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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 09:20
V - Peut-on être moderne et pratiquer le vodoun ?


36 – Tout chef de famille a à cœur de protéger les siens, de les assurer contre les risques . s’il est lui-même converti au christianisme et à l’islam, demandera à un prêtre de faire le nécessaire. C’est être inconscient que de ne pas prendre les précautions face aux risques de la vie, ou bien d’abandonner ces protections sous prétexte qu’on s’est converti à une autre religion.

37 - Face à l’occidentalisation certains revendiquent la religion locale afin de défendre leur culture endogène. Des intellectuels maintiennent des sanctuaires en déshérence ; en font des musées que l’on peut visiter tout en assumant la continuité des services. Des artistes renouent avec leur culture afin de s’en inspirer. Cette culture, par ses légendes, par ses arts, par son sens de la Nature, va d’ailleurs bien au-delà de simples croyances religieuses.

38 – La pratique ou du moins le respect de la religion des ancêtres permet le maintien des relations familiales avec les générations antérieures, et la continuité des lignages et des entités politiques anciennes. L’Histoire se perpétue et donne une plus grande profondeur à chaque vie individuelle.

39 Le rappel de la religion des ancêtres est aussi le rappel de valeurs morales qu’on ne doit pas oublier : l’honnêteté, le respect des parents et anciens, l’amour de la famille, le travail bien fait, etc.

Gbe_languages.pngndlr : Phla-Phera = Xhla et Xhwedha ("xh" se prononçant comme la jota espagnole) dans notre texte

VI - une revalorisation des religions « païennes »
suite aux critiques adressées aux grands monothéismes


40 - Et puis, les monothéismes, chrétien et islamique en particuliers, vivent actuellement un fiasco qui les invite à être plus modestes. Plus que d’autres religions, ils sont en effet accusés d’avoir été trop souvent fanatiques et meurtriers. Et puis, hormis de grandes et belles périodes où ils ont été éminemment civilisateurs, ils ont constitué un obstacle au développement des connaissances scientifiques et à l’élaboration d’une morale plus moderne que celle héritée des mondes antiques.

41 - Alors que nous critiquons volontiers les « idoles » colorées et baroques des divinités de l’hindouisme, les représentations bibliques et coraniques de Dieu restent bel et bien très anthropomorphiques (même si Allah n’a pas le droit d’être figuré). Mieux, le culte marial et les cultes des saints (chrétiens, chiites et soufis) ne sont pas sans rejoindre l’ambiance générale des cultes dit « païens ».

42 - L’approche historico-critique des textes dit sacrés n’est plus dupe des prétentions des théologiens affirmant qu’il y a eu révélation ou inspiration d’en haut. Les religions apparaissent de plus en plus comme des constructions bien humaines, ce qui relativise les différences entre les religions : il n’y a plus de religions qui serait supérieure aux autres ; chacune s’est développée à partir d’une culture, d’une histoire, d’évènements particuliers.

43 - Si Dieu existe, on peut penser qu’il est en tout cas bien loin des représentations qu’on en fait. Sachons donc voir au-delà de ces représentations car elles ne sont que des jalons, des abécédaires, des vitraux d’église, des mises en scène théâtralisées. Voyons l’astre et non pas seulement le doigt qui le désigne. N’oublions pas qu’un Gandhi était héritier de l’hindouisme. Nos artistes africains, héritiers du vodoun, ont eux aussi quelque chose à nous dire, à nous faire comprendre ; à nous de voir et de comprendre les mystères de la vie dont ils nous parlent à travers une culture particulière qui a toute sa valeur.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le vodoun
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