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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 18:36

Qui sont-ils ?

08 - des ancêtres qui, décédés, sont quelque part, dans un au-delà après la mort. Elles continuent à protéger leurs descendants (et eux seuls). Le culte qui leur est rendu est donc lignager et communautaire, impliquant obligatoirement tous les descendants nonobstant les choix religieux qu’ils peuvent faire par ailleurs.
Parmi ces ancêtres, certains sont plus importants car ils ont été fondateurs d’une chefferie ou d’un royaume. Dans ce cas, ils sont censés protéger tous les habitants de l’entité politique concernée ainsi que les gens qui en sont issus et qui ont émigré ailleurs.

09 - des divinités « endogènes », territoriales, qui « sortent de terre » ou d'une anfractuosité quelconque ou encore d'un trou d'eau, etc., et qui se sont révélées aux premiers occupants des lieux. Elles vont jouer le rôle de puissance tutélaire couvrant tous les habitants. Les descendants des ancêtres qui ont reçu ces révélations en restent les desservants.

dan pierre vergerautel à Dan, composé de plusieurs petites poteries censées contenir les attributs de la divinité (photo Pierre Verger prise vers 1950).
Cet autel n'est pas visible aux non initiés.
Dan est la grande divinité des populations Xhula de Grand-Popo et Xhwédha de Ouidah, région lagunaire du littoral béninois.
Elle se manifeste sous l'apparence des pythons royaux et de l'arc-en-ciel
.


10 – des divinités « exogènes » venues d’ailleurs (le cas des orisha yoruba) et qui sont cooptées par le système religieux en place, ou encore de nouvelles divinités qui se révèlent (cas des cultes post-coutumiers). Elles se superposent et s’articulent aux autres.

11 - des génies qui hantent des lieux de brousse (comme les djinns de l’islam ou les korrigans de nos légendes bretonnes, avec lesquels les voyageurs et les chasseurs doivent composer ; dans le Sud-Bénin, le génie Aziza hante les grandes termitières dites « cathédrales » ), ou encore dans les zones humides  (comme les génies de l’eau de la large vallée de l’Ouémé au Sud-Est Bénin et qui sont, dans ce cas, des fœtus avortés ou encore des bébés qui ont été tués à leur naissance ou peu après car considérés comme mal formés * ), ou encore des génies protecteurs dont les autels sont volontairement implantés par l’homme afin de protéger les lieux habités (par exemple les legba ** dans la tradition du vodoun)
* fœtus avortés et enfants malformés sont considérés comme étant des génies de l’eau qui se seraient égarés dans le milieu liquide du ventre maternel, si bien qu’on les remet dans leur élément qui est l’eau. Ce sont les tôhossou ou tôwossou
** un legba pour protéger une maison de grande famille, un to-legba pour protéger une place de marché ou un village (to = village), un legba-zangbeto en faction devant un couvent où se réunissent les initiés de la confrérie Zangbéto, etc.


12 - Les génies et les divinités, contrairement aux anges des discussions byzantines, sont sexués. Les legba, par exemple, gardiens des lieux dans les pays où le vodoun s’est développé, brandissent un sexe en érection perpétuelle. Nana Burunku est au contraire une figure féminine et toute maternelle.

13 - Ils ont aussi, les uns et les autres, un caractère bien trempé. Le legba dispose de cornes de taureaux pour bien montrer sa dangerosité : que nul de passe devant lui avec une mauvaise intention (de sorcier ou de simple voleur) car il peut alors le foudroyer sur place. Le chef de famille vient lui apporter de la nourriture en offrande chaque fois qu’il doit recevoir des étrangers nombreux afin que le legba ne s’emporte pas trop hâtivement et ne cause l’irréparable.

14 - Ces puissances ne sont pas « mauvaises ». Par définition elles veulent l’ordre moral et sont là pour nous aider. En conséquence, tout comme IHVH dans le Premier testament, elles punissent les sorciers, les malfaiteurs, les ennemis qui menacent la population qu’elles protègent, ou bien pour rappeler leur existence aux insouciants (afin qu’on leur rende un culte). Les prêtres qui les approchent doivent avoir le cœur pur sinon ils sont les premières victimes de ces divinités sévères. Les parents ne font-ils pas ainsi vis-à-vis de leurs enfants lorsque ceux-ci sont têtus et désobéissent ? Sauf que cela peut aller jusqu’à la mort !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le vodoun
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