rebelles en profitent ; en 69, Simon Bargiora et les sicaires se maintiennent à Jérusalem, et dans les forteresses de l’intérieur, à l’Hérodion, à Massada et à Machéronte (mais perdent le reste de la Judée). En juillet 69, Tibère Alexandre (et avec lui la partie orientale de l’empire) se prononce en faveur de Vespasien, lequel règnera de 69 à 79. Il confie à Titus, le fils de Néron, le siège de Jérusalem. Peu après Pâque 70, ce dernier, secondé par Tibère Alexandre, investit la ville avec 4 légions. Prise du 3ème mur qu’avait construit Agrippa I (mais qu’il avait laissé inachevé à sa mort au printemps 44), puis du 2ème. La famine sévit. La forteresse de l’Antona est prise ; or elle surplombe le Temple. Le 29 août le parvis intérieur est pris et le Temple incendié ; en septembre c’est la chute de la Ville haute et du palais d’Hérode. Les habitants sont tués, vendus ou condamnés aux travaux publics. Lors du séjour de Titus en Syrie, de nombreux Juifs sont tués dans les jeux de gladiateurs. Flavius Joseph avancera le chiffre de 100 000 morts du côté des Juifs, mais c’est à diviser par 10 comme d’habituer avec les effectifs donnés par ce chroniqueur. En été 71, c’est le triomphe de Vespasien et Titus à Rome avec le mobilier cultuel du Temple, dont la ménorah. A cette occasion Simon Bargiora est exécuté et un arc de triomphe élevé à Titus. A Pâques 73, la dernière forteresse, celle de Massada, tombe à son tour.

Epiphane mentionne le retour à Jérusalem d’une partie des judéo-chrétiens. Le rabbi Eléazar rouvre la synagogue des Alexandrins (Juifs d’Alexandrie). En 80, le rabbi Johannan ben-Zakkaï, avec l’autorisation des Romains, fonde l’académie de Yabneh (Jamnia), qui est en quelque sorte le Sanhédrin en exil.


Alors cette prophétie ? Il semble bien qu’elle s’inscrit dans le scénario de l’avènement du Fils de l’homme. Jésus reprend à son compte de multiples prophéties antérieures : Is 29,3 et 37,33 ; Jr 52,4-5 ; Ez 4,1-3, 21, 27; Os 10,14 et 14,1 ; Na 3,10 et Ps 137,9 (citées par la Bible de Jérusalem, Paris 1956, édition du Cerf, p. 1380 note d). C’est donc un peu la bouteille à l’encre !

Certains soulignent l’ambiguïté des textes des synoptiques : rien de très précis aux yeux de l’historien mais des images d’Epinal. S’ils faisaient référence à l’évènement historique, ils serait plus précis ! Va-t-on savoir ...

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