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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 19:25

d’après une note de Louis Cornu


La tradition, fondée sur le témoignage de Papias, cite un Jean le Presbytre qui vécut à Ephèse. Papias fut évêque d’Hiérapolis vers 130/140. Il écrivit 5 livres dans lesquels il dit avoir été l’auditeur d’un nommé Aristion et d’un « Jean le Presbytre », lesquels avaient reçu leur enseignement des apôtres. Papias fait donc partie d’une troisième génération de chrétiens : génération du vivant des apôtres pouvant donc bénéficier de leur témoignage direct, puis la génération de ceux qui furent enseignés par les apôtres, enfin la génération de Papias au début du IIème siècle.


Eusèbe de Césarée (265-vers 340), qui fut évêque de Césarée autour de 315/320 et qui participa au concile de Nicée en 325, fit œuvre d’historien dans son « Histoire Ecclésiastique ». Il cite Irénée de Lyon : « Papias, lui aussi auditeur de Jean et compagnon de Polycarpe, homme ancien … » (Eusèbe de Césarée, livre III, chap. XXXIX).

 

S’appuyant sur Papias qui cite les apôtres, dont Jean, puis distinctement Jean le presbytre, Eusèbe rappelle qu’il y a à Ephèse « deux tombeaux qui maintenant encore sont dits ceux de Jean ». En fait, c’est une lettre de Denis d’Alexandrie à l’évêque Nepos, vers 225, qui parle de ces deux tombeaux en les attribuant précisément à Jean fils de Zébédée et à Jean le Presbytre, ceci en se faisant l’écho d’un on-dit datant du milieu du IIème siècle.


le-disciple-que_jesus_aimait_3.jpgPour Eusèbe (Livre III, chap. XXXI), lui aussi, le second Jean est bel et bien « le disciple que Jésus aimait » : « Jean lui aussi, celui qui a reposé sur la poitrine du Seigneur, qui a été prêtre (juif) et a porté le pétalon *, qui a été martyr (témoin) et didascale (docteur) repose à Ephèse ».
* Le pétalon était un insigne sacerdotal juif marquant une haute fonction dans le temps. L’Exode (28, 36-38) en donne la description : « Tu feras une lame d’or pur et tu y graveras comme on grave un cachet : « Sainteté à IHVH – Tu l’attacheras avec un cordon bleu sur la tiare ; elle sera sur le front d’Aaron et Aaron sera chargé des iniquités commises par les enfants d’Israël ». Il semble que, vers la fin de l’histoire juive, le pétalon n’aie plus été réservé au Grand Prêtre, mais porté par d’autres prêtres pendant l’exercice de leur fonction sacrée.


Irénée de Lyon, dans « Contre les hérésies », (livre 3, chap. 1) certifie que c’est bien Jean, le disciple du Seigneur, celui là même qui avait reposé sur sa poitrine, qui publia lui aussi l’Evangile tandis qu’il séjournait à Ephèse, en Asie.


Jean – le presbytre ? – serait mort sous l’empereur Trajan (98-117), donc après 98.


Polycrate, évêque d’Ephèse, évoque cette mort en écrivant à l’évêque de Rome, Victor (qui régna à la fin du IIème siècle, entre 189 et 198 ou 199). Sa lettre nous a été partiellement conservée par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, V, XXIV :


« C’est en Asie que reposent, que dorment du sommeil de la mort, que sont couchés [avec leurs pères] des grands astres. Ils se relèveront au jour de la venue du Seigneur, au jour où il viendra avec gloire des cieux, et qu’il relèvera tous les saints ; Philippe, l’un des douze envoyés, qui est couché [avec ses pères] à Hiérapolis, et deux de ses filles, qui ont vieilli vierges ; et son autre fille, qui a séjourné dans le Saint-Esprit. Elle repose à Ephèse. Et puis Iôannès, celui qui sur la poitrine du Seigneur s’est penché ; il est né hiereus – c’est-à-dire kohen – il a porté le pétalon, hébreu tziz hazahab, le pétale d’or, sur lequel était écrit : consacré à YHWH, Exode 28, 36 ; 29, 6 ; 39, 30 ; Lévitique 8, 9 ; il a été témoin, en grec martus, témoin des évènements, et il a enseigné, il a été didaskalos. Celui-ci, à Ephèse, est couché [avec ses pères, toujours la vieille expression biblique]. Et puis aussi Polycarpe de Smyrne, qui a été chargé de veiller sur la communauté, episkopos, et témoin, en grec de nouveau martus … »

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Published by d'après note de Louis Cornu - dans le disciple que Jésus aimait
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