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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 11:06

suite des articles précédents

 

Nul n’est prophète en son pays


Son culte excite d'abord les railleries, et il doit châtier les filles d'Argos (Argos est le cyclope que tua le dieu Hermès) près d'Éleuthère, ainsi que Penthée, roi de Thèbes, pour cela. Les femmes d’Argos devinrent folles et se mirent à dévorer leurs nourrissons car elles n’exaltaient pas convenablement Dionysos. Les sœurs Agavé, Ino et Autonoé, tuèrent Penthée, le fils d'Agavé, lors d'un délire dû à Dionysos. Le dieu exigeant frappe également de folie, pour la même raison, les trois filles de Proétos (Lysippé, Iphinoé, Iphianassa) – mais elles furent heureusement guéries par un nommé Mélampous ! – ainsi que les Minyades, filles du roi d’Orchomène en Béotie, Minyas, au nombre de trois : Leucippé, Arsinoé et Alcathoé.


 « Le retour de Dionysos chez lui à Thèbes, s'est heurté à l'incompréhension et a suscité le drame aussi longtemps que la cité est demeurée incapable d'établir le lien entre les gens du pays et l'étranger, entre les autochtones et les voyageurs, entre sa volonté d'être toujours la même, de demeurer identique à soi, de se refuser à changer, et, d'autre part, l'étranger, le différent, l'autre. » (Jean-Pierre Vernant, « Dionysos à Thèbes », dans « L'univers, les dieux, les hommes », p. 190).

 

Jésus à Nazareth connaîtra la même ingratitude !


Les apparitions


dionysos_et_la_coupe_2.jpgDionysos est, avec Apollon, un dieu qui se manifeste par épiphanies : éternel voyageur, il surgit par surprise. Il se présente toujours comme un étranger, courant le risque de ne pas être reconnu (comme nous venons de le voir à Thèbes). À la fois vagabond et sédentaire, il représente la figure de l'autre, de ce qui est déroutant, déconcertant, anomique.

 

Dionysos avec ses attributs : pomme de pin, lierre, coupe à boire, peau de panthère noué autour du cou


Les gens de cette époque étaient habitués à des visites de dieux ou à des apparitions d’êtres surnaturels. A Lystres, en Asie mineure (en Lycaonie de l'époque), Paul guérit un impotent " ... la foule s'écria, en lycaonien : "Les dieux, sous forme humaine, sont descendus parmi nous !" Ils appelaient Baranabé Zeus et Paul Hermès, puisque c'était lui qui portait la parole. Les prêtres du Zeus-de-devant-la-ville [car son temple était en dehors des remparts] amenèrent au portail des taureaux ornés de guirlandes, et ikls se disposaient, de concert avec la foule, à offrir un sacrifice" (Ac, 14, 11-13) A Malte, lorsque Paul se débarrasse d’un serpent sans en être piqué, les gens présents pensent tout de suite que c’est un dieu (Ac, 28, 1-6). Le même Paul nous dit que pas moins de 500 disciples à la fois virent Jésus après sa mort (1 Cor 15, 5) et les évangiles en relate plusieurs lieux d'apparitions : à Jérusalem au tombeau et au Cénacle, à Emmaüs, et en Galilée, sur une montagne puis au bord du lac de Tibériade.


Une existence sur terre


Dans le panthéon grec, Dionysos est un dieu à part : c'est un dieu errant, un dieu de nulle part et de partout. Bien qu’il fasse partie des douze Olympiens (mais pas dans toutes les listes), il ne vivait pas sur le mont où régnait Zeus et sa famille. Ses aventures sont multiples parmi les humains et les épisodes ravissaient les auditeurs. Mieux, il a des qualités humaines de compassion et de pardon : lui qui fut pourchassé par la cruelle Héra, l’épouse jalouse de Zeus, on le voit négocier la libération de celle-ci auprès du dieu des forgerons Héphaïstos qui l’a prise au piège.


Jésus, même remonté au ciel dans la mythologie chrétienne, vaut toujours pour son ministère public que relatent les évangiles. Sa nature humaine a d’ailleurs été toujours affirmée par les tenants mêmes du dogme trinitaire, contre les docètes (pour qui son séjour sur terre ne fut qu’une apparence au sens platonique du terme) : pleinement Dieu par ses origines et par sa résurrection, il est aussi pleinement homme !


Le solstice d’hiver


Alors qu’Apollon règne comme un soleil au firmament, et se fête en conséquence au solstice d’été, Dionysos est « en bas », sur terre. Par opposition à Apollon, il est fêté au solstice d’hiver.
« Il semble qu'à l'époque pré-olympienne, son culte soit à rapprocher des cultes cosmiques liées à la période solsticiale, agro-lunaires et chtoniens. Dionysos est nommé Pyrigénès, Pyrisporos, « né ou conçu du feu », c'est-à-dire de la foudre. Son nom implique une filiation reconnaissable avec le dieu céleste indo-européen et on peut reconstituer dans sa naissance un mythe classique où la Terre mère Sémélé est fécondée par l'éclair céleste du dieu du ciel, Zeus » (Wikipedia se référant à Henri Jeanmaire).


Alors que les Dionysies se fêtaient au temps des vendanges, en octobre, les Anthestéries étaient une célébration solsticiale hivernale et la fête des morts. « Dionysos dépasse cette période dangereuse par la conquête de l'immortalité. Il est alors le dieu chthonien de l'hiver, complémentaire ou opposé à l'Apollon solaire. » (Wikipedia).

 

Il y avait aussi comme autres fêtes dionysaques, les Agrionies.

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans Jésus et Dionysos
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