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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 17:33
par Jean-Claude Barbier, article publié le vendredi 19 juin 2009 dans les Actualités unitariennes et transféré ici.

Le suaire d’Oviedo a été cité le mardi 16 juin 2009 lors de l’émission de TV5 MondeQuestion à la Une " consacrée à la datation du linceul de Turin par le carbone 14.
C’est un véritable suaire (en grec soudarion), à savoir une serviette en lin, de la taille d’un grand mouchoir de 83 x 53 cm, pour essuyer la sueur, pouvant envelopper uniquement le visage, et non pas un linceul comme l’est le " Suaire de Turin " (en grec sindôn, en hébreu sadin). C'est pour cela que, ici, nous parlons du linceul de Turin et non pas du Suaire de Turin.


On y décèle une dizaines de taches dont quatre taches de liquide sous forme d’auréoles symétriques, traversant la toile de lin. L’envers de la toile, présenté lors des expositions au public, est beaucoup plus poussiéreux que l’avers. Sont également visibles une déchirure de 5,5 cm sur le bord de la partie horizontale supérieure ainsi que de petites perforations et une série de gouttes de cire. Il fut plié en deux si bien que les tâches de sang sont disposées symétriquement. Elles correspondent parfaitement à celles du visage du linceul de Turin (comme le montre la superposition réalisée dans l'illustration de droite)  !

 


historique :

Vers 348, dans une homélie, saint Cyrille de Jérusalem (315-387) affirme : " tout ce que le Seigneur a souffert dans sa Passion, nous pouvons le voir sur ses linges mortuaires que nous conservons dans cette église (le Saint Sépulcre)". Ils (le suaire, les bandelettes, le linceul ?) étaient conservés dans un coffre.

En 614,
avant la prise de Jérusalem par les Perses, selon l’Histoire de Pelagius, évêque d’Oviedo au XII ème siècle, le coffre part vers l’ouest, par l’Égypte et l’Afrique du Nord pour être accueilli en 616 à Carthagène par l’évêque d’Ecija, saint Fulgence (qui mourra en 633). Celui-ci le remit à son frère Isidore, évêque de Séville, son supérieur et également son frère. Ce grand érudit, né vers 560/570 et auteur d’une importante encyclopédie qui rassemble le savoir antique, les Étymologies, mourut vers 636. A son tour, ce dernier le transféra le relique à Tolède, siège de la principale église d’Espagne, dirigée par son archevêque, saint Ildefonse (qui mourut en 667). La présence du coffre à Tolède en 636 est attestée par le concile de Braga de 679 et il y resta jusqu’en 718.

Nous avons également le témoignage de saint Braulion, futur évêque de Saragosse en Espagne en 631 et mort en 646, lors d’un pèlerinage qu’il fit à Jérusalem : " Bien des choses ont eut lieu qui n’ont pas été consignées par écrit, ainsi en est-il des linges et du linceul dont le corps du Seigneur a été enveloppé ; on dit dans l’Écriture que le Linceul fut trouvé, on ne dit pas qu’il fut conservé ... Je ne pense pas cependant que les apôtres aient négligé de garder ces pièces comme reliques pour les temps à venir. ". Soulignons le fait que saint Braulion avait fait ses études sous la direction de saint Isidore de Séville dont il acheva les Étymologies.

Peu avant 718
: réalisation d’un nouveau coffre en chêne, qui existe toujours : l’Arca santa.

Vers 812-814
arrivée de ce coffre à Oviedo. Construction d’une crypte (la Camara santa) par le roi Alphonse II dit le Chaste, roi des Asturies de 791 à 842, en-dessous de la cathédrale d’Oviedo. Fortification de l’église par Alphonse III dit le Grand, roi des Asturies de 866 à 910 et en lutte avec les musulmans. L’ancienne cathédrale fortifiée sera remplacée en 1556 par une cathédrale gothique tout en conservant l’ancienne crypte.

14 mars 1075,
ouverture du coffre et inventaire de son contenu par le roi Alphonse VI , roi de León (1065-1109), roi de Castille (1072-1109) à la mort de son frère, roi de Tolède (1085-1109) par conquête et roi de Galice (1090-1109) à la mort de son autre frère, ainsi que par Rodrigo Diaz de Vivar, mieux connu sous le nom du Cid Campeador. Cet inventaire se trouve toujours dans les archives de la cathédrale d’Oviedo.

Entre 1585 et 1598
,
l’évêque d’Oviedo, Diego Aponte de Quinares ordonna un nouvel inventaire de l’Arca santa.

Tout comme pour le linceul, les études scientifiques commenceront tardivement :

1978
- étude des pollens par le célèbre criminologue suisse, Max Frei.
1985 - étude de Mgr Ricci, président du Centre romain de Sindonologie.
1989 - visite du pape Jean-Paul II .
9/10 novembre 1989 et 16/17 février 1990 - études du Centre espagnol de Sindonologie.
1990 - datation au carbone 14 par les laboratoires de Tucson et de Toronto, qui donne une date entre 679 et 710 après Jésus-Christ.
20/29 avril 1991 - premières publications lors du congrès de Sindonologie de Cagliari.
Juin 1993 - étude du groupe sanguin par le Dr Carlo Goldini (gp. AB, le même que celui du linceul).
29 au 31 octobre 1994 - 1er congrès international sur le Suaire d’Oviedo, dans la ville même.

Le parallèle avec le linceul de Turin est troublant : même répartition des tâches de sang, même groupe sanguin, pollens de Palestine retrouvés dans les fibres, etc. 

 Par ailleurs, son étude a pu établir la façon dont les corps des crucifiés étaient descendu du poteau. Le cadavre était descendu de la croix par enlèvement des clous en commençant par celui qui avait percé les talons, puis du clou tenant le poignet gauche et enfin celui du poignet droite.

Dans le cas de Jésus, le visage étant ensanglanté, le suaire – celui d’Oviedo ? – a pu être mis sur la tête, à la descente de la croix, et durant le transport jusqu'au tombeau.

source : Fernand Lemoine, dossier mis à jour le 23 février 2008

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le linceul de Turin
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