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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 07:53
IV - Comment fonctionne ce système religieux ?


28 –Avec les grandes divinités possédantes, l’influence yoruba apporte aussi des sociétés de masques (dans un rôle de contre sorciers), dont les plus célèbres sont Oro (dont on entend les rhombes mais qu’on ne voit pas), Ogungun (les « revenants »), et Gélédé (avec ses masques caricaturant les nouveautés). Celles-ci s’ajoutent à la confrérie de Zangbéto qui est originaire d’Allada et qui joue le même rôle. Chaque société de masque est animée par un génie, si bien que le porteur de masque perd sa propre identité pour être le génie lui-même en action ; il est en situation de médium, prêtant son corps au génie.

29 - Il n’y a pas de cohabitation obligatoire au sein d’un panthéon, ni de filiation généalogique entre les entités surnaturelles, encore moins la formation d’une triade (ternaire ou trinitaire) à l’exemple des religions indo-européennes ; chaque culte fonctionne indépendamment des autres. Il peut s’ajouter à d’autres au sein d’une même maison, mais les sanctuaires restent bien distinctes. Toutefois, un même prêtre peut les desservir.

30 - Il n’y a pas de centralisation bien qu’il y ait des sanctuaires plus anciens qui ont davantage de notoriété. Mais, d’une façon générale, il y a une autorégulation parce que les gens connaissent leur culture et ne suivraient pas les aberrations ; il y a une culture partagée.

31 – Mais comme il n’y a pas d’uniformisation il peut y avoir des situations particulières ou présentée comme telles, comme le sanctuaire au Danhomey où un Lisa masculin (un culte local dont les autels sont garnis d’un chapelet de coquilles de gros escargots blancs ; la divinité elle-même est représentée comme unijambiste) se trouvait ni plus ni moins associé à un Mawou qui serait ici féminin, le dieu créateur ! Bigre ! … et Nana Burunku en serait leur fille (on retrouve ici le modèle helléniste de l’Olympe).
En fait, durant la période coloniale, des sanctuaires ont été dit « mawulé » - la maison de Dieu – puisque Mawu était compris et admis par les chrétiens contrairement aux autres « fétiches ». En fait, tout semble indiquer qu’il s’agisse de la seule divinité endogène Lisa qui s’est adaptée aux temps coloniaux ou encore qui a été présentée ainsi par des informateurs d’une façon qu’ils jugeaient mieux compréhensible aux chercheurs étrangers.

32 - Toutes ces entités répondent à un même besoin : nous sauver des sorciers (êtres imaginaires qui captent à leur profit nos forces vives, notre substance, et qui occasionne ainsi notre affaiblissement puis notre mort par anémie), des jaloux qui peuvent nous envoyer des sorts, des maladies, des malheurs de la vie quotidienne, des dangers des voyages, etc. Ces croyances sont partagées, y compris par ceux qui se convertissent à des religions « étrangères » comme l’islam ou le christianisme.

Fa_devin_tablette.JPGun devin avec sa tablette


33 -
Grâce à la divinisation (la géomancie du Fa avec ses 16 signes fondamentaux et ses 240 combinaisons), le fidèle peut savoir à quelle divinité il doit s’adresser. C’est donc le devin, le boko, qui met en relation la demande et l’offre. Ici, la géomancie met en relation généralisée les puissances surnaturelles et les hommes, d’où le rôle incontournable du devin. Sa maison est d’ailleurs protégé par des génies particuliers – et curieusement ce ne sont pas des legba – ce qui montre bien le caractère composite de cette religion.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le vodoun
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