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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 17:31

par Jean-Claude Barbier, le 19 octobre 2009


Comment les communautés chrétiennes se sont-elles organisées ? Au début il n’y a pas Une Eglise avec ses paroisses et cellules de base, mais une myriades de petites communautés s’organisant elles-mêmes d’abord au sein du judaïsme, puis en marge et à l’extérieur. Comment ces communautés se sont-elles gérées, coordonnées mutuellement, ont affirmé leur unité ? L’ecclésiologie consiste à étudier la façon dont les Eglises s’organisent sous leur aspect social et juridique.


Le christianisme naissant emprunte tout naturellement au judaïsme de la diaspora son mode d’organisation : l'assemblée toute entière se réunit à l’initiative de ses « Anciens » pour prendre les grandes décisions ; elle est délibérante ; elle fait ekklesia, terme qui sera traduit par « Eglise », (« la multitude des croyants n’avaient qu’un cœur et qu’une âme » Actes 4, 32).


Au début, ce sont les Douze (devenus apôtres) qui jouent le rôle d’animateurs, d’arbitres pour éventuellement trancher avec sagesse les débats, de proclamateurs des décisions, d’exhortateurs. « Avec beaucoup de puissance [allusion aux miracles faits par eux], les apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient tous d’une grande faveur » (Actes 4, 33). C’est donc le groupe apostolique qui succède à Jésus et prend les affaires en main. Pierre en apparaît le leader incontesté, accompagné de Jean, le fils de Zébédée.


La jeune communauté judéo-chrétienne (appelée aussi les nazôréens), à Jérusalem (et non en Galilée) s’organise très rapidement : le remplacement de Judas à l’initiative de Pierre, afin que le collège des Douze soit complet (Actes 1, 15-26) ; la Pentecôte, où Pierre joue le rôle de proclamateur (Actes 2, 14) ; pour le service des tables avec des diacres (Actes 6, 1-6); plusieurs vendent leurs terres ou leur maison et les apportent aux pieds des apôtres pour une mise en commun (Actes 1, 34-35) ; pour convenir de l'évangélisation des païens (Pierre doit se justifier Actes 11, 1-18), de leur baptême (Actes 10, 44-48), puis, en 48-49 d’une dispense de circoncision et de certaines prescriptions mosaïques (Actes, 15).


Les décisions font donc l’objet de délibérations à l’invitation des leaders historiques. Il n’y a pas de vote, mais constat d’un signe de Dieu : tirage au sort pour remplacer Judas, ou transe de possession (les païens candidats au baptême sous l’action du saint-Esprit), ou par vision acceptée par la communauté (celle de la nappe descendue du ciel et pleine de victuailles afin de pouvoir manger avec les païens). La décision peut venir d’une délibération mais dans un climat de recueillement, de foi : le consensus pour désigner les diacres, ou encore l’arbitrage (Jacques, le frère de Jésus lors de la réunion de Jérusalem en 48-49), Lorsque Paul vient pour la première fois à Jérusalem, vers 39, il parle des « trois colonnes » de l’Eglise naissante que sont Pierre l’apôtre, Jean l’apôtre et Jacques le frère de Jésus.


Après le martyre de l’apôtre Jacques, le fils de Zébédée, en 43 ou 44, puis le départ de Pierre à Antioche (vers 49), C’est Jacques, le frère de Jésus qui prend la tête de la communauté de Jérusalem. Les apôtres (du moins Pierre) sont alors partis en mission. A son martyre en 62, c’est Siméon (de la famille de Jésus) qui lui succède, par consensus de la communauté (dont les disciples de la première heure). Le premier évêque d’origine païenne sera Marc (environ 135 à 155) après que l’empereur Hadrien ait eu, en 135, expulsé tous les Juifs de Jérusalem.


Dans ces premières communautés les leaders historiques qui ne sont pas élus, mais reconnus, à savoir les Douze institués par Jésus, mais également les membres de la famille de Jésus (Marie sa mère, son frère Jacques, puis Siméon qui succèdera à Jacques, etc.). Ailleurs ce sont les « anciens », ceux qui font preuve de sagesse du fait de leur âge ou encore parce qu’ils sont les fondateurs de la communauté.


Au sein de ces communautés, des fonctions se dégagent : le maître de céans qui héberge l’assemblée lors des cultes (donc qui est assez riche pour être propriétaire d’une maison), l'enseignant pour les catéchumènes, le docteur en théologie au sens juif du terme, l'apôtre qui évangélise (tous partiront en mission) et qui peut imposer les mains, le visionnaire, le prophète itinérant. Paul les énumère comme autant de charismes, ainsi que la Didaché (texte écrit entre 60-90, et qui est considéré comme texte apostolique).

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le christianisme multicentré
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