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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 18:53

quelle différence y a-t-il entre les génies et les divinités ?

15 – La divinité a en plus un nom propre. Le Premier testament de la Bible établit bien la différence entre IHVH/adonaï que d’aucuns ont traduit par Yéhovah ou Yavhé – le dieu qui s’est révélé à Moïse – et l’Elohim ou encore les « élohim », cette dernière forme pluriel montrant bien qu’il s’agit d’une catégorie : le Dieu qui fait partie de la catégorie des dieux, à partir de la racine « el » qui se retrouve dans toutes les langues sémites et qui donnera le nom d’Allah pour le Coran.

16 –Les divinités ont aussi la possibilité de se manifester sous des formes différentes, par des avatars, ce que l’hindouisme pratique allègrement. Le Candomblé en Amérique latine et centrale va jouer sur cette possibilité. Interdites par le catholicisme, les divinités du vodoun trouvent « tout naturellement » et sans syncrétisme des formes correspondantes dans le registre chrétien. La douce Nana Burunku se fait Vierge Marie, l’archange Saint-Michel terrasse les dragons comme Shango foudroie les sorciers et les coupables, etc.

14 – Alors que les génies sont dans une seule fonction, les divinités répondent à toutes les demandes : guérir de maladies, protéger contre les jaloux (l’œil rouge), tuer des sorciers qui nous menacent, rendre les femmes fécondes, augmenter le troupeau, etc. Elles sont polyvalentes, même si chacune a sa ou ses réputations.

15 – Mais on peut assister aussi à une divinisation de certains génies. Les légendes orales en pays yoruba ou encore celles qui sont véhiculées avec le système de divinisation du Fâ, montre un Legba rusé et malin, rivalisant avec les dieux, leur volant même la vedette *. En Haïti, Legba a un avatar chrétien qui est ni plus ni moins saint Pierre, gardien avec ses clefs des portes du Paradis ! Il en est de même de , l’esprit qui préside aux séances de divinisation et qui, lui aussi devient plus qu’un génie.
* mais le legba au Bénin ne génère pas un culte spécial. Il n’a pas d’adeptes à lui ; lorsque le chef de famille veut faire apporter une offrande (par exemple de la bouillie ou de la pâte) à son legba protecteur, il envoie de jeunes initiés d’autres divinités qui, alors, s’habillent d’une façon baroque et clinquante, avec un chapeau fantaisiste (haut de forme végétal, casque colonial, etc.). Ci-joints deux danseurs présentés comme "adeptes de legba", photographiés en 1950 à Abomey (sans doute par Pierre Verger)

legba_adepte_abomey_1950.jpglegba_adepte.jpg

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Published by Jean-Claudse Barbier - dans le vodoun
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