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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 21:47

1 - Brahmâ :

Le premier cité de la triade. Le dieu créateur. Les Écritures Sacrées de l’Inde, les Védas, le font remonter directement à l’Etre Suprême. Il est mentionné dans les Veda comme Prajâpati. Non mentionné dans les Brâhmana, mais très présent dans le Mahâbhârata, le Râmayâna et les Purâna.
Ses statues le représentent avec quatre têtes. Brahmâ regarde ainsi dans les quatre directions de l’univers. Ces têtes sont considérées comme l’incarnation des quatre Védas.
Ce dieu est un " deus otiosus " : bien qu’étant le Créateur de toutes les créatures vivantes, il n’y a qu’un seul temple qui lui est totalement dédié, à Pushkar au Rajasthan. Ses fidèles sont peu nombreux, peut-être parce qu’en tant que créateur de ce monde, les choses sont déjà faites et on a plus rien à lui demander !
Le dieu de la sagesse, il n’intervient pas beaucoup, de façon occasionnelle dans les affaires des dieux, et encore plus rarement dans celles des mortels. Il aurait cependant encouragé le Bouddha (l’Eveillé) à enseigner aux humains.
Il vit à Brahmapoura, une cité située sur le mont Meru. Sa monture (vâhana) est un hamsa, une oie ou un cygne. Sa couleur est le rouge.
Contrairement aux deux autres dieux, n’a pas d’incarnations propres (pas d’avatars). Il est le père de Dharma et Atri.

Brahma, jadis, était adoré comme étant le plus important de la trinité ou trimourti, mais, en fait, très peu de temples lui sont consacrés et, de nos jours, le nombre de ses fidèles est extrêmement limité. Ses temples, cependant, respirent la majesté, comme celui de Pushkar (signifiant : Lotus) que nous avons visité après nous êtres pliés avec respect aux rites du lac sacré de cette ville et avoir eu, appliqué sur le front, le point rouge des dévôts. L’explication de cette désaffection pour le culte de Brahma nous a été donnée sous une forme réaliste et, mon Dieu, fort logique, par un Hindou convaincu. " La création, observait-il, est faite, et regardez : on ne peut pas dire qu’elle signifie le bonheur (il avait, en disant cela, une moue d’amertume)! Alors Brahma, vous comprenez, c’est terminé! Il faut penser au présent et à l’avenir. Vishnou, le Conservateur, Siva, le Destructeur, eux, oui, ils sont toujours d’actualité! " Cette déclaration, de sa part, n’était pas sacrilège. Il savait parler d’attributs divins. S’il reniait l’un et le rejetait dans un passé révolu, il n’en était pas moins respectueux des deux autres, et par cette dévotion, de Dieu lui-même !
" (2)

1.1 - Sarasvati
, son épouse, est sa shakti, son énergie. Elle est la déesse de la science, de la connaissance (dont le Créateur a besoin). L’art hindou la représente un luth à la main, montée sur un cygne.

1.2
Dharma, fils de Brahmâ

1.3
Atri, fils de Brahmâ

2 - Vishnu (Vishnou, Vichnou) :

Le " Protecteur " ou " Conservateur " de l’univers, le second attribut ; s
ouvent cité par les Védas, donc dieu extrêmement ancien. Est le plus souvent représenté assis ou couché sur son serpent personnel qui lui sert de siège ou de lit. De ses quatre mains, les deux supérieures tiennent l’une, une coquille ayant la forme d’une conque, et l’autre, un disque. Il a eu 10 incarnations, dont la 9ème est censée être le Bouddha et dont les deux plus importantes sont Rama et Krishna

" De temps en temps il prend pour le bien des humains une forme visible: il s'est déjà incarné 9 fois. et doit s'incarner une 10e : ces incarnations s'appellent avatars. Les 4 premières eurent lieu dans le premier âge du monde, dit Satiayouga, âge d’or, où tous les hommes étaient bons et vertueux; les suivantes, dans le 2e et le 3e âge; la 10e terminera la période actuelle, l'âge noir ou de fer (Kali-youga), et mettra fin à l'existence du monde. Dans les 4 premières incarnations, Vichnou se montra successivement sous la forme d'un poisson; d'une tortue, d'un sanglier, d'un lion. Après avoir ainsi revêtu diverses formes animales de plus en plus relevées, il prit la forme humaine : il fut d'abord le brahme nain, Vamana, puis le brahme guerrier et armé de la hache, Paraçou-Rama, enfin le beau prince Rama, fils de Daçaratha, radjah d'Ayodhia ou Aoude (dont les aventures sont le sujet du Ramayana) ; il devint ensuite Krishna, le bon pasteur le vainqueur de Kansa, et enfin Bouddha, le saint, le sage par excellence. Vishnu lorsqu'il s'incarnera pour la 10e fois, sera le cheval exterminateur Kalki, qui d'un coup de pied réduira le globe en poudre. " (3)

" Vishnu est le premier être qui sorte du sein de la mer primordiale, et alors on le nomme Narayana (celui qui se meut sur les eaux); de son nombril sort un lotus qui porte les 2 autres personnes de la Trimourti (Brahma et Shiva). Il dort et flotte sur les eaux dans l'intervalle des petites destructions du monde : on le représente alors étendu sur le grand serpent Adisécha ou Ananta, qui s'allonge sous son corps en forme de lit, et recourbe ses sept têtes au-dessus de la sienne en forme de dais. " (3)

" D'autres fois il est porté sur un épervier ou sur un aigle. La jeunesse et la vigueur se dessinent dans tout son extérieur; ses statues ont la figure bleue, avec 4 bras et 4 mains : dans une main il tient une massue, dans une autre une roue magique (tchakra), dans la 3e une conque, dans la 4e un lotus; sa tête est ornée d'une magnifique couronne à triple étage en forme de tiare. " (3)

Vichnu est adoré dans l'Inde entière, mais principalement à Djaggernat, où l'on voit des fanatiques se faire écraser sous les roues du char qui porte sa statue.

2.1 - Lakshmi
, son épouse, est née de l’écume de l’océan ; comme Vénus, elle est aussi belle que la déesse grecque. Elle gouverne la richesse et la prospérité [voir le culte de la Sirène - la Mami Water - sur les côtes de l’Afrique occidentale]. Elle préserve la prospérité apportée par Vishnu.

2.2
- Vishnu est aussi Rama

L’épopée de Rama est un très long récit souvent profondément symbolique. Le Ramayana est même, une fois par an, joué dans toute l’Inde au cours de plusieurs jours dont le dernier est un jour de grande réjouissance, le Dusehra. Il correspond au dernier acte de l’épopée, quand Rama est vainqueur de Ravana, le monstre à dix têtes. Le Ramayana est long de 48 000 vers et il aurait été l’œuvre d’un seul et même auteur - Valmiki.

2.2.1
- Rama, naturellement, a une épouse, Sita, qui est considérée, en Inde, comme l’idéal de la femme. Rama et Sita sont les divinités les plus aimées et les plus populaires.

2.3 - Vishnou est aussi Krishna

La 8ème incarnation de Vishnou. Il est le principal héros de l’épopée du Mahabharata, récit beaucoup plus long que le Ramayana puisqu’il comporte 100 000 stances. La paternité en a été attribuée au Sage Vyasa. C’est dans le Mahabharata que se trouve un ouvrage de grande sagesse, la "Bhagavad-Gîta " ou " Chant du Bienheureux ". 

Krishna, enfant ou beau jeune homme, est toujours représenté le corps et le visage bleus. Il tient à la main une flûte ou en joue. Il est, pour les hindous, le symbole de l’amour personnel humain. Il est le dieu le plus aimable et le plus compréhensif. À cet égard, il est un idéal souvent représenté dans les danses, les sculptures ou les peintures et la musique hindoue s’inspire largement de lui. Pour les jeunes filles, il est l’homme idéal, l’amoureux dont elles rêvent. Krishna, enfant, était un bon petit diable qui joua bien des " tours " à sa mère. Mais ce sont surtout ses jeux amoureux avec les bergères qui ont le plus de célébrité. Un dieu bien humain que Krishna, un dieu qui peut tout comprendre, ce qui explique pourquoi tant de fidèles lui rendent un culte et se confient à lui. Il est aussi, par beaucoup, dont les dévôts de Krishna, considéré comme l’incarnation de l’Etre Suprême.

Comme pour Jésus, il est né d’une vierge immaculée (
mais l’emprunt va dans quel sens ?) ... et lui aussi n'a pas d'épouse. 

Il est devenu célèbre même en Occident grâce à ses dévots portant une robe de couleur safran, qui vont, la tête rasée, à l’exception d’une touffe de cheveux et s’accompagnant de tambourins, dansent et chantent : Hare Krishna ! (Vive Krishna). La touffe de cheveux est gardée pour permettre à Krishna, au moment du décès, de saisir ses fidèles et de les élever jusqu’à lui.

3 - Shiva

Le troisième attribut de l’être suprême.
Il est le destructeur, le Maître de la mort, de la peste, de la guerre et de catastrophes telles que la sécheresse ou encore les inondations. Le dieu qui, plus que les autres, se charge de punir par la mort ceux qui s’écartent de ce qu’il convient de faire ; mais aussi de mettre fin aux punitions (= les catastrophes naturelles et humaines).

belle scène familiale très édifiante (la Sainte famille !) avec Shiva (et son trident, la force du mâle), Parvati (l'idéal de la femme au foyer) et le petit Ganesh, doté d'une tête d'éléphant à la suite d'une histoire rocambolesque ... et oedipienne !

" Mais Siva n'est pas craint. Il est vénéré, car, comme beaucoup d'Hindous nous l'ont souligné, il est le dieu qui détruit le mal, qui détruit ce qui est nuisible à l'homme et à son évolution ou salut, c'est-à-dire qui l'empêche de sortir de la roue des réincarnations. Siva est, par conséquent, avant tout, le destructeur des mauvaises actions, des mauvaises pensées, en un mot, du mal."

" Un point important est ici à souligner en ce qui concerne Siva. Certes, on peut considérer que l'adoration de ses fidèles a pour but de l'apaiser par des sacrifices et des louanges, mais cela se rapporte aux calamités et aux catastrophes ou aux maladies qui frappent ou peuvent frapper l'ensemble de la population. Cette forme d'adoration est semblable à celle que l'on pratique ailleurs, même chez les Chrétiens, pour demander à Dieu la paix, la santé ou une protection. Cette conception est peu connue, on ne la lit jamais dans aucune étude d'érudits, et elle méritait que j'en fasse état pleinement à votre intention, car Siva, vu de cette façon, est un attribut de l'Etre Suprême qui répond à un réel besoin de l'homme, en tant que créature en évolution. " (2)

Il n'a pas de résidence, bien qu'il se tienne souvent dans l'Himalaya, au sommet du mont Kailara, pour méditer sur le châtiment qui lui a été infligé par son divin collègue, Brahmâ, dont, dans une colère, il avait abattu une tête, et qui l'oblige à errer dans le temps.

Il est reconnaissable par des boucles de serpent enroulées autour de lui ou bien des peaux de tigre autour du corps ou encore un œil au centre du front (cyclope). On le voit aussi tenant une coupe creusée dans un crâne humain, ou muni d'un trident et, parfois, d'une hache de guerre. Shiva a une monture célèbre qui permet également de le reconnaître facilement dans les sculptures. C'est Nandi, le taureau sacré. De même il est reconnu par
le lingam ou phallus, emblème de l'organe sexuel masculin représentant l'énergie cosmique, la force de la création. Dans l'Inde méridionale, Shiva est représenté fréquemment en " danseur cosmique ", Nataraja.

" Le culte à Shiva est impressionnant. Nous y avons participé le 24 septembre, près d'Udaipur, dans un temple très fréquenté. C'est à l'heure fixée, 17 h 30, que les portes furent ouvertes. Les fidèles se précipitèrent et nous dans les derniers. Comme tous les fidèles, nous avions acheté des fleurs et, parvenus devant le lingam entouré de guirlandes florales, nous les avons jetées accompagnées d'une roupie, c'est la coutume, et elle s'explique, comme nous le verrons plus tard — nous avons placé nos mains face à face devant notre poitrine, puis devant notre visage et, sans le dire nous-mêmes, nous avons baigné dans les vibrations du mot " Siva! Siva! " qu'à voix haute, en passant devant le lingam, prononçaient les Sivaïstes, chacun seul avec lui-même et avec le dieu, dans une concentration intérieure que je n'ai jamais constatée aussi intense qu'en Inde, même chez l'homme de la rue, au moment de sa prière. Je reviendrai sur ce point et sur ce que représente le temple pour l'Hindou. Il y reste peu de temps, l'espace d'un salut au dieu, le véritable culte étant rendu chez soi, chaque jour, matin et soir, devant l'autel ou sanctum familial, et cela est valable pour tout l'Orient, y compris pour les Tibétains. " (2)

3.1
- Parvati, épouse de Siva ; de toutes les déesses de l'hindouisme, c’est la plus puissante. Elle est désignée par de nombreux qualificatifs. Considérée d'humeur bienveillante, c’est une femme belle et attachée à son époux, près de qui elle est représentée dans une attitude aimante. Elle lui apporte son énergie.

3.1.1 - Mais elle devient aussi la reine des batailles tenant à la main les armes qui vont lui permettre de châtier. Elle est alors la terrible Durga.


" Nous étions à Darjeling et, dans le Sikkim, à Gangtok, les 21 et 22 octobre, au moment culminant des fêtes en l'honneur de la déesse Durga. Tous ses dévots portaient, collé sur le front, du riz coloré et ils suivaient cette coutume pendant trois jours. Le dernier, dans la soirée, après la joie et... les ultimes libations de la journée, l'effigie de la déesse est brûlée dans le vacarme des pétards, et cela marque la fin de la grande puja (cérémonie, fête) de Durga. Les cris de joie et tout le bruit de la fête ressemblent à tout de que l'on voit, dans des circonstances similaires, sous d'autres latitudes, et nous l'avons compris en entendant, le dernier jour, le vacarme qui présidait à la destruction de la déesse Durga, à peu de distance de notre hôtel de Gangtok... " (2)

ici, Durga-Puja avec les attributs guerriers de son époux Shiva !

" Autrefois, des rites propitiatoires barbares lui étaient réservés. Ils n'ont plus cours nulle part, pour aucun dieu, sauf, ce qui est étrange et surprenant, dans le pacifique Népal où, en certaines occasions — ce fut le cas le 14 octobre, alors que nous étions à Kathmandou. Ce jour-là, en l'honneur de Durga, chaque famille avait procédé au sacrifice sanglant d'un animal… " (2)

3.1.2 -
Parvati peut encore apparaître sous l'aspect de la déesse Kali, qui a vaincu le temps, la très redoutable et noire Kali. Sa langue rouge assoiffée pend dans son visage noir. Elle porte un collier de crânes. Il faut l'apaiser par des guirlandes de fleurs.

" Au sujet de Kali, n'oublions pas qu'elle a été la bonne et tendre Mère Divine à laquelle se référait constamment le grand Rama krishna *. Elle avait été, pour lui, au début, " la terrible ", mais il l'avait comprise et, par son amour, conquise, au point qu'elle était devenue à jamais sa " tendre mère ", sa préoccupation de tous les instants." (2) * qui fut fondateur d’un ashram

3.2 Ganesh, le fils unique de Shiva et de Parvati, doté d'une tête d'éléphanteau.

"Parmi les dieux importants, je citerai encore Ganesh, fils de Siva et de Parvati. C'est un dieu fort sympathique et attendrissant.

Ayant eu la tête tranchée par son père, dans un moment de colère - il avait osé, pour obéir aux ordres stricts de sa mère, interdire à Shiva l'entrée des appartements de Parvati, et celle-ci avait inclus son mari dans les ordres donnés. Sur les supplications de son épouse, Shiva accepta de le ressusciter et de placer sur les épaules de son fils la tête de la première créature vivante que ses gardes trouveraient sur leur chemin. Ce fut la tête d'un petit éléphant et le bon et fidèle Ganesh revint à la vie avec cette tête nouvelle. Je l'ai dit, tel qu'il est, il est attirant et émouvant. Mais il est aussi le dieu de la prudence, de la prospérité et, surtout, de la sagesse." (2)

3.3 Rudra, une forme terrible de Shiva dans le shivaïsme, souvent représenté tout en bleu.

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