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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 23:03

par Jean-Claude Barbier

Un titulus est un mot latin qui désigne l’inscription apposée sur tout type de support. De retour de leurs victoires, lors de la cérémonie du triomphe, les légionnaires défilaient en brandissant une pancarte accrochée au bout d'un long bâton où étaient indiqué, en gros caractères, à l’usage de la foule, le nom des légions, le nombre de prisonniers, la quantité du butin, les noms des villes et des pays soumis, etc. Le titulus des condamnées indiquait quant à lui le motif de leur mise à mort.

Dans le cas de Jésus et selon Jean "Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs", écrit en hébreu, en latin et en grec. Ce qui donnera dans les représentations iconographiques chrétiennes, l’acronyme INRI pour "Iesus Nazarenus Rex Iudæorum", le "I" et le "J " étant en latin la même lettre ; c’est le titulus inri.


Que disait précisément le titulus qui fut mis au sommet du pieu de supplice de Jésus ? La question n'est pas réglée. Pour Marc (15, 26) "le roi des juifs". Pour Matthieu (27, 37) et Luc (23, 38) "Celui-ci est le roi des Juifs". C’est Jean seul qui parle de Jésus le Nazôréen : " Il y était écrit : " Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs " (Jn 19, 19). Il précise que c’est Pilate qui était responsable de cette inscription et que celle-ci avait été libellée dans les trois langues mentionnées. Il ajoute que nombreux furent les gens qui la lirent. On devine derrière ces précisions le témoignage du "disciple que Jésus aimait", qui assistait aux évènements, et dont les notes furent reprises par Jean l'évangéliste.

Ce support était attaché en haut du patibulum, la traverse de bois qui, après avoir été portée par le condamné jusqu’au lieu de son supplice, était juchée, avec le condamné, sur le sommet du pieu, qui lui était fixe, formant ainsi avec lui un T. C’est cette pancarte qui fit croire plus tard que Jésus avait été crucifié sur une croix (et non un support en T), et celle-ci devint (tardivement) l’emblème des chrétiens à partir du IVème siècle.


le titulus supposé être celui de Jésus ramené à Rome par l'impératrice Hélène en 326, conservé en la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem

En 326, l’impératrice byzantine Hélène, mère de Constantin, vint à Jérusalem et encouragea des travaux de recherche sur les lieux de la Passion. Ceux-ci avait été arasés par l’empereur Hadrien (117-138) et une plate-forme, reliant désormais la colline du Golgotha et le lieu supposé de la sépulture de Jésus (à savoir le tombeau de Joseph d’Arimathie), avait servi de support à la construction de deux temples, l’un voué à Junon, sur le Sépulcre, et l’autre à Vénus, au sommet du Golgotha. Or, on venait de détruire ces édifices "païens" et, dans leurs fondations, on retrouva, encouragé par l'impératrice, des objets censés être ceux de la Passion. Notons que les objets qui avaient servi aux supplices n’étaient pas récupérés car considérés dans le judaïsme comme impurs ; on se contentait de les enfouir dans le sol à proximité du lieu.

L’impératrice ramena les principaux d’entre eux (dont le titulus inri) en son palais Sessorien à Rome, laissant les autres sur place où ils furent vénérés dans la basilique du Saint-Sépulcre construite après le passage de l'impératrice.

Quelques années plus tard, sans doute après la mort de sa mère, Constantin fit construire une basilique qui prit le nom de ce palais. La basilique Sessorienne fut appelée aussi Sancta Hierusalem ; aujourd’hui, la basilique Sainte-Croix de Jérusalem (donc à Rome).

Fourgua-t-on à l’impératrice des reliques commanditées auprès des artisans du coin afin de la satisfaire ? Va-t-on savoir !
A notre connaissance, ces reliques n’ont pas fait l’objet d’une analyse au carbone 14, ce qui est fort dommage car entre l’an 30 et l’an 326, date du passage de l’impératrice Hélène à Jérusalem, cette méthode pourrait faire la différence  ! En tout cas, le Golgotha était, à Jérusalem, bel et bien le lieu d’exhibition que les Romains avait choisi pour les suppliciés à cause de sa visibilité pour les habitants de la ville. Mais où sont donc les archéologues ?

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les sectes juives
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