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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 00:34

suite des pages précédentes

Dans le sillage du théologien allemand Rudolf Bultmann (1884-1976) qui a prôné l’absolue nécessité de démythologiser les textes sacrés et de rechercher derrière chaque fait invraisemblable quel symbole se cachait, nous proposons cette version dont (presque) tous les miracles * ont été supprimés. Pourquoi « presque » ? Il est impossible de nos jours d’accepter qu’un homme ait pu ramener à la vie des cadavres et, à plus forte raison, se ressusciter lui-même. En revanche, guérir des malades peut être à la portée d’un magnétiseur ou d’un rebouteux, si la maladie n’est pas trop grave. Les seuls « miracles » que nous ayons laissés sont ceux où Jésus rend la vue à un aveugle ou l’ouïe à un sourd, car ils peuvent facilement être démythologisés.
* Rappelons qu’en grec, le mot Semeion signifie « signe ». Lors de la traduction en latin de par Saint Jérôme (« Vulgate »), il a été traduit par « miraculum » ce qui donna ultérieurement en français « miracle ». Le mot « signe » doit être considéré comme équivalent de « symbole ».

Dans notre Petit catéchisme à l’usage des jeunes qui ne veulent plus être menés en bateau *, nous proposions cette interprétation… En d’autres termes, les miracles ne sont que des symboles, mais pour augmenter leurs chances d’être crus par les foules, cinquante ou soixante-dix ans après les faits, les évangélistes en ont rajouté, d’où l’abondance de gestes extraordinaires qu’ils ont prêté à leur Maître : l’aveugle qu’ils ont cru voir ne l’était que dans son coeur ! Il ne faut donc sans doute rien voir de plus dans les miracles que des signes par lesquels Jésus secouait ceux qu’il trouvait endormis. Jésus n’a fait que rappeler au pauvre homme qu’il devait « ouvrir les yeux » et retrouver l’état d’éveil, seul à permettre l’évolution spirituelle. On peut mettre dans le même cadre l’histoire du sourd auquel il a rendu l’ouïe (7, 32-37). Jésus l’a sans doute invité à se déboucher les oreilles pour mieux entendre son enseignement. D’ailleurs dans 13, 33 Jésus dit… Prenez garde, restez éveillés car vous ne savez pas quand sera le moment.
* Editions Le Phare de Misaine, 2002. Épuisé.

Les récits de miracles n’apparaissent pas que dans les évangiles canoniques. Dans les apocryphes du Nouveau Testament, ils abondent et sont la plupart du temps totalement délirants. Les Actes de Pierre, de Jean ou de Paul regorgent de faits mythiques comme un chien qui parle, un lion que Paul baptise, une martyre livrée à des taureaux que l’on a préalablement excités en leur brûlant les testicules, mais qui en réchappe miraculeusement, etc. Ces récits datent généralement des IIe et IIIe siècles, mais leurs auteurs n’avaient aucune raison de freiner leur imagination puisque les textes canoniques leur avaient montré la voie !

Nous avons donc supprimé les récits de résurrections mais conservé la plupart de ceux de guérisons, pour la raison simple que nous avons exposée, à défaut d’être avérée. Les versets épurés sont indiqués entre crochets : […].

Chapitre I - [10-11], [13], [23-28] [32-34], [40-45] mais maintien de la guérison de la belle-mère de Simon (29-31) : premier exemple d’un « miracle » que nous avons laissé. Admettons que la belle-mère de Pierre n’était pas très fiévreuse et que Jésus avait les mains fraîches ! Chapitre II - [3-12]. Chapitre III - [1-6], [11-12]. Chapitre IV - [37-41]. Chapitre V - [2-43]. Chapitre VI.- [39-44], [48-50]. Chapitre VII - [25-37]. Chapitre VIII - [1-10], [19-21]. Chapitre IX - [3-8], [17-29]. Chapitre X. Chapitre XI - Nous avons laissé volontairement l’épisode du « figuier desséché » (12-14) bien qu’il soit absurde : il est précisé que ce n’était pas l’époque des figues. Comment Jésus aurait-il pu blâmer ce pauvre figuier qui n’en pouvait rien ? Il est vraisemblable que ce passage a été ajouté au 2ème siècle, les auteurs ne s’étant pas aperçus de sa stupidité, indigne de Jésus ! Chapitre XII. Chapitre XIII - [24-27]. Chapitre XIV – à propos de (22) « Pendant le repas, il prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit : « Prenez, ceci est mon corps *. » - Les protestants qui ne croient ni à la transsubstantiation ni à la présence réelle, aimeraient que l’auxiliaire être puisse ici être remplacé par symbolise ou représente. « En araméen biblique, le verbe être est employé de la même façon qu'en hébreu biblique. La racine est hé-waw-hé (et non pas hé-yodhé) » (cette précision nous a été apportée par Madame S. Müller-Trufaut, professeur d’hébreu à l’Institut Protestant de Théologie à Paris, en septembre 2012). Chapitre XV - [38]. Chapitre XVI – voir l’Introduction.

à suivre ...

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Published by Jean-Marc Van Hille - dans exégèse biblique
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