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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:29

suite des articles précédents et fin


Pour l’auteur du Prologue (à la fin du Ier siècle), c’est la Sagesse de Dieu, le logos, le Verbe (et non pas Dieu en entier) qui s’incarne en la personne Jésus, un peu à l’exemple des médiums qui sont des récipiendaires temporaires de la parole d’ancêtres ou de dieux. Mais on est déjà dans un plus par rapport aux prophètes car ceux-ci ne faisaient que transmettre la parole de Dieu à leurs contemporains, alors que, ici, la Parole prend chair, s’incarne en Jésus.


En épilogue : la Trinité ira plus loin puisqu’il s’agira dès lors de Dieu tout entier qui se manifeste sous trois formes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. On entre alors dans la logique des avatars de l’hindouisme ou encore du vodoun, où les divinités peuvent prendre diverses formes tout en restant pleinement elles-mêmes (voir notre dossier "Les triades indo-européennes, lien).


Par là, l’Esprit–Saint, n’est pas un annonceur (çà, c’est le rôle de l’ange), ni celui qui donne le déclic, mais il est le véritable géniteur ! Dans la Bible, on voit Dieu guérir de nombreuses femmes stériles, mais celles-ci vont toujours voir leur mari après que la promesse leur ait été faite à elle ou à leur époux. Dans le cas de Marie, l’action du Saint-Esprit est directe et se passe explicitement des services sexuels de Joseph : « L’Esprit Saint surviendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’(être) saint qui va naître sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1, 35) ; suivi par Matthieu grec, en plus bref : Marie se trouva enceinte « par le fait de l’Esprit Saint » (1, 18) et « ce qui naquit en elle est de l’Esprit Saint » (1, 20).


De Jésus, le docétisme n’en fera qu’une simple apparence – ce n’est pas Dieu qui est mort sur la croix, mais seulement une forme humaine dissociée ou substituée -, mais il se fera lui aussi condamner. Les Nestoriens essaieront, mais en vain pour la Grande Eglise, de séparer les natures humaine et divine de Jésus en disant que Marie n’est mère que de sa partie humaine et n’est donc pas Mère de Dieu (theotokos).


Le petit Jésus de la crèche n’est donc pas seulement le Christ, le sauveur par la Rédemption (ce qui est la position arienne), mais bel et bien Dieu lui même, à la fois le Fils et le Père. C’est ce que signifie le dogme trinitaire, ni plus ni moins. En plus, le culte mariale, dans un tel positionnement, est tout à fait de mise (nonobstant la position protestante qui accepte le titre de Mère de Dieu, mais ne veut pas en tirer les conséquences cultuelles.


luc_evangeliste.jpgAlors Luc, aurait-il donc été imprudent, mit les doigts dans un engrenage en recueillant des légendes populaires naissantes entrain d'héroïser et de diviniser Jésus ? Aurait-il pris au mot Jésus qui, dans ses prières, s’adressait à « son Père » ? ... et Paul en intégrant dans ses épîtres des hymnes de dévotion christique ?


Que faire aujourd’hui de ces récits que les Eglises chrétiennes continuent contre vents et marées de nous présenter comme des faits réels, historiques, bien que miraculeux et de l’ordre du surnaturel, acceptables qu'après un acte de foi ?

 

Certains parlent de spirituel, ne retenant que la signification morale ou théologique, sans vouloir dire ce qu’il en fut sur le plan historique : il y aurait un Jésus de la foi autre que le Jésus historique ; mais n'est-ce pas un échappatoire pour ne plus vérifier ce qu'a dit et fait Jésus réellement et finalement l'enterrer sous un enseignement "chrétien" intemporel, dé-contextualisé ?

 

Les Etudes unitariennes essaient au contraire, en s’appuyant sur l’Histoire telle qu’on peut la reconstituer grâce aux sciences d’aujourd’hui, de mieux situer les croyances dans le contexte de leur époque et de retracer leur évolution, ne serait-ce qu’en les étalant chronologiquement selon leurs sources. Sans dogme à défendre, tolérants et ouverts aux travaux des autres, promouvant la liberté de pensée et de recherche, les unitariens sont parfois plus à l’aise pour traiter de sujets qui peuvent être encore très sensibles pour d’autres chrétiens.

fin

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Published by Jean-Claude Barbier - dans nativités et incarnations
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