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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 20:18

suite des articles précédents ...


Des villes, nous passons aux royaumes et aux empires. L'évêque de Rome devient "pape" sous l’empereur Constantin et en 380, l'empereur Theodose, successeur de Constantin, fait du christianisme une religion officielle ; l'Eglise orthodoxe byzantine épouseta le destin de la partie orientale de l’empire romain ; à l’est, le royaume d'Edesse accueille « officiellement » le christianisme au début du IIIème siècle (en 204, le roi Agbar IX se convertit) après avoir persécuté les premiers chrétiens en 57 (lien) ; le roi d'Arménie se fait baptiser en 314 et érige la nouvelle foi en religion d'Etat, puis fait supprimer les cultes païens (bien avant Théodose à Constantinople !) ; etc.

Cette dynamique est accentuée avec l’accueil des hérésies que ce soit par rapport à Rome (Carthage et le donatisme) ou par rapport à Byzance : les Goths sont évangélisés dans l'arianisme, l'Arménie, la Syrie et L'Egypte optent pour les thèses monophysites, la Perse islamisée reconnaît la seule Eglise d’Orient de théologie nestorienne, après la conquête arabe en 633 (lien), etc.

Lors des réformes protestantes luthérienne et calviniste, on retrouve le même principe : les fidèles adoptent la foi de leur souverain ! Les anabaptistes radicaux imposent aussi leur confession dans le cadre de la cité de Münster considérée par eux comme la nouvelle Jérusalem , voir notre article du 9 juin 2007 : « Les cages de l’église Saint-Lambert à Münster à l’usage des dictateurs religieux » (lien). Avant eux, les Hussites radicaux (les Taborites) avaient eu la même attitude en fondant la cité de Tabor en Bohème méridionale, en 1420.
 
A l’époque, les unitariens de la Transylvanie feront exception car, bien qu’en cour auprès de Jean II Sigismond (qui règne de 1560 à 1571), ils ne demanderont pas le monopole confessionnel : en 1568, la diète de Torda reconnaît la pluralité des cultes (il y avait alors des catholiques, luthériens, calvinistes, et unitariens)


Incidemment, Henri VIII, roi d’Angleterre, qui règne de 1509 à 1547, pourtant grand dévot vis-à-vis de la papauté mais pris de fringale sexuelle et voulant divorcer à tout prix, se sépare de Rome et se fait proclamer chef religieux d’une Eglise nationale, l’Eglise anglicane, le 11 février 1531.

 

En France, un courant gallican se développera plus tard au temps de Bossuet, mais n’aboutira pas, sinon une résurgence tardive en réaction contre le concile Vatican I (8 décembre 1869 au 20 octobre 1870) qui proclame le dogme de l’infaillibilité pontificale. Une Eglise gallicane existe aujourd’hui en France, avec siège patriarcale à Bordeaux, mais elle dispose de très peu de paroisses sur le territoire national et a connu de nombreuses dissidences et scissions liées surtout à des ambitions ou conflits personnels (nous recommandons son site qui est remarquablement bien documenté, lien).
 

En Chine, l’Eglise « patriotique » peut être rattachée à ces tensions nationalistes, sinon que ce sont surtout les autorités publiques qui, là, mènent le jeu. Le rapprochement est plutôt à faire avec l'Eglise anglicane née de la seule volonté d'Henri VIII.


Le patriarcat grec orthodoxe, dont le siège est toujours à Byzance devenu Istanbul après la conquête turque, va être soumis lui aussi aux tensions nationales. Le leadership est pris par le patriarcat de Moscou ; puis, au XIXème et XXème siècles, des patriarcats nationaux apparaissent en Serbie, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Albanie, Ukraine (à Kiev, mais non reconnu par les autres), Chypre, Pologne, Tchéquie et Slovaquie, voir même aux Etats-Unis ! A la tête de ces entités, un patriarche ou un archevêque pour les patriarcats, et un archevêque pour les Eglises autonomes.

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le christianisme multicentré
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