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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 13:26

par Jean-Claude Barbier (à la suite de l'article "ne boudons pas la tombe de la famille de Jésus à Talpiot" et des articles précédents de la série "le tombeau de Talpiot"). L'article présent a été publié dans les Actualités unitariennes du mercredi 27 juin 07 et transféré ici.

Talpiot se trouve entre Jérusalem et Bethléem, là où Luc nous dit que Joseph emmena sa famille pour le recensement. Dans ce cas Bethléem ne serait pas seulement qu’un lieu symbolique, une façon de nous dire que Jésus est bien de la lignée de David et donc éventuel candidat à la royauté, mais AUSSI une réalité historique concrète.


Le chevron qui surmonte l’entrée du tombeau, avec un point au milieu de sa base, intrigue. Ni le poisson, ni l’agneau, ni la croix n’étaient encore l’emblème des premières communautés. Pas de triomphalisme car le mouvement était naissant et pas toujours bien accepté (du moins certains éléments comme les " hellénistes " et Paul ne l’étaient pas du tout), mais néanmoins un signe bien distinctif car il s’agissait bel et bien d’une nouvelle secte au sens juif de l’époque, parfaitement repérable ne serait-ce parce que les chrétiens prolongeaient le sabbat par les agapes dominicales.


L’affirmation de la Résurrection, chez Pierre et chez Paul, a-t-elle occulté cette référence au tombeau de Jésus ? On en serait alors resté au premier tombeau, celui que Joseph d’Arimathie prêta (donc temporairement) à la famille éplorée et où aurait eu lieu l’événement miraculeux qui requinqua les disciples désemparés. Le culte des morts n’étant pas pratiqué par les juifs, le " vrai " tombeau de Jésus – le définitif – ne fit pas l’objet de pèlerinage et tomba dans l’oubli lorsque les hébreux durent quitter la ville en 135.


Les deux tombeaux ne sont d’ailleurs pas exclusifs l’un de l’autre : Matthieu (Mt 28, 15) ne nous dit-il pas que le bruit circulait en ville comme quoi les disciples avaient caché le corps de leur rabbi.

 
Mieux, chacun de ces tombeaux a laissé une trace archéologique ; pour le premier, le Suaire de Turin (qui, nonobstant une analyse au carbone 14 au résultat discordant, reste toujours l’énigme d’une empreinte corporelle " imprimée " sur un linceul de lin, et dont les traits correspondent en tout point au récit de la Passion), le tombeau de la famille de Jésus pour le second.

Au lieu de rejeter les travaux des uns et des autres, tous ceux qui s’intéressent à Jésus feraient mieux d’étudier ce qu’ils ont de concret sous la main pour mieux connaître le personnage historique auquel ils se réfèrent et de louer le Ciel d’avoir, enfin, des restes (probables) de l’être qu’ils aiment.  Lorsqu’on aime quelqu’un, ne cherche-t-on pas à mieux le connaître ?

Evidemment, certains croyants, sans doute masochistes, estiment que rien ne vaut la foi pure, ce grand acte de confiance aveugle dans des choses parfois fort mystérieuses pour notre raison, et qui ressemble à un saut de parachutisme dans le vide. Je me souviens d’un dominicain qui s’était réjoui fort bruyamment lorsque l’analyse du Suaire de Turin par le carbone 14 n’avait pas donné les résultats escomptés. C'était pour lui d'un grand soulagement. Il oubliait, dans son élan de foi sublime, que cette nouvelle donne n’annulait pas du tout les constats précédents et qu’on ne pouvait en revenir à la première hypothèse (facile) qui consistait à imaginer un brave peintre du Moyen Âge en train de s’échiner à peindre sur du tissu, à la commande, une vénérable relique. 

Fort heureusement, les faits sont là et têtus. Il nous faudra sans doute du temps pour arriver à les comprendre, mais le pire serait de les rejeter sous le prétexte qu’ils n’entrent pas dans les cadres habituels de notre époque. Avec la vitesse vertigineuse de nos techniques et connaissances scientifiques, l’avenir nous réserve assurément bien des surprises. Alors ne laissons pas passer les occasions d’avancer dans nos connaissances grâce aux traces archéologiques fussent-elles ténues et difficiles à déchiffrer. 

Voir nos articles précédents : "Y-a-t-il une affaire de la tombe de Jésus ?" (31 mai 07), "A Talpiot ou ailleurs, les ossuaires judéo-chrétiens sont classés ... sans suite" (31 mai 07), "Ne boudons pas le tombeau de la famille de Jésus à Talpiot" (27 juin 07).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le tombeau de Talpiot
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