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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 13:33

suite des articles précédents


Nous avons déjà vu que le Matthieu grec défendait le texte lucanien face aux premières critiques juives en ajoutant une annonce à Joseph (Mt 1, 18-25), mais il va faire mieux en écrivant une nouvelle généalogie (Mt 1, 1-17).

 

Par celle-ci, certes moins longue en générations (42 noms contre 57 à celle de Luc), mais mieux ordonnées, en 3 périodes égales de 14 générations (d’Abraham à David, de David à la déportation de Babylone, puis de celle-ci au Christ), soit des séries de 2x7, l'auteur suggère que chaque période fut longue et accomplie dans la plénitude du plan divin, le chiffre 7 étant symbolique d’une durée parfaite (comme les 7 jours de la Création, etc.). Le texte souligne lui même cette perfection au cas où on ne l'aurait pas vue (Mt 1, 17).


Tamar.jpgMieux, dans cette généalogie, l’exception de Marie est confirmée par ses devancières puisque, pour chaque cas, il y a une impossibilité humaine de procréation, morale ou physique, afin de mieux montrer que c'est la volonté de Dieu qui s'exprime lors de naissances qui se révèleront décisives. Sont ainsi successivement citées Thamar, Ruth, la femme d’Urie et finalement Marie. Jacob ne veut pas donner son dernier fils à Thamar car deux de ses fils sont déjà mort entre ses bras – et l’on sait comment Thamar força la main (et le sexe !) de Jacob en se prostituant au bord du chemin qu’il emprunta. Noémie n’a également plus de fils à donner à Ruth la Moabite et lui dit de retourner chez les siens, mais Ruth s’entête, va dénicher un parent éloigné qui détient des droits de lévirat sur elle, le vieux Booz, et, pauvre glaneuse dans un champ, elle se met au pied du maître qui fait la sieste ! Enfin, la femme d’Urie commit l’adultère avec le roi David, ce qui entraîna l’assassinat de son mari, officier de l’armée, sur le champ de bataille (ce qui n'est pas bien du tout !).

 

Drôle de série en tout cas, avec des épisodes tournant autour du sexe féminin et qui se trouvent, là, valorisés au nom de l'Histoire sainte ! On pourrait ajouter la rencontre par Jésus de la Samaritaine aux 5 maris déjà morts et un présent concubinage notoire (ce qui ne peut que sentir le souffre, non ?) (Jn 4, 17) et le pardon du même Jésus à la femme pourtant adultère et prise en flagrant délit (Jn 8, 1-11). Adieu donc la morale puritaine !


En identifiant ces femmes par lesquelles passe, pour chacune, une nouvelle lignée patrilinéaire porteuse de la Promesse, il fait d'elles des "têtes" de lignée. Il s’ensuit que Marie est à la tête d’une nouvelle grande famille, celle des adeptes de la Voie initiée par son fils. Dans la prolongation de cette affirmation théologique, la Vierge règnera dans l’Apocalypse de Jean de Patmos et symbolisera l’Eglise de l’Agneau, la communauté des nouveaux fidèles.


Ce statut devenu important de Marie, se retrouve dans l’évangile de Jean qui lui attribue un rôle de tout premier plan durant le ministère public de son fils (alors qu’elle est absente durant cette période dans les synoptiques !) : elle sera présente aux noces de Cana où Jésus commence à se manifester (Jn 2, 1-11), l’accompagnera à Capharnaüm, elle (et les frères de Jésus selon les variantes), lorsqu’il revient en Galilée après son baptême (Jn 2, 12), puis sera présente au pied de la croix avec sa sœur, Marie femme de Clopas, et Marie-Madeleine (Jn 19, 25). 

à suivre

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Published by Jean-Claude Barbier - dans nativités et incarnations
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